Frédéric Buzaré: "Fort potentiel pour les actions européennes au 4e trimestre"
Pessimisme excessif. Les marchés européens n’anticipent aucune croissance des bénéfices en 2011. D’où un rebond possible sur des bonnes nouvelles en fin d’année.
La psychologie des investisseurs se rapprocherait, ces temps, de celle du chat échaudé qui craint l’eau froide et imagine que la douche est imminente. Les valorisations des Bourses européennes sont basées sur des scénarios trop pessimistes, selon le spécialiste de la gestion fondamentale actions, Frédéric Buzaré. Il anticipe, de ce fait, un rebond sensible au 4e trimestre.
Après une décennie perdue, les actions ont-elles du potentiel?
Oui, nous restons positifs, surtout pour les actions européennes que nous jugeons sous-évaluées. Nous n’envisageons pas une seconde décennie perdue pour les actions, avec une situation de déflation à la japonaise qui durerait plus de dix ans. Ce genre de configuration est extrêmement rare. Les sociétés européennes ne sont pas comparables à leurs homologues japonaises dans les années 90: elles sont en bonne santé financière, innovantes et tournées vers l’international. Et leurs valorisations sont attractives. On a aujourd’hui en Europe des multiples de valorisation à un seul chiffre, avec un PER (ratio cours de l’action/bénéfice par action) moyen de 9,5 dans la zone euro. C’est très en deçà de la moyenne historique. Les cours reflètent les doutes excessifs des investisseurs.
Au vu de l’ampleur de la bulle de crédit avant crise, ne doit-on pas s’attendre à ce que la valeur des actions reste durablement en deçà des moyennes du passé?
On ne valorise pas les actions en se basant sur la moyenne historique des dix années précédant la crise, car elle correspondait à une période d’endettement. Mais on peut se demander si une décote de 50 ou de 60% est réellement justifiée... La prime de risque exigée sur les actions atteint le double de la prime moyenne des vingt dernières années. Or, ce sont des risques non anticipés qui sont susceptibles de provoquer des baisses de cours sur les marchés d’actions. En ce moment, alors que les risques sont largement identifiés et que les gouvernements ont commencé à y apporter une réponse, les prix des actions reflètent surtout le fait que les investisseurs ont été traumatisés par les pertes de 2008 et 2009 et exigent une rentabilité plus élevée de leur investissement en actions.
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