Pays émergents
L’ISR gagne du terrain
Investissement socialement responsable. La notation d’entreprises soucieuses de durabilité inclut les pays émergents.
La flambée des Bourses des pays émergents depuis les plus bas niveaux de mars dernier - bien supérieure à celle enregistrée dans les pays développés - attire les investisseurs. D’autant que la croissance économique, a priori garante de gains futurs, reste enviable dans ces régions: la Chine a ainsi annoncé une progression de son produit intérieur brut de 8,9% au 3e trimestre. L’investissement dans les pays émergents est toutefois traditionnellement risqué, en raison d’une volatilité plus forte que sur les marchés matures. En outre, de nombreuses voix soulignent qu’une bonne partie des liquidités créées par la FED à taux zéro est allée se placer sur les marchés émergents; d’où un gonflement rapide des prix des actifs qui fait figure de bulle susceptible d’éclater un jour. Reste que les titres des pays émergents sont devenus des incontournables dans les portefeuilles.
Lors d’une récente présentation à Genève des possibilités d’investissement socialement responsable dans ces régions, Christoph Müller, de la société zurichoise INrate spécialisée dans le rating et le conseil en ISR, a estimé que les caisses de pension placent de 1,5 à 2% de leur fortune sur ces marchés, soit de 9 à 12 milliards de francs; et rappelé que la capitalisation boursière des pays émergents représente désormais quelque 10% de la valeur des Bourses du monde entier.
Afrique bien notée. Nombre d’investisseurs soucieux de soutenir en priorité des entreprises respectant des critères de durabilité en matière sociale, environnementale et de bonne gouvernance sont potentiellement intéressés à disposer pour les pays émergents de notations comparables à celles qui existent de longue date pour les marchés des pays industrialisés. Centre Info, entreprise fribourgeoise spécialisée dans la notation et le conseil en ISR, a réalisé ces trois dernières années une étude portant sur 742 entreprises cotées sur plus de 25 places financières d’Amérique latine, du Moyen-Orient, d’Afrique et d’Europe de l’Est. Ce, en utilisant plus de 150 critères environnementaux, sociaux et de gouvernance, bien rodés dans le cadre des analyses régulières d’entreprises cotées sur les principales places financières. La présentation des résultats à Genève par Philippe Spicher, son CEO, a permis de constater que les entreprises installées en Afrique obtenaient en moyenne une meilleure notation que leurs homologues d’Amérique latine ou d’Europe de l’Est. Par secteurs d’activités, les sociétés actives dans l’énergie récoltent les moins bons scores en ISR; tant dans les pays développés qu’émergents. Directeur du Sifem (Swiss Investment Fund for Emerging Markets) qui gère, entre autres, les placements en Private Equity du Seco dans les pays en développement, Claude Barras a souligné l’importance de la mise à disposition de fonds aux PME locales pour tenter d’atteindre les objectifs du Millénaire définis par les Nations Unies, notamment la réduction de l’extrême pauvreté. Sans renoncer à un rendement normal pour son placement.
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