L’appel de Christine Lagarde, directrice générale du FMI, n’a rien d’anodin: les banques européennes doivent être recapitalisées. Le plus vite serait le mieux, même si les récents stress tests se voulaient rassurants. Et pour cause: les banques sont confrontées à une double menace. La récession, conjuguée à de la déflation, qui menace de s’installer rognerait tous les actifs; les leurs comme ceux des autres entreprises et des ménages.
UN AIRBAG PERMET D’AMORTIR LES CHOCS, PAS DE LES ÉVITER.
Tout en asséchant les futurs revenus bancaires. En outre, la crise de la dette des Etats de la zone euro fragilise particulièrement la valeur des obligations souveraines des pays partageant la monnaie unique. Les soldes monstres sur les titres bancaires, intervenus dans le creux de l’été, ne tiennent pas d’un coup de folie incompréhensible des intervenants sur les marchés; mais d’une crainte justifiée d’une nouvelle perte de confiance entre banques provoquant, comme en 2008, une crise de liquidités.
La valse des rapprochements entre établissements bancaires européens pourrait bien reprendre. La fusion des deuxième et troisième banques grecques – Eurobank et Alpha – avec le soutien du Qatar en donne un avant-goût. La course au capital frais devrait également redevenir tendance. Reste qu’un airbag de capital permet d’amortir les chocs, pas de les éviter. Le choc bancaire, tant européen qu’américain si le ralentissement économique se transforme en déflation, risque d’être violent.
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