Les politiques monétaires à taux zéro et les énormes plans de relance lancés de concert par les gouvernements du monde entier dès 2008 n’aurontils finalement alimenté qu’un modeste feu de paille? Les Etats-Unis – encore première puissance économique – pourraient-ils sombrer dans la déflation comme le Japon il y a vingt ans? Angoissantes questions. Elles sont désormais sorties du cercle des débats académiques et alimentent le blues des marchés. Et pour cause, l’optimiste en chef – Ben Bernanke, patron de la Réserve fédérale – a reconnu que «la reprise se poursuit à un rythme lent», que l’inflation reste «faible» et devrait «rester contenue pendant plusieurs années». Quant aux taux d’intérêt, ils resteront «très bas très longtemps». Traduction: déverser des liquidités par hélicoptère sur l’économie américaine pourrait ne pas suffire pour lui éviter la déflation. Le message est passé. Les Bourses ont immédiatement reculé. Comme les prix du pétrole, également tirés à la baisse par une surprenante hausse des stocks de brut aux Etats-Unis: un autre signe de reprise poussive. Déflation: le pire des maux pour une économie jusque-là tirée par la dette. La FED a donc réaffirmé qu’elle prendrait si nécessaire des mesures supplémentaires pour soutenir la croissance. Dans l’attente, les prix des métaux précieux reculent. Comme en 2008, les investisseurs privilégient la course au cash.
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