Garcia & Armleder: Mariés pour l’art
Par Antoine Menusier - Mis en ligne le 15.05.2008 à 00:00
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L’artiste genevois demande au pape français de la décoration de transformer le Centre culturel suisse.
John Armleder avait le choix entre «un pissoir» et «Jacques Garcia». Il a pris ce qui était le plus étranger à son œuvre: Jacques Garcia. Embrassons-nous Folleville! Nous ne sommes pas chez Eugène Labiche, mais au Centre culturel suisse de Paris, où les deux hommes, monstres de légitimité dans leurs domaines respectifs, l’art conceptuel pour l’un, la décoration pour l’autre, ont décidé de se donner l’accolade. Jacques et John, c’est la rencontre du boudoir et de la salle d’op’, de la patine et du plastique, du soyeux et du rêche. C’est le pape et Calvin ripaillant à la même table. En un mot, c’est Paris et Genève. Et le Genevois, enfant de l’après-guerre, met fin à une longue parenthèse de l’antibeau. Lui, né dans les draps de soie, rompt avec le postulat d’Adorno qu’il semblait avoir suivi jusqu’ici à la lettre et selon lequel écrire de la poésie après Auschwitz relevait de l’impossible. Il renoue avec le doux froufrou. Armleder se frotte donc à l’intérieur bourgeois, version Garcia, promesse de surcharge et de raffinement. Selon le principe de la «délégation», bien connu de ses fans, il donne carte blanche au décorateur parisien pour aménager une salle à manger, un salon, une chambre. On appelle cela un «ready-made». «Un appartement de célibataire amoureux, sur 150 m2, où sexe et culture font bon ménage», s’amuse Nicolas Trembley, le commissaire de l’exposition qui sera ouverte au public le 18 mai. Jacques Garcia a prévu d’accrocher un portrait de sa mère au salon. John Armleder, pour ne pas être totalement absent du décor, installera l’une de ses compositions, une «coulure».
A consulter www.ccsparis.com
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Tags: Garcia & Armleder, John Armleder, Jacques Garcia, Centre culturel suisse de Paris,
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