C’est un projet d’une ampleur inédite, conçu pour répondre aux défis qui attendent les professions de la santé. Un lieu à la pointe de la technologie où médecins, infirmières et infirmiers, physiothérapeutes, sages-femmes, radiologues et ergothérapeutes pourraient s’entraîner sur des robots dernier cri et avec de faux patients. Premier du genre en Suisse romande, il pourrait bientôt voir le jour.
C’est du moins ce que souhaitent les quatre acteurs majeurs de la santé dans le canton de Vaud: la Haute Ecole cantonale de la santé, la Haute Ecole de la santé La Source, l’Université de Lausanne et le CHUV.
Ils se sont inspirés de ce qui se fait de mieux en matière de simulation de patients pour imaginer le C4, qui réunirait 2500 étudiants et une centaine d’enseignants autour de l’apprentissage de compétences cliniques. «Il s’agit d’un besoin urgent, nous sommes déjà en retard», affirme Jacques Chapuis, directeur de la Haute Ecole La Source.
Face au vieillissement de la population, une pénurie de forces de travail s’annonce. L’Observatoire suisse de la santé a estimé que les besoins en personnel de santé pourraient augmenter de 13 à 25% d’ici à 2020. Et, si le nombre d’étudiants ne cesse de croître dans les salles de cours, l’accès au terrain fait défaut.
Jacques Chapuis constate que «depuis la transformation des écoles d’infirmières en HES, le nouveau cursus de bachelor en soins infirmiers a provoqué un engouement tel que les effectifs d’étudiants ont augmenté de 39% dans toutes les hautes écoles romandes. Mais la formation ne peut pas se faire sans accès aux patients, et nos équipes sont déjà submergées.»
Formation simulée. Le Département de la formation, de la jeunesse et de la culture du canton de Vaud (DFJC) et celui de la santé et de l’action sociale (DSAS) ont mis en route un plan pour augmenter les places de stage. Cela ne suffit pas. «La capacité d’accueil des hôpitaux et des institutions reste limitée.
Face à la pénurie, développer la formation simulée est la réponse la plus adéquate», estime la conseillère d’Etat Anne-Catherine Lyon. Les malades sont en effet moins disposés à faire office de cobayes: «Quand des personnes gravement affaiblies se retrouvent tous les jours entourées de dizaines d’étudiants, cela ressemble à du harcèlement», met en garde Jacques Chapuis.
Avec la simulation, les étudiants ont le loisir de s’exercer autant de fois que nécessaire. «Comme pour le pilotage, il vaut mieux se crasher cent fois dans un simulateur avant de commencer à voler», image le directeur.
Les patients simulés confrontent les étudiants à une palette de symptômes, de l’embolie pulmonaire à la triple fracture du tibia, en passant par les tensions psychologiques. «Une interruption de grossesse difficile, l’annonce d’une maladie grave, presque toutes les situations peuvent être mises en scène», note Serge Gallant, responsable du Service de la formation continue au CHUV.
Les institutions partenaires rêvent de voir leur centre ouvrir à Lausanne, dans un espace de 5000 mètres carrés, dès la rentrée prochaine. Anne-Catherine Lyon tempère: «Nous devons d’abord identifier un lieu et calculer les coûts du projet avant de pouvoir passer de l’intention à la réalisation concrète. Nous espérons qu’il verra le jour d’ici à cinq ans.»
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