La retraite des baby-boomersnés entre 1946 et 1964 - va provoquer une baisse de 13% de la valeur des Bourses américaines durant la prochaine décennie, selon une étude de la Réserve fédérale de San Francisco*.
Et pour cause: cette génération, très nombreuse, a massivement investi en Bourse pour préparer sa retraite, provoquant un triplement des PER (Price Earning Ratios) - de 8 à 24 - entre 1981 et 2000, ont calculé Zheng Liu et Mark Spiegel.
Les deux dernières décennies du XXe siècle constituent justement la période où de nombreux baby-boomers avaient entre 40 et 49 ans (middle-age cohort): l’âge de l’épargne en actions.
Mais, depuis les années 2000, les PER décroissent, parallèlement à l’augmentation de la tranche d’âge des 60-69 ans (old-age cohort) par rapport à celle des 40-49 ans dans la population.
Les auteurs ont baptisé M/O ratio ce rapport entre le nombre de personnes au sommet de leur capacité d’épargne en actions et celui des nouveaux retraités qui vendent les titres accumulés jusque-là. Or, selon eux, ce ratio expliquerait à lui seul 61% des mouvements des PER. De quoi provoquer un sérieux coup de froid aux corbeilles!
Patience jusqu’en 2027. Les auteurs prévoient un déclin de 13% en termes réels de la valeur des actions américaines entre 2010 et 2021. Selon eux, les Bourses ne retrouveront leur valeur de 2010 - hors inflation - qu’en 2027.
Lueur d’espoir pour les générations suivant celle des baby-boomers: leurs actions ne seront pas sinistrées jusqu’à l’heure de leur propre retraite... Les calculs des auteurs suggèrent que, en 2030, la valeur réelle des actions devrait être 20% plus élevée qu’en 2010.
Le rebond serait donc violent après 2027. Trop tard, toutefois, pour assurer une retraite confortable aux quinquagénaires qui auront, d’ici, là atteint les rives du grand âge. La situation ne serait pas plus réjouissante pour les Bourses japonaises et européennes, en raison d’un vieillissement plus marqué des populations sur fond de faible natalité.
En Europe, comme aux Etats-Unis, les fonds de pension ou les épargnants individuels vont vendre des titres ces quinze prochaines années pour financier les rentes de vieillesse. Ils risquent fort, ce faisant, de déclencher une spirale à la baisse sur les Bourses.
Les investisseurs BRIC à la rescousse? L’étude suggère que le pire n’est pas certain, car les habitudes d’investissement des habitants des pays émergents pourraient évoluer.
Même si les placements en actions sont majoritairement effectués sur des titres des entreprises du pays de domicile, les nouvelles classes moyennes des pays BRIC pourraient investir aux Etats-Unis et en Europe pour diversifier leurs placements. Reste que certains de ces pays, comme la Russie ou la Chine, seront soudainement confrontés, eux aussi, à un vieillissement rapide.
L’espoir pourrait donc venir du Brésil ou de l’Inde. Par ailleurs, les épargnants âgés des pays développés - découragés par les faibles valorisations des actions - pourraient prolonger au-delà de l’âge de la retraite leur période d’épargne en titres risqués, freinant ainsi la chute des cours.
* «Boomer Retirement: Headwinds for U.S. Equity Markets?». De Zheng Liu, Mark Spiegel. FRBSF Economic Letter.
www.fsnsf.org/publications/economics/letter/2011/el2011-26.html
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