Acheter une propriété par étage et la revendre une année plus tard, sans perdre sa mise. C’est ce qui est arrivé à un couple fribourgeois qui, au moment de l’acquisition, pensait investir pour plusieurs dizaines d’années. C’était sans compter sur une promotion professionnelle qui a conduit les «jeunes» propriétaires à quitter la région.
Une fois mis en vente, leur appartement a rapidement trouvé preneur, à un montant proche de celui investi. Cet exemple illustre la bonne santé du marché fribourgeois de la propriété: dynamique, mais pas fébrile. «Les prix des objets restent attractifs, cela malgré la proximité avec Lausanne et Berne», analyse Andéol Jordan, président de la section fribourgeoise de l’Union suisse des professionnels de l’immobilier (USPI).
Ajoutée à la qualité du paysage, cette situation géographique centrale avec une bonne accessibilité en transports publics permet d’attirer de nouveaux habitants non seulement dans le sud (Veveyse, Gruyère et Glâne) par un effet de vases communicants avec l’arc lémanique, mais également dans les districts du Lac et de la Singine, où déborde l’agglomération bernoise.
«Des pendulaires bernois viennent même jusqu’en ville de Fribourg pour certains biens», constate Andéol Jordan. Le district de la Broye, qui est raccordé à l’A1 depuis une dizaine d’années, connaît également un joli essor, notamment du côté d’Estavayer-le-Lac.
Croissance continue. Canton de Suisse avec la population résidante la plus jeune, Fribourg tient également le record national en termes de croissance démographique. Avec une augmentation annuelle de 1,5% dans les années 1998-2008, le canton progresse à une vitesse presque double de celle de la moyenne suisse. En 2010, 3500 demandes de permis de construire ont été déposées dans le canton de Fribourg.
Si la tendance pour les PPE est toujours plus marquée, il y a encore une forte aspiration pour la villa. «La majorité des communes mise sur l’habitation individuelle», constate Giancarla Papi du Service fribourgeois de l’aménagement du territoire. Et Fribourg demeure un éden en la matière. Le canton dispose de 1800 hectares de zone à bâtir non construits (26% contre 16% en moyenne suisse).
A 370 francs le m2, le prix moyen du terrain est très attractif. Les emplacements à proximité des lacs avec – dans l’idéal – une belle vue, comptent parmi les lieux de résidence les plus prisés, donc les plus chers (plus de 800 francs le m2 de terrain à bâtir sur les bords du lac de Morat). «Les gens cherchent des villas cossues dans des quartiers tranquilles», indique Jérôme Sallin, de Sallin Immobilier, qui regrette de ne pas pouvoir toujours satisfaire la demande.
Dans l’ensemble du canton, les prix ont enregistré une légère hausse. Une augmentation que Daniel Bulliard, de Bulliard Immobilier SA (qui construit le premier écoquartier du canton à Granges-Paccot) met sur le compte des coûts de construction: «L’isolation thermique et phonique des bâtiments est tout simplement meilleure.»
En moyenne, il faut compter entre 4500 et 4800 francs pour le m2 de PPE, ce qui reste tout à fait attractif en comparaison de la Riviera vaudoise ou de l’agglomération bernoise. A Bulle, Châtel-Saint-Denis ou encore Morat, où le marché est très porteur, certains propriétaires gonflent le prix de leur bien.
Sur la ceinture verte de Fribourg. Après le fort développement sur le plateau de Pérolles et dans le quartier de Cormanon à Villars-sur-Glâne (plus de 1000 logements), les nouveaux projets ne manquent pas dans la capitale et son agglomération. Ils sont toutefois moins spectaculaires.
Désormais, le développement se fait essentiellement vers l’extérieur, sur la ceinture verte de l’agglomération, à Granges-Paccot, Marly et au Schönberg. On construit même jusqu’à Neyruz et Belfaux. A la campagne, même si la densification a mauvaise presse, on commence à vivre en appartement plutôt qu’en maison individuelle. Ainsi, presque chaque petite commune a son projet de PPE.
Objet hors du commun
Architecture futuriste: Une soucoupe dans le jardin

Pour certains, elles ressemblent à un OVNI. Pour d’autres, elles font penser à un champignon. Quoi qu’il en soit, les maisons «Domespace» ne laissent pas indifférent. Encore moins lorsqu’elles sont regroupées dans un écolotissement comme à Vallon, dans la Broye, et à Tatroz, dans la Veveyse. Le concept de cette habitation tout en bois et sans angle a vu le jour il y a une vingtaine d’années en France.
Patrick Marsilli, breton, s’est inspiré de la nature pour concevoir cette maison «tournesol». Car outre sa forme en dôme, le Domespace – qui est posé sur un socle de béton – présente la particularité de tourner sur lui-même pour suivre la course du soleil. Un gadget pour certains, un art de vivre pour d’autres. Sa forme inédite est parfois un casse-tête pour les services d’urbanisme des communes. Quant à son prix, il est proche de celui d’une construction traditionnelle.
Sélection de quelques grands projets immobiliers
Le marché fribourgeois de la propriété est porteur, bénéficiant de l’euphorie de l’arc lémanique et de l’agglomération bernoise. Historiquement canton de locataires, Fribourg continue à rattraper son retard en favorisant l’accès à la propriété avec des prix qui, malgré une légère hausse, demeurent attractifs.

Dossier spécial Immobilier:
- Propriété: Où acheter et bâtir - Vaud: Quand Lausanne déborde - Genève: Très chère propriété - Neuchâtel: L'attrait des rives - Valais: Au pays des propriétaires - Jura: Tout autour de Delémont
| Dossier 'Canton de Fribourg' | | |
Tags: Immobilier, Fribourg,
|