Chaque année, quelque 2000 Genevois supplémentaires viennent s’établir en France voisine que d’aucuns appellent, de manière plus parlante et poétique, le Pays du Genevois ou le Genevois français, qui couvre une partie des départements de l’Ain et de la Haute-Savoie.
CE N’EST PAS UNE GUERRE ANTI-SUISSES! Marc Favre, maire de Valleiry, en France voisine
Aujourd’hui estimés à environ 30 000, ces Genevois de passeport et bien souvent de cœur continuent à travailler à Genève. S’ils ont décidé de vivre sur le territoire français, c’est la plupart du temps par impérieuse nécessité.
Dans l’impossibilité de trouver un logement dans le canton de Genève où le taux de vacance ne dépasse pas 0,2%, soit dix fois moins que le taux garantissant une fluidité normale, ces exilés sont environ tous les ans 500 fois plus nombreux à préférer la France au canton de Vaud.
Qui sont-ils? L’Hebdo en a rencontré sept, dont deux n’ont pas souhaité révéler leur identité. Une discrétion générale révélatrice d’un certain malaise. Des tranches de vie et d’émotion où le sentiment d’avoir été chassé de son propre pays côtoie celui d’avoir enfin trouvé une terre d’accueil.
Colons malgré eux, entre amertume et résilience
Quand Djemâa Chraïti, fribourgeoise par sa mère, tunisienne par son père et fort longtemps domiciliée à Genève, circule avec ses plaques françaises, elle a parfois l’occasion de mettre son humour à l’épreuve. Klaxonnée par le conducteur nerveux d’un véhicule aux plaques genevoises – peut-être un étranger titulaire d’un per mis d’établissement en Suisse – elle brandit par la vitre de sa voiture son passeport rouge à croix blanche.
Installée depuis 2009 à Collonges-sous-Salève, dans la campagne de France voisine, elle a acquis pour environ 560 000 francs un appartement duplex de cinq pièces en utilisant l’argent de son deuxième pilier.
«J’ai bien tenté d’acheter à Genève. 800 000 francs pour un trois-pièces à rénover entièrement, non merci!», observe cette mère de quatre enfants, dont deux adultes, employée au Département de l’instruction publique de l’Etat de Genève et écrivaine à ses heures retrouvées. Son constat, sans appel: «Je suis prise en otage par deux systèmes qui n’ont pas réussi à créer une région. Genève n’a pas de politique de logement.»
Une maison pour 340 000 francs. Sensiblement plus amère, Solange*, retraitée depuis cinq ans, a été «jetée dehors» par le propriétaire de la vieille maison qu’elle louait à Bernex (GE). Après avoir cherché en vain à se loger en Suisse, elle acquiert avec une amie une maison à Saint-Julien-en-Genevois pour 450 000 francs avec l’épargne de son troisième pilier.
«A Genève, sous prétexte que je travaillais aux Nations Unies, on me prenait pour une personne riche capable de payer un loyer exorbitant. Je suis très choquée par la mentalité de mon pays.»
L’agrandissement d’une famille ou son éclatement à la suite d’un divorce est souvent la cause d’un déménagement. Pierre-Dominique Hohl et son épouse ont ainsi cherché à quitter leur appartement trop exigu à La Croix-de-Rozon (GE) après la naissance de leurs deux enfants (13 et 10 ans aujourd’hui). Ils auraient bien aimé rester proches de leurs parents.
Louer dans le canton? «Mon salaire d’informaticien était trop élevé pour prétendre à un logement social, le seul à un prix abordable», confie le Genevois. Acheter? «Avoir un minimum de fonds propres de 400 000 francs à 30 ans, c’est inimaginable, à moins de gagner au loto!»
Décision prise: le couple acquiert en 2000 un logement de 220 m2 à Saint-Julien-en Genevois, avec jardin, pour 340 000 francs, presque entièrement financé par un prêt du Crédit Agricole. Toutes charges comprises, cette maison lui coûte mensuellement 2550 francs. Introuvable à Genève.
Onze ans après cet achat, malgré un cadre de vie fort agréable, Pierre-Dominique Hohl aimerait bien revenir vivre à Genève. Mais il sait que c’est un vœu pieux. Mettre un pied dans l’Union européenne n’a pas été facile, psychologiquement. «J’ai dû quitter mon pays parce qu’il ne m’aime pas.»
Quant à la cité de Calvin, elle est devenue à ses yeux «un sanctuaire pour personnes âgées, un centre médicosocial grandeur nature qui ne veut plus de jeunes, plus de boîtes de nuit, plus de bruit». La solution? «Densifier la ville et considérer la région dans sa globalité.» Assurément, les exilés genevois sont souvent des régionalistes dans l’âme.
Une vie pratique plus compliquée
Une heure dix en hiver. C’est le temps que Freddy Léguizamon met pour aller de sa maison, achetée il y a six ans à Chenssur-Léman, à son lieu de travail à Châtelaine (GE). Il n’est sans doute pas le seul à devoir tous les jours longer la rive du lac et traverser la ville de Genève. Sur le lotissement de huit maisons qui comprend la sienne, sept hébergent des Genevois dont l’activité professionnelle s’exerce en Suisse.
Il y a quelques années encore, le temps de parcours n’excédait pas les cinquante minutes. Malgré la galère des bouchons, le conseiller financier et entrepreneur Freddy Léguizamon, arrivé en Suisse il y a trente-cinq ans du Paraguay, prend son mal en patience. Comme beaucoup d’exilés volontaires, il ne pourrait se passer de voiture.
«Du côté français jusqu’à la frontière, un véhicule est indispensable», constate René*, banquier à Genève et résidant à Châble-Beaumont (Haute-Savoie). Mais pour ce dernier, le trajet ne dure qu’une demi-heure de porte à porte. «A condition de partir avant 8 heures.»
Chicaneries. Plus que les embouteillages croissants, les tracasseries administratives empoisonnent la vie des Genevois établis en France. Djemâa Chraïti, domiciliée à Collongessous-Salève, a dû ferrailler ferme avec une sous-préfecture de la Haute-Savoie pour convertir son permis de conduire suisse en permis français.
Les autorités françaises sont allées jusqu’à lui réclamer une attestation de résidence dans le canton de Vaud où elle a passé son permis en 1984! «J’ignore pourquoi mes services vous ont demandé un justificatif de vos droits à conduire», a fini par lui écrire un fonctionnaire français.
Et l’administration suisse? «Pour le moindre papier, je dois me rendre au consulat à Lyon», se plaint Djemâa Chraïti. «En Suisse, il y a moins de chicanerie qu’en France, mais beaucoup plus de paperasse.» Les grèves à répétition, le «bordel organisé» à la française ont parfois le don d’exaspérer la famille Hohl dans la commune de Saint-Julien-en-Genevois qui compte 11 000 habitants.
Quant à Solange*, qui se plaint de ne toucher qu’une partie de son AVS depuis qu’elle est installée en France, elle jongle désormais avec trois taux de change différents. Sa retraite des Nations Unies lui est payée en dollars et en euros qui se sont effondrés face au franc suisse. Une partie de ses frais, notamment médicaux, sont réglés à Genève en francs suisses. «C’est très compliqué.»
Plus douloureuse, la situation vécue par la famille Santi, à Saint-Julien-en-Genevois. Comme Martine et Valentin sont domiciliés en France, leur petite fille polyhandicapée ne peut bénéficier de l’assurance invalidité (AI) alors qu’ils se sont acquittés de leur cotisation.
Le couple a dû inscrire l’enfant de bientôt 2 ans à l’adresse genevoise de leurs parents pour qu’elle bénéficie d’une identité et d’une assurance helvétiques. La fillette va finalement être hébergée à Clair Bois-Chambésy, une institution spécialisée.
«La Suisse ne nous aide pas financièrement; quant à la France, elle nous traite comme des étrangers car nous travaillons tous les deux à Genève», observe Martine, avec amertume. Le couple a saisi la justice helvétique pour faire valoir ses droits.
Bienvenue chez les Cht'is !
Malgré leurs difficultés, la vie des exilés genevois en France voisine est plutôt agréable. Espace, calme, convivialité. «Les amis qui viennent nous visiter constatent que nous n’habitons pas dans un endroit à risque comme ils se l’imaginaient», sourit Pierre-Dominique Hohl.
Le Genevois français, ce n’est assurément pas le Bronx et, comme dans le film Bienvenue chez les Cht’is, les préjugés font parfois long feu. Denis Bucher, qui loue un bel appartement de 60 m2 à Ferney-Voltaire, après avoir quitté son minuscule et bruyant studio sur la plaine de Plainpalais à Genève, observe que son immeuble de sept étages, une construction de grande qualité, est fort bien entretenu. «Un concierge nettoie l’ascenseur tous les jours, répare les moindres dégâts. C’est vraiment mieux qu’à Genève.»
La station de bus en partance pour le centre de Genève se trouve au pied de l’immeuble, lequel dispose d’un nombre «quasi illimité» de places de stationnement. Ce chef d’entreprise de 35 ans ne met pas plus d’un quart d’heure pour se rendre au centre-ville de Genève, son lieu de travail. Appréciant grandement la qualité de vie à Ferney-Voltaire, il se considère comme «un frontalier privilégié».
Gagner sa vie en francs suisses et résider en France quand l’euro pique du nez demeure un avantage appréciable. A condition, bien sûr, de faire toutes ses emplettes sur le territoire français. Mais l’effet de change, aujourd’hui très favorable aux détenteurs de francs suisses, a des effets limités.
Ainsi le banquier René*, propriétaire de son bien immobilier à Châble-Beaumont, a souscrit un prêt hypothécaire sur devises en francs suisses «pour ne pas prendre de risques monétaires». Il est loin d’être le seul dans ce cas. Comme par ailleurs le tiers de ses achats se déroule en Suisse, la faiblesse de l’euro ne lui profite que partiellement.
De l'impossible retour à l'indispensable intégration
«La Suisse n’encourage ni les personnes mariées, ni les naissances, ni l’accès à la propriété. Trois bonnes raisons pour ne jamais plus vivre dans ce pays», résume Freddy Léguizamon qui cherche maintenant à acquérir une plus grande demeure dans le Genevois français qu’il semble avoir définitivement adopté.
«Revenir en Suisse pour payer 1,4 million de francs un appartement qui ne me plairait pas, à quoi bon?», s’interroge René*, dont un prochain divorce va singulièrement compliquer la vie. Les enfants, qui se tissent rapidement leur réseau de camarades, jouent un rôle principal dans le processus d’intégration des familles genevoises installées en France.
Ces dernières préfèrent souvent le système scolaire français au système suisse jusqu’à la fin de l’école obligatoire, mais souhaitent que leurs enfants aillent ensuite finir leurs études en Suisse.
Activités bénévoles dans les associations ou les maisons des jeunes et de la culture pour Pierre-Dominique Hohl, fêtes avec les voisins deux fois par an pour Djemâa Chraïti, tous les moyens sont bons pour prendre racine dans le terreau français puisque le retour au pays est devenu une chimère.
Denis Bucher, qui vit maintenant depuis sept ans à Ferney-Voltaire, est devenu membre d’une association pour le maintien d’une agriculture paysanne (AMAP) et a créé l’Association des piétons et cyclistes du pays de Gex. Proche d’Europe Ecologie, il s’est investi dans la politique française lors des dernières élections cantonales.
Il souhaite demander le passeport européen pour devenir binational. Ses amis gessiens l’encouragent vivement à aller jusqu’au bout de son intégration citoyenne.
A n’en pas douter, les autorités françaises préfèrent les Genevois qui jouent le jeu à ceux qui font semblant. Ayant repéré dans sa commune des gens qui vivaient à l’année tout en faisant croire qu’ils y avaient une résidence secondaire, le maire de Valleiry a voulu forcer les tricheurs à régulariser la situation.
Pas question en effet de se passer des crédits frontaliers auxquels toute commune française qui accueille des Genevois a droit, en échange des services publics dont profitent ces derniers. Marc Favre, le maire, a donc interdit l’accès à l’école primaire aux enfants de la famille récalcitrante. Le tribunal administratif lui a donné tort parce que l’école primaire n’est pas de sa responsabilité, contrairement à l’école maternelle.
Emploi contre logement. Aujourd’hui, le contentieux a pris fin et les Genevois sont bien inscrits en résidence principale. «De telles tricheries font perdre quelque 240 000 euros par an à la commune qui compte officiellement 3150 habitants et officieusement environ 3500», souligne le maire de Valleiry.
Et Marc Favre de souligner que ceux qui trichent le plus viennent de l’Union européenne, et non de Genève. «Ce n’est pas une guerre anti-Suisses!» Entre cousins, si proches, les relations sont suffisamment compliquées pour ne pas les tendre davantage. Les uns ont besoin des autres: je te donne un emploi, je te donne un logement.
Pour éviter que le Pays du Genevois devienne un immense territoire- dortoir assisté par Genève qui, de son côté, se contente d’attirer des entreprises sans trop se soucier de loger leurs collaborateurs, une vraie gouvernance régionale s’impose (lire l’encadré à droite). A force de gérer des affaires communes, Suisses et Français devront bien finir par admettre qu’ils vivent sous un même toit.
* Prénom fictif.
Fiscalité
Genève défavorable aux logements
«Si une commune genevoise construit un logement collectif, elle s’appauvrit. Si elle ne le fait pas, elle s’enrichit.» Serge Dal Busco, maire de Bernex (GE), résume ainsi une aberration fiscale.
Le système du centime additionnel, calculé sur la base de l’impôt sur le revenu, pousse les communes genevoises à attirer des contribuables fortunés qui paient plus d’impôts que les personnes à revenu modeste.
Par ailleurs, les premiers ont moins de besoins «sociaux», relativement coûteux, que les seconds. Dès lors, construire des villas, comme à Cologny, est plus rentable que construire des logements dans des immeubles comme à Onex (GE).
En France, c’est tout le contraire. Impôts locaux, dotations de l’Etat et fonds rétrocédés par Genève aux départements de l’Ain et de la Haute-Savoie (sur l’imposition à la source des frontaliers) dépendent principalement du nombre d’habitants et non de leurs revenus moyens.
Ainsi, les maires français, par ailleurs dotés de pouvoirs discrétionnaires dont leurs alter ego suisses ne jouissent pas, ont intérêt à densifier les constructions en accueillant un maximum d’habitants, source de recettes supplémentaires. E
galement député au Grand Conseil genevois, Serge Dal Busco a présenté avec des collègues une proposition de motion pour inciter les communes genevoises à accueillir plus de logements.
Effet domino
Les Français s'exilent aussi
Ouverte en juin 2010, la maison de retraite Kamouraska, à Gaillard (Haute-Savoie), peut accueillir jusqu’à 80 pensionnaires. Malgré une longue liste d’attente, 47 lits seulement sont occupés début juillet 2011. Faute de personnel.
«Il manque sept aides-soignants sur 16 et un poste et demi d’infirmier sur cinq», constate un cadre de santé. «Les gens viennent chez nous un ou deux mois, le temps d’être engagés en Suisse où leur sont proposés des salaires que nous ne pouvons pas offrir.»
Dans la filière gériatrique de l’Hôpital intercommunal Sud Léman Valserine, à Saint-Julien-en-Genevois (Haute-Savoie), 15 lits seront fermés fin septembre prochain, 16 autres fin décembre, «en raison d’importantes difficultés de recrutement en personnel soignant», indique dans un courrier Magali Guerin, directrice de cette filière.
«Pour les personnes âgées, le choc est terrible; nous n’avons jamais vécu une période aussi tendue», souligne Florence Quiviger, directrice adjointe.
Quant aux Français qui n’ont pas trouvé d’emploi en Suisse, dans l’impossibilité de faire face aux coûts trop élevés du logement et de la vie dans le Genevois français avec un salaire de 1500 euros, ils vont s’installer jusqu’à 50 kilomètres de la frontière.
«A Archamps, le nombre de nouveaux emplois a doublé entre 1999 et 2007, note Antoine Vielliard, nouveau conseiller général élu dans le canton de Saint-Julien-en-Genevois. Mais pour payer leur loyer, les habitants doivent travailler à Genève. Ou bien partir à Annecy.»
Réforme institutionnelle
Vers une gouvernance régionale ?
«CE SONTLES COÛTS ATTEINTS PAR LES LOGEMENTS QUI OBLIGENT CHAQUE ANNÉE PLUS DE FRONTALIERS À TRAVAILLER À GENÈVE ET PAS DU TOUT LE NIVEAU DE CHÔMAGE QUI EST TRÈS COMPARABLE DE PART ET D’AUTRE DE LA FRONTIÈRE.» Antoine Vielliard, conseiller général
Construction de nouveaux logements, d’espaces pour les activités économiques et les équipements, densification, maîtrise de la mobilité individuelle motorisée, renforcement de l’offre en transports publics, ce sont les très ambitieuses lignes directrices du Projet d’agglo franco-valdo-genevois signé le 5 décembre 2007 et piloté par le Comité régional franco-genevois.
A l’origine de ce projet, il était prévu que 200 000 habitants supplémentaires viennent s’implanter dans le Genevois français. Une moitié des nouveaux logements devaient être construits dans le canton de Genève (grosso modo 2500 par année sur vingt ans), l’autre dans le district de Nyon, le pays de Gex et le Genevois haut-savoyard.
Aujourd’hui, on prévoit 300 000 résidents en plus, soit une augmentation de 50%! Malgré des initiatives telles que le projet d’urbanisation Praille-Acacias-Vernets (11 000 nouveaux logements), on est encore très loin du compte à Genève, ce qui suscite l’irritation de certains partenaires français.
Lesquels, selon le conseiller général Antoine Vielliard, menacent de ne pas signer d’ici au 30 juin 2012 la poursuite du Projet d’agglo. «On a avancé dans les infrastructures, avec notamment le CEVA (qui relie les réseaux ferroviaires du canton de Genève et de la Haute-Savoie), mais pas dans le logement. Il y aura donc toujours plus de Genevois enclins à quitter leur canton», prévient l’élu français.
«Certes, Genève ne produit pas assez de logements mais la France ne produit pas assez d’emplois», réplique Serge Dal Busco, maire PDC de Bernex et membre du comité de pilotage du Projet d’agglo. Et Antoine Vielliard de préciser: «Ce sont les coûts atteints par les logements qui obligent chaque année plus de frontaliers à travailler à Genève et pas du tout le niveau de chômage qui est très comparable de part et d’autre de la frontière.»
Il apparaît désormais que ce Projet d’agglo «manque de légitimité démocratique» et qu’il faudra bien un jour «adapter les institutions», analyse Serge Dal Busco. Un constat brossé par le socialiste René Longet, ex-maire d’Onex, qui estime que «cette région se développe sans pilote».
Les partis socialistes suisse et français de la région franco-valdo-genevoise suggèrent notamment la création d’une assemblée régionale élue au suffrage universel direct, par le corps électoral genevois d’une part et des parties des départements français limitrophes d’autre part, les élus étant appelés à siéger ensemble. Une réforme que bien des exilés genevois appellent de leurs vœux.
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