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Mais les milieux économiques que vous défendez souhaitent de nouveaux accords sur l’électricité, le libre-échange agricole, les assurances. Cela vous laisse indifférent?
Non, le PLR souhaite aussi ces accords, et nous sommes même disposés à offrir quelque chose en contrepartie. Mais si nous ne parvenons pas à trouver d’accord, tant pis. La Suisse continuera à exister tout de même.
Sauf qu’elle sera moins prospère!
Non, le bilatéralisme a justement permis à la Suisse de redevenir prospère après la période difficile qui a suivi le non à l’Espace économique européen (EEE) en 1992.
Plusieurs membres de l’UE accusent les Suisses d’être les grands «profiteurs» de la voie bilatérale. Cette réputation peu flatteuse ne vous gêne-t-elle pas?
J’entends ce reproche depuis trente ans maintenant. Il n’y a rien de nouveau!
Dans les années 90, vous avez été président du Mouvement européen au Tessin. Pourquoi ce désamour par rapport à l’UE?
C’est vrai que j’ai été un partisan convaincu de l’adhésion de la Suisse à l’EEE. Mais c’était à l’époque où l’Union était beaucoup plus petite. J’imaginais qu’elle pourrait évoluer vers une confédération d’Etats avec un vrai pouvoir dévolu au Parlement, une sorte de Suisse au niveau européen. Mais elle a évolué dans une tout autre direction, celle d’une réunion de 27 gouverneurs qui ne fonctionne pas bien.
Ne diabolisez-vous pas l’UE en la décrivant comme l’empire du mal?
Personnellement, je prône le bilatéralisme. Je m’abstiens donc de juger l’UE, mais je constate qu’elle est devenue trop vite trop grande. Et comme toutes les constructions qui se sont faites trop rapidement, elle a désormais besoin d’un long temps d’adaptation pour trouver ses marques. L’UE s’est menti à elle-même en accueillant des pays fragiles comme la Grèce en prétendant que celle-ci remplissait les critères de Maastricht alors qu’elle savait pertinemment que ce n’était pas le cas.
Où voyez-vous l’intérêt d’adhérer à cet ensemble?
Dans l’obtention d’un droit de codécision pour la Suisse!
Un droit de codécision dans une Union de 28 membres? Je n’y crois pas. Cela coûterait très cher, soit une hausse de 5 à 6% de TVA, en rapportant très peu. Ce serait donc politiquement irresponsable.
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Tags: Fulvio Pelli, Union européenne, PLR,
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