Sa carrière
Avec plus de 2,5 millions d’exemplaires vendus, le premier album de Louise Attaque reste le plus gros succès du rock français, devant Téléphone ou Noir Désir. C’est un titre lourd à porter?
J’aurais envie de répondre que c’est lourd à porter aussi. Mais pas seulement. Au moment de la sortie du disque en 1997, on avait déjà donné beaucoup de concerts et l’album était une sorte de photographie de cette période. Malgré le succès, la scène est donc restée un fil conducteur, une façon de comprendre ce qui se passait. Même si on jouait de plus en plus souvent et que ce n’était plus dans des bars.
Vous n’avez jamais eu peur d’être avalés par ce succès ou de vous égarer?
C’était un peu délicat, bien sûr, mais on avait la notion de ce qu’on ne voulait pas faire. Ce qui nous a évité d’avoir le vertige ou de nous perdre. Et nous a permis de gérer l’aventure, bon an, mal an, notamment en choisissant de ne pas faire de disque quand on ne le sentait pas.
Justement, après le deuxième album de Louise Attaque, vous créez Tarmac, avec le violoniste Arnaud Samuel. Une parenthèse qui se traduira par deux albums (en 2001 et 2003) et un nouveau succès…
Encore une fois, je ne vais pas me plaindre. Si je ne voulais pas que les gens écoutent mes disques, je n’avais qu’à pas les sortir (rires). Reste qu’au départ, c’était juste l’envie de faire des chansons ensemble qui nous a guidés, sans savoir si on les sortirait ou si on les jouerait sur scène. D’une certaine manière, le contenant n’est arrivé qu’ensuite.
Après ces deux groupes, vous avez choisi de vous mettre au service d’un autre, en composant la majorité des titres de Bleu pétrole d’Alain Bashung, sorti en 2008. C’était une étape nécessaire avant d’oser l’album solo?
Disons que cette expérience a participé de cet élan. Car ce genre de projet ne naît pas d’un déclic, mais plutôt d’un parcours, quelque chose qui s’installe petit à petit, sur un espace-temps étiré. Avec Bashung, c’était la première fois que je proposais des chansons à quelqu’un d’autre et que je me retrouvais hors du contexte d’un groupe.
Comment s’est passée cette collaboration?
Au départ, nous nous sommes rencontrés dans un dîner avec d’autres personnes, sans que cela soit lié à la préparation d’un disque. Et puis on s’est rappelés et revus, plusieurs fois, et la collaboration a avancé à son rythme. J’ai beaucoup appris de sa manière de travailler. Il était libre, curieux et exigeant, savait se remettre en question et faire les bons choix au moment opportun.
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