Narcisse Praz le grand herméneute...
Le quotidien jurassien continue sur... Narcisse Praz le grand herméneute...
Le quotidien jurassien continue sur sa lancée. C’est ainsi que samedi dernier (10 juillet), un article de Jean Louis Miserez a fait une présentation positive du dernier livre de Narcisse Praz qui est intitulé « Gare au gorille!: La pédophilie ecclésiastique catholique galopante expliquée aux parents. » Tout un programme !
L’auteur, qui a été victime d’un viol par un homme d’Eglise il y a 70 ans, n’en finit plus de régler ses comptes. Toute personne censée qui aurait été violée par un officier militaire, par exemple, chercherait à obtenir réparation du militaire sans établir un lien structurel entre l’agression dont il a été victime et l’armée, malgré la chaude ambiance virile qui y sévit. Mais Narcisse Praz lui n’en démord pas, l’Eglise est un gouffre de perversions. La ficelle est utilisée depuis des lustres par les plus hautes autorités morales ( de Celse et Néron à Terras en passant par Goebbels) pour discréditer l’Eglise.
Après avoir lu une courte présentation du livre sur un blog libertaire(*) ainsi qu’un article de notre auteur où il expose les causes de ce qu’il appelle la pédophilie ecclésiastique, j’ai décidé de ne pas dépensé une trentaine de francs qui pourrait contribuer au prolongement de l’œuvre de Praz. Je me fonde donc ici sur l’article de Narcisse Praz que vous pouvez trouver sur internet sur le même sujet.
Dans un coin de son esprit libertaire Narcisse Praz s'est convaincu que l’Eglise catholique est, de par son fondateur même, un système favorisant la pédophilie. Car, c’est là l’originalité de sieur Praz, il incrimine Jésus Christ. Praz soutient ensuite, contre toutes les études qui prouvent le contraire (l’Eglise-institution est moins frappée que les autres institutions ) que l’Eglise est une usine à pédophiles. Il traque de la façon la plus pathologiquement obscène ce qui dans les propos du Christ doit être compris, selon le brillant herméneute, comme des clins d’œil d’encouragement aux pédophiles.
Avant d’analyser l’article que j’ai lu de Narcisse Praz, soulignons que notre libre penseur, estime que la théologie n’a rien à faire dans les universités au motif qu’elle est une « contre-science par excellence et contresens intellectuel et rationnel ». Il faudrait quand même une fois expliquer à tous les nouveaux obscurantistes ( nouveaux parce que depuis l’ancienne génération d’obscurantistes, Sartre, Derrida, Bourdieu, certains ont progressé dans cette voie) qui se prennent pour les champions de la science et de la rationalité, que la science raisonne à partir de principes soustraits à toute démonstration apodictique. Si la science est autorisée à faire reposer l’ensemble de ses travaux sur des principes non démontrés, pourquoi la théologie et la métaphysique n’oseraient le faire dès lors qu’elles produisent un discours rationnel qui dégage du sens à partir de leurs principes, dès lors que le refus de leurs principes conduit à s’aveugler et à faire violence au réel en le mutilant, comme je vais le démontrer avec un exemple que je tire de l’article de Praz.
Notre libre penseur qui, tout en pontifiant tout son soûl, ne sait donc pas ce qui est au principe de la science et de tout discours rationnel ( pontifier sur la rationalité sans avoir la moindre notion d’épistémologie est précisément le propre des obscurantistes depuis le XVIIe siècle) ne peut qu’immanquablement projeter sur le réel la confusion qui habite son esprit. Jésus Christ est ainsi présenté comme un vulgaire gourou du simple fait qu’il demande à ses disciples une fidélité et un abandon absolu à sa personne. Il échappe ainsi à la quintessentielle élévation spirituelle de notre libre penseur, qu’en règle générale, lorsqu’une personne élit celui ou celle avec laquelle elle veut passer le restant de ses jours, elle fait le choix de la préférer à toute autre ( au point qu’elle quitte père, mère, et renonce à toute autre compagne ou compagnon). La personne avec laquelle on s’est engagé à passer le restant de sa vie le mérite, estime-t-on, et s’il fallait donner sa vie pour elle, l’amour nous y pousserait. Dans la vie quotidienne et naturelle nous faisons donc l’expérience de cette élection totale de l’autre. En admettant que la vérité existe, qu’y-a-t-il donc de surprenant, de la part de celui qui prétend en être l’incarnation, d’exiger de ceux qui veulent en vivre un total abandon à sa personne, une fidélité exclusive ? Le problème n’est pas l’exigence de total abandon à l’autre, de totale élection de l’autre. Le problème c’est que cet autre peut être un imposteur et qu’il peut nous blesser, nous faire du tort. Ainsi en est-il de l’amant qui avait caché à sa belle son alcoolisme, sa pédérastie… ou ses mœurs libertaires. Ainsi en est-il de Raël et autre Baghwan auxquels notre fin analyste compare Jésus Christ. Mais ce n’est pas forcément le cas de tous les époux ou de toutes les épouses, sans parler de Jésus Christ. Partant d’une idée de la science et de la rationalité totalement obscurantiste pour justifier son dégoût du christianisme, on voit donc que Narcisse Praz est totalement aveuglé dans son raisonnement et est obligé, dans cet exemple, de prononcer un jugement qui ne fait pas droit à la raison.
Mais le meilleur suit. Narcisse Praz citant Luc (10,13-14)« On lui présentait des petits enfants pour qu'il les touchât, mais les disciples les rabrouèrent. Ce que voyant, Jésus se fâcha et leur dit : "Laissez les petits enfants venir à moi ; ne les empêchez pas, car c'est à leurs pareils qu'appartient le Royaume de Dieu.» écrit : « C’était donc déjà une habitude pour Jésus de toucher les enfants ? Et les parents ne se méfiaient de rien ? Pas futés ! Aujourd’hui on nomme cela des attouchements. Sacré gourou, va ! » Le reste est à l’avenant : Jésus est décrit comme amateur de chair fraîche, limite bisexuel, entretenant une relation trouble avec Marie Madelaine et Saint Jean etc, etc… L’obscurantisme touche ici le fond de l’abîme. Narcisse Praz, non content de ne rien comprendre au principe de la rationalité, incapable, par conséquent, de mener une réflexion qui fait droit à la raison, doit, pour nouer la gerbe de sa démonstration putride, recourir aux clichés anti-chrétiens les plus éculés, qui n’ont aucun fondement scripturaire ou historique. Seule circonstance atténuante que l’on peut trouver à l’auteur de cette triste démonstration d’obscurantisme, d’ignorance et de méchanceté, l’agression dont il a été victime il y a 70 ans et qui lui a malheureusement retourné la cervelle. Merci au quotidien jurassien de faire la promotion d’un si grand esprit…
(*) il s’agit de la présentation qu’en fait un blog : « De plus, il met en relief les causes profondes à partir desquelles s'appuient leur comportement pervers. C'est bien l'aspect important de ce terrible problème et, pour nous, la remarquable partie théorique de l'ouvrage. Comment s'étonner que les médias occultent systématiquement cela au profit ...du sensationnel, c'est-à-dire rien ! Saluons le courage de Narcisse et, assurément, nous nous ne pouvons que vous conseiller de le lire et de diffuser largement son Gare au Gorille ! » L’article que je traite analyse précisément ces causes profondes qu’avance Narcisse Praz.
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