Est-ce que la «Neue Zürcher Zeitung» est toujours votre lecture favorite?
C’est le quotidien le plus intéressant en Suisse, et même au-delà des frontières. Il sait donner aux nouvelles l’importance qu’elles ont. Il ne consacre que quelques lignes à un événement banal, alors que d’autres journaux en feraient leurs gros titres.
Justement, son rédacteur en chef Markus Spillmann demande que la Suisse explore de nouvelles pistes dans notre politique européenne.
Je connais quatre ou cinq très bons journalistes du même journal qui auraient pu écrire exactement le contraire. La Suisse est une démocratie, dont 80% des citoyens ne veulent pas adhérer à l’UE. Respectons cette opinion!
Cet éditorial ne réclamait pas l’adhésion à l’UE, mais une attitude proactive de la Suisse dans ce dossier.
Qu’est-ce que cela signifie? Nous sommes proactifs en proposant d’adapter la voie bilatérale. La Suisse a conclu 120 accords avec l’Union européenne. C’est un succès, pas un problème.
Mais cette voie bilatérale ne conduit-elle pas à l’impasse, ainsi que le constate le laboratoire d’idées de l’économie «Avenir Suisse»?
Non, même si tout le monde raconte cela. Lorsque je voyage en Europe, j’ai même l’impression que l’UE exerce peu de pression sur la Suisse, si l’on excepte son hostilité face à notre secret bancaire, mais qui ne concerne pas la voie bilatérale. En fait, il n’existe qu’une pression virtuelle, celle dont parlent, en Suisse, tous ceux qui veulent relancer le débat européen et ainsi se profiler pour ou contre l’adhésion à l’UE.
N’est-ce pas pratiquer la politique de l’autruche que d’estimer «inutile» un nouveau débat européen?
Non. Pour l’UE, la Suisse n’est pas un problème. Un jour, l’ancien chancelier allemand Gerhard Schröder a déclaré que, durant ses huit ans passés à travailler au sein du Conseil des ministres, celui-ci n’avait jamais parlé de la Suisse! Une bonne nouvelle pour nous.
Donc tous ceux qui ne croient pas en la voie bilatérale ont tort?
Oui, ils ont tort. La voie bilatérale est idéale pour nous, car c’est celle qui permet de résoudre les problèmes avec pragmatisme et, en même temps, celle que souhaite le peuple, car nous les Suisses sommes les champions du pragmatisme contractuel.
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