Mais comment saint Nicolas a-t-il deviné? Comment savait-il que les parlementaires fribourgeois ont réussi un tir groupé historique en plaçant huit d’entre eux dans les quinze premiers de notre classement des parlementaires romands les plus influents sous la Coupole? Mystère!
Reste que les Alain Berset, Urs Schwaller et autres Christian Levrat ont eu droit, mardi 7 décembre, soit deux jours avant la publication de L’Hebdo, à la visite au Palais fédéral du saint patron de Fribourg. Avec une boîte de chocolat pour chacun d’eux dans sa hotte.
Les Fribourgeois ont bien mérité cette petite attention. Cette année, ils trustent les premières places de notre classement, à l’image des conseillers aux Etats Alain Berset (PS, 56 points) et Urs Schwaller (PDC, 55 points) qui en forment le duo de tête.
Weber-Gobet décrochée. Pour le socialiste, cette première place est une consécration, lui qui s’est fait un nom à la Constituante fribourgeoise avant de ravir, en 2003, le siège radical aux Etats. Depuis, il a fait un sans-faute, notamment lors de sa présidence des Etats en 2009.
Quant à l’ancien conseiller d’Etat singinois, il est un des poids lourds de la politique suisse. Tout comme le conseiller national Christian Levrat (4e avec 49 points) qui préside le Parti socialiste.
Même Jean-François Steiert, arrivé en cours de législature, parvient à se hisser au dixième rang. Son talent d’orfèvre pour nouer des alliances a déjà été remarqué.
En fait, seule Marie-Thérèse Weber-Gobet est décrochée. Classée au 53e rang, la chrétienne-sociale n’arrive pas à faire oublier Hugo Fasel auquel elle a succédé en 2008.
Pas de coups tordus. Mais par quel miracle ce canton arrive-t-il à un tel résultat d’ensemble?
Comme saint Nicolas, cette députation a un secret, dévoilé par Christian Levrat dans notre dossier sur la «Fribourg Connection» (L’Hebdo du 8 septembre 2010).
Elle travaille en bonne intelligence, rencontre régulièrement le Gouvernement cantonal et, surtout, évite de se faire des coups tordus.
Cette paix des braves remonte aux élections fédérales de 2003. L’année précédente, le canton, victime, entre autres, du manque de solidarité romande, s’était fait souffler en 2002 le Tribunal administratif fédéral par Saint-Gall.
Les candidats se firent alors élire sur la promesse d’imposer Fribourg. Et ça marche. Le RER cantonal sera sur les rails dès 2011 grâce aux coups de pouce répétés de Christian Levrat et de Jean-François Rime. L’Université de Fribourg a en outre décroché cette année le Centre de compétence national du plurilinguisme.
Une manière de renforcer la carte du bilinguisme qui permet à la plupart des élus fédéraux fribourgeois de se mouvoir dans les deux grandes ères linguistiques du pays et de jouer des rôles en vue dans leur parti respectif.
Urs Schwaller et Jean-François Rime ont été candidats au Conseil fédéral durant cette législature alors qu’Alain Berset attend son tour.
Pas de cantonalisme. La force des Fribourgeois de Berne, c’est aussi de ne pas jouer que la carte cantonaliste à la différence des élus valaisans par exemple.
Le libéral-radical Jacques Bourgeois (7e avec 38 points), qui dirige l’Union suisse des paysans, est ainsi incontournable dans les dossiers agricoles.
Tout comme le PDC Dominique de Buman (15e, 32 points) dans la défense de la minorité latine à Berne ou l’UDC Jean-François Rime (9e, 38 points) à propos des PME.
Quant aux prochaines élections, elles ne devraient pas bouleverser la donne aux Etats alors que l’UDC vise un second siège au National.
Lire également, dans le dossier "Parlement":
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