Paradis festif
Le Barocco
Sa délicieuse terrasse est nichée dans le patio du Musée d'art et d'histoire.
Une terrasse en gravier, une fontaine sur laquelle trône une statue d’enfant qui tient un crocodile, des citronniers et Le soleil sur la montagne d’Alexandre Calder. C’est le cadre idyllique du Barocco qui investit joliment la cour intérieure du Musée d’art et d’histoire.
Le menu est à la hauteur de son environnement, frais et réfléchi. Le chef Jobin Steiger choisit des produits de saison et concocte des variations inattendues telles que le «tartare de bœuf au basilic et parmesan» et «la tourte au chocolat blanc et pistaches».
Aux commandes du restaurant, c’est au sympathique Samuel Dos Santos que l’on doit une carte de vins essentiellement genevois. A consommer sans modération: le jus de pommes des vergers de Meinier, tout en admirant le talent de Calder ou les nombreuses pierres romaines qui ornent les galeries.
Restaurant du Musée d’art et d’histoire. Rue Charles-Galland 2. Tél. 022 418 26 82.
Paradis aquatique
Jonction, rives du Rhône
Trois pontons flottants en mélèze pour une première plage publique.
Un air de vacances souffle sur les peupliers du Rhône, tout au bout de la Jonction, en aval du pont Sous-Terre. De petits groupes se prélassent sur l’un des trois pontons en bois aménagés de part et d’autre du Rhône, beaucoup se jettent à l’eau.
Deux options: la plus sage en utilisant les échelles prévues à cet effet, la plus intrépide, interdite mais tolérée, en sautant depuis le pont. On se laisse ensuite porter par le courant.
Ne pas rater la dernière sortie, indiquée par un panneau avant la pointe de la Jonction, où l’Arve rejoint le Rhône. Retour à pied.
Après la baignade: un verre à l’Ethno Bar qui a inauguré un espace extérieur aménagé dans une Mini Clubman d’époque.
Au pied de l’Ethno Bar, 2-4, rue des Deux-Ponts (ancienne usine Rolex).
Paysage grandiose
Saint-Pierre, gardienne de la Citée de Calvin
C'est au sommet de la tour nord de la cathédrale de Genève, souvent boudée pour cause d'austérité, que le panorama de Genève et ses alentours est le plus beau.
Après avoir traversé la nef principale de la cathédrale et s’être acquitté de quelques francs, on pousse la porte au fond à droite. Elle s’ouvre sur une interminable et étroite cage d’escalier. L’ascension commencée, on croise deux touristes américains qui, alors que l’on s’arrête pour les laisser passer, lancent en riant: «Vous avez trouvé une excuse pour vous arrêter!»
Cent dix-huit marches plus tard, un premier plateau s’offre à nous. Assoiffés de hauteur, nous continuons. Entre de larges poutres de bois, des flèches indiquent par où passer pour atteindre le sommet de la tour nord. On attaque les 39 marches restantes et, alors que le mélodieux carillon de Saint-Pierre nous accueille, c’est l’arrivée sur un balcon très ouvert pour sa hauteur.
Nous sommes à plus de 50 mètres et un majestueux panorama vue sud s’offre à nous. La ville et ses deux mille ans d’histoire fière, depuis que César s’y installa avec ses soldats en 58 avant J.-C., s’étale à nos pieds. Genevois ou touriste, la fascination est la même.
Au premier plan, les dégradés ocre et marron des toits de la Vieille-Ville. En contrebas, la place de la Madeleine et son temple homonyme, haut lieu historique de la Réforme. Plus loin, le lac et son Jet d’eau, qui par jour de vent se fait désirer et peut s’arrêter plusieurs heures durant. A la hauteur de la jetée des Bains des Pâquis, on devine une Mouette jaune, transport public sur l’eau qui permet de passer d’une rive à l’autre.
Un autre balcon nous attend face nord, on y reconnaît d’autres toits de la Vieille-Ville, l’antenne de la Télévision suisse romande et l’Arve.
Pour la plus belle prise de vue avec lac, se positionner au milieu du balcon central, reculer un maximum et appuyer sur le déclencheur. Ou descendre au premier balcon: la vue est tout aussi paradisiaque mais il fait bon s’adosser aux arches voûtées.
Paradis des idées
La librairie de Dardagny
Un chaleureux temple du livre délicieusement inattendu.
On entre dans cette librairie comme chez soi, traversant deux pièces remplies de livres et de jolis meubles anciens avant de déboucher dans une merveilleuse cuisine. A gauche, un vieux fourneau en parfait état, avec de nombreux ustensiles qui laissent imaginer une nourriture des plus affectives.
A l’extérieur, le chant des oiseaux et la fraîcheur du jardin nous appellent. Là, attablés sous la grande tonnelle, Danièle Bagnoud joue au scrabble avec son frère et sa sœur. Vêtue d’une tenue blanche en lin, la gardienne de ce temple littéraire nous interroge de son regard bleu perçant. Elle nous propose un thé vert agrémenté de gingembre confit que l’on dégustera pendant qu’elle nous raconte son histoire.
Cette belle maison de livres appartenait aux parents de Danièle, viticulteurs. Il y a vingt-cinq ans, elle y installe quelques livres d’occasion dans une des pièces donnant sur la rue.
Aujourd’hui cette même maison, ouverte quatre jours par semaine, est entièrement habitée par les livres. «J’ai une clientèle très cosmopolite. Beaucoup de Français qui n’ont pas énormément de choix dans la région. Ils viennent se promener, découvrent la librairie et y reviennent avec plaisir.»
On lui amène des livres de tous genres qu’elle trie en fonction des goûts de ses clients. L’occasion côtoie le neuf, car Danièle commande des nouveautés qui lui plaisent ou qu’on lui réclame. Ici, «les gens aiment se balader et se laisser surprendre», sourit Danièle.
Au sous-sol, les anciennes cuves à vin ont été transformées en caverne d’Ali Baba: au centre, une banquette de coussins pour pouvoir consulter les livres d’astrologie, de psychologie et de vieux journaux que l’on déniche en fouinant. Un endroit magique et une libraire, pardonnez-nous Danièle, diablement attachante.
Chemin de la Côte 1, Dardagny. Tél. 022 754 12 31 .
Paradis sauvage
Opikanoa, le Colorado à Chancy
Au bout du canton, des descentes étonnantes en canoë sur le Rhône.
C’est une adresse pour initiés. Située à l’intérieur du périmètre de protection des rives du Rhône, la base d’Opikanoa n’est pas facile à trouver. Au centre de Chancy, suivre la direction de Lyon, passer le poste frontière suisse et prendre le chemin du Longet tout de suite à gauche.
Une flèche «c’est par là» débouche sur un camp composé d’une roulotte, d’un tipi et des traces encore chaudes d’un feu de camp. Bienvenue au paradis de la cool attitude!
C’est d’ici que les descentes en canoë sur le Rhône commencent. Trois formules de 7 à 20 km, soit de 1 à 3 heures de navigation, sont proposées à l’heure parfaite du crépuscule. Les parcours navigables traversent la réserve ornithologique de l’Etournel peuplée d’espèces d’oiseaux, de castors, de sangliers et de cerfs.
Ils mènent vers le défilé de Fort l’Ecluse, ce passage naturel stratégique aux airs de Far West helvète entre le Jura et les Alpes, qui marque la pointe sud du parc naturel du Haut-Jura, et audelà jusqu’à Bellegarde en France.
Des guides confirmés qui connaissent la région accompagnent la majorité des activités. A l’arrivée, selon la formule choisie, une fondue vous attendra au coin du feu.
Pour l’histoire, l’association Opikanoa a été créée en 1998 par François et Nicolas Vernier avec pour but de «promouvoir les activités sportives auprès des jeunes et encourager la pratique du canoë». Mais aussi de «faire connaître cette partie du Rhône genevois et de sensibiliser à la nécessité de conserver les cours d’eau et leur milieu naturel», raconte François Vernier.
Le développement d’une activité plus importante s’est vite avéré dommageable pour les milieux naturels. Du coup, ils ont judicieusement choisi de limiter le parc de canoës. Avis de possible disparition, la commune ayant pour projet de créer une zone d’eau plus large...
Route de Bellegarde, Chancy. Tél. 079 352 97 07 ou www.opikanoa.ch
Le lieu de gourmandise
Chez Quartier, la gourmandise aura ta peau
Ce tea-room culte aux allures de bonbonnière est fréquenté par des artistes et des habitués qui ne jurent que par ses croissants au chocolat praliné.
Chez Quartier, c’est d’abord une odeur qui vous enveloppe dès le seuil franchi. Un mélange subtil de chocolat chaud et de brioche. Le tea-room rose, comme certains l’appellent, est une grande pièce couleur framboise, plafond inclus, avec de nombreuses tables et chaises dépareillées.
Le tout rempli d’objets insolites et décalés. Sur les hauteurs, des boîtes à chocolat et à thé à l’ancienne côtoient une collection de cache-pots art déco en barbotine. «J’en ai encore chez moi, dans des cartons, mais les avoir ici me permet d’en profiter et de les partager», raconte Yves Quartier-dit-Maire, propriétaire des lieux, passionné derrière ses fourneaux autant que dans la vie.
Il collectionne et chine beaucoup de bibelots. Des portraits baroques sont accrochés au mur. A côté du comptoir trône une ancienne caisse enregistreuse sur laquelle sont posées des confitures faites par une cliente ardéchoise.
Ici, tout le monde fait comme à la maison en se servant des assiettes et des couverts. La confiance est de mise. On commande uniquement les boissons. Chacun se sert dans la vitrine qui abrite le buffet, seuls les fameux croissants au chocolat praliné et quelques autres viennoiseries sont à chercher derrière la caisse.
Impossible de résister au choix généreux de minisandwichs aux saveurs originales telles que viande séchée et gruyère, pousse de radis et fromage blanc ou mousse de thon. Ni aux tartines de confiture sur l’inimitable et moelleuse tresse au beurre, pas plus qu’aux ficelles au Cenovis connues loin à la ronde.
«J’en connais qui viennent de loin pour nos thés froids maison», sourit Dominique, employé depuis seize ans. Il connaît presque tout le monde ici. «C’est normal, c’est un lieu où il y a un pourcentage très élevé d’habitués.» Bobos, artistes, profs, mamies, mamans avec enfants ou hommes en costume: tous viennent dans ce tearoom pour les mêmes raisons – leurs papilles gustatives.
Chez Quartier a vu défiler des histoires entre les tables. En près de trente ans d’existence, des liens d’amitiés, des mariages, et des bébés ont vu le jour, «mais aussi des divorces», commente Katy, derrière la caisse. Cette jolie brune finlando-portugaise sourit en calculant que cela fait plus de huit ans qu’elle travaille ici.
«Je n’ai pas l’impression de travailler! Je suis ici chez moi, les clients sont devenus des amis et le patron aussi.» Ce dernier l’écoute et l’interrompt. «Ma recette, c’est d’avoir créé un coin hors du temps, hors norme, un brassage de gens différents, que j’accueille de manière la plus ouverte possible.» Et quelques gourmandises quand même.
Rue Voltaire 21. Tél. 022 344 53 21.
P'tit coin de parapluie
Le Bio à Carouge
Un cinéma insolite et chaleureux qui ne projette que des films indépendants et des documentaires.
Pour atteindre la caisse, il faut traverser la petite buvette dans laquelle on se love en regardant la pluie tomber. A l’accueil règne un esprit alternatif et cultivé nourri par sa directrice Patricia Dumont.
Le Bio, c’est tout cela: tout à la fois une institution pour laquelle les Carougeois se sont battus et un endroit franchement atypique pour un cinéma. Ses deux salles de 20 et 196 places proposent des documentaires souvent suisses ou des films qui ne passent nulle part ailleurs, et des films issus exclusivement du cinéma indépendant.
Dans la salle principale, un ciel d’étoiles protège le spectateur confortablement installé dans son fauteuil qui rend hommage à Woody Allen, Fellini ou Godard. C’est que chacun des sièges bleus célèbre une personnalité cinématographique grâce au don d’un parrain qui soutient la Fondation du cinéma Bio.
Pour un moment très privé, les salles peuvent être louées en dehors des heures de projection, avec ou sans pluie.
Rue Saint-Joseph 47, Carouge. www.cinema-bio.ch
Ex-coin de paradis
Tintin et l'Hôtel Cornavin
C'est dans la chambre 122 qu'Hergé fait séjourner le professeur Tryphon Tournesol dans "L'affaire Tournesol".
On est en 1956. L’affaire Tournesol vient d’être publiée. Tintin et sa joyeuse équipe passent par Genève: l’Hôtel Cornavin est au cœur de deux planches avec sa chambre 122 et sa porte tambour.
L’effet est énorme. Les tintinophiles du monde entier puis les générations qui suivent se précipitent au Cornavin, désormais appelé «l’hôtel de Tintin». Et pourtant... la chambre 122 n’a jamais existé! Même si Hergé souhaitait ancrer cet album dans la réalité et qu’il avait lui aussi séjourné à l’hôtel, ce numéro de chambre appartient à son imaginaire.
Face aux demandes persistantes et en hommage à l’auteur, elle a été rajoutée en l’an 2000 lors de la rénovation complète de l’établissement. Désormais à l’entrée du Cornavin, juste après la fameuse porte tambour, c’est Tintin et Milou qui nous accueillent. Grandeur nature.
Hôtel Cornavin. Boulevard James-Fazy 23.
Paradis du bien-être
Insens
Une oasis de bien-être aux Eaux-Vives.
S’est-on trompé d’adresse? Non, c’est bien là, au 5e étage du bâtiment de la Suva, que se cache Insens. Dès l’ouverture de l’ascenseur, on pénètre dans un espace à l’abri du stress et de l’agitation. Tout ici, de la lumière tamisée aux teintes terre et au silence, a été conçu autour de la circulation d’énergies. L
a fondatrice, Brigitte De Picciotto, parle de la paix de l’esprit qui passe par le bien-être du corps. «Nous offrons des cours de yoga, de pilates ou de méditation mais aussi des soins avec des énergéticiens formés par les plus grands maîtres», explique-telle.
Insens, c’est aussi un lounge avec une jolie terrasse, qui propose chaque jour deux plats, dont un végétarien, concoctés par une cuisinière thaïe. A déguster après une séance de reiki ou de shiatsu, par exemple. L’espace est fermé le week-end pour pouvoir accueillir des intervenants lors de stages.
Réservation impérative. Rue Ami-Lullin 12. Tél. 022 545 36 85. www.insens.ch
Ex-coin de paradis
Borne frontière N°1 à Chancy
Point le plus occidental du canton, elle a une valeur symbolique et géographique.
Le bois des Crevasses est celui de l’extrême ouest helvétique. Il porte bien son nom, offrant de délicieuses mais usantes promenades. La végétation y est dense et l’on se croirait transporté en Amazonie. C’est ici que se trouve la borne dite No 1.
Ce petit mais solennel monolithe sépare notre pays de la France depuis 1816. Saviez-vous que Genève possède 105 km de frontière avec la France, contre 4,5 km avec le canton de Vaud? Cette position de quasi-enclave explique le nombre considérable de bornes frontières qui racontent l’histoire mouvementée de la région.
La borne No 1 est flanquée de l’écusson genevois avec son aigle et sa clé et de l’aigle sarde. Des symboles gravés dans la pierre rappelant les traités qui ont façonné ce coin de Suisse. Bois des Crevasses, Vers-Vaux. Vingt mètres après la douane de Chancy direction Valleiry, prendre le chemin à droite. Se garer et continuer sur 300 m dans la forêt.
La balade romantique
A Satigny, Châteauvieux promet le bonheur
Un hôtel-restaurant ultra-bucolique que l'ont peut rejoindre en bateau depuis le quai des Moulins de l'Ile.
Le havre de paix de Magali et Philippe Chevrier ne déçoit jamais et s’il y a en Suisse romande une manière raffinée de prendre la clé des champs, c’est en se posant le temps d’un week-end dans cette ancienne ferme vigneronne nichée sur une colline de la campagne genevoise et transformée en palais du raffinement.
Pour y arriver, pourquoi même ne pas embarquer quai des Moulins de l’Ile à Genève? La balade sur le Rhône nous emmène jusqu’à Peney-Dessous. Au bout de l’embarcadère, prendre à gauche en direction du Café de Peney, longer la route d’Aire-la-Ville sur environ 150 mètres, puis prendre le petit chemin de tourisme pédestre à gauche.
Cette balade tout en montée est un délice qui traverse la forêt et borde les vignes. Seuls au monde, on n’entend que le crissement de nos pieds sur les branches qui jonchent le sol. A peine vingt minutes plus tard, le chemin débouche au pied de la charmante chapelle de Peney qui jouxte le Domaine de Châteauvieux.
L’histoire dramatique de ce qui fut en son temps un château fort, brûlé par les Genevois en 1536, contraste avec la quiétude actuelle des lieux. Du gravier à l’entrée qui chatouille les orteils aux gazouillis des oiseaux et à l’eau qui coule dans la fontaine centrale, tout ici donne envie de prendre possession des lieux.
La convivialité est l’une des marques de Philippe Chevrier. «J’aime que l’on se sente bien chez moi. Ma cuisine est en harmonie avec son cadre et le produit est la base de tout», précise le chef doublement étoilé.
Plus tard, l’apéritif sera servi sous la tonnelle du jardin, à côté des plantes aromatiques. La Provence semble s’être invitée à Châteauvieux en ce début de soirée estivale. Les employés commencent à s’affairer, il fait beau et les tables se dressent dehors.
L’heure du repas arrivée, l’on s’installe sur la terrasse ombragée par de grands parasols verts. La vue sur le Rhône, le Salève et le vignoble genevois y est unique. Dans les assiettes, du tartare de langoustines marinées aux crevettes rouges de Sicile rôties accompagné de fleurs de courgettes farcies aux légumes confits, le dénominateur commun étant la simplicité raffinée.
Le choix des vins est aussi vaste que somptueux, tout comme l’impressionnant chariot de fromages et ses pains maison. On les déguste alors que d’autres apprécient un dessert à base de fraises gariguette flambées sous leurs yeux. A l’étage, la soirée continue au fumoir autour d’un digestif.
Comme il est toujours difficile d’imaginer quitter le paradis, douze chambres ont été aménagées dans le plus pur respect des lieux, à la fois rustiques et cossues, avec murs de pierre et poutres apparentes. Le petit-déjeuner sera servi autour de l’ancien puits transformé en buffet réfrigérant sur la terrasse.
Lorsque arrive l’heure de revenir sur nos pas, reste le plaisir pur d’avoir pu entrer dans le rêve d’enfant de Chevrier.
Domaine de Châteauvieux, Satigny. www.chateauvieux.ch. Croisière les rives du Rhône. www.swissboat.com
Paradis spirituel
Eglise de Peissy
Un mur, un clocher: autant dire un sanctuaire disparu, isolé et envoûtant.
Citée pour la première fois en 1295, l’église médiévale de Saint-Paul, posée dans la campagne viticole genevoise sur la commune de Satigny, est sans doute beaucoup plus ancienne.
Sa composition est caractéristique des premières églises régionales, rarement encore debout. Elle fut démolie en grande partie en 1830, ne conservant que sa façade principale et son magnifique clocher-peigne (soit ayant des cloches placées en file en haut d’un mur) du XVIe siècle.
A l’arrière de ce fronton sur lequel grimpent des lierres, on devine un jardin. Pourtant sa porte est murée. Mais pourquoi? Que se cache-til derrière l’histoire de ce lieu mystique?
On est au XIXe siècle, James Galiffe, un historien résident de la commune cherche à agrandir sa propriété mais la chapelle gêne son projet. Il demanda donc l’autorisation de la raser en 1826. Commencent alors quatre longues années de négociations acharnées.
La commune lâche finalement l’affaire et un compromis est trouvé. James Galiffe obtient l’autorisation de démolir l’église qui, selon les écrits de l’époque, était quasiment devenue un repaire de brigands.
Vestige d’un temps passé, il ne subsiste plus que son fronton donnant sur la rue. Cette imposante façade isolée nous rappelle alors qu’on est sur la route, entouré des vignerons du coin, regardant le ciel en aveugle et se demandant ce qui lui vaut d’avoir, elle seule, survécu.
Paradis du pique-nique
Au-dessus des vignes de Choulex
Vin blanc et panier de victuailles sous les arbres.
Pour dénicher l’endroit parfait pour un casse-croûte bucolique loin des foules, cherchez là où l’on s’y attend le moins. Dans la plaine de la Haute-Seymaz par exemple, récemment renaturée autour de la petite rivière et de ses affluents.
On commence par se garer à côté de l’église de Choulex, juste au-dessus du village. Puis on longe le chemin sans issue après l’église sur 800 mètres dans les vignes. A gauche sur les hauteurs se profile une petite butte ombragée de conifères. C’est là.
Un joli plateau naturel avec un grand tronc d’arbre renversé et des restes de pierres ayant servi à faire un feu se proposent à votre bon plaisir. Devant vous, les Alpes, le Mont-Blanc, la vaste plaine et ses champs de colza et de blé. Sur la gauche, on devine le joli château de Jussy et, en contrebas, le marais de Sionnet et ses roseaux, dans lequel les oiseaux migrateurs font escale.
Il faudra ramasser les pives avant d’étendre sa couverture. Une fois installé avec un verre de vin blanc frais, du pain, du fromage et du saucisson, il ne reste plus qu’à déguster et se laisser bercer par la brise. Genève comme on en rêvait.
Paradis des sens
Le Bateau Genève
Un flot sur la rade où il fait bon faire la fête
Ce soir, c’est chanson italienne et française sur le pont supérieur entre les tables et le bar. Avant le concert, on prend l’apéro, un petit muscat d’Italie avec des tapas et, pourquoi pas, une portion de raclette servie à l’ancienne.
Tout au long de la soirée, chaque mardi et jeudi, les cocktails maison «La jeune Eve» ou «Larguer les amarres», qui désinhibent en un temps record, se sirotent avec délectation au son d’une programmation «très éclectique tout l’été», promet Eric Gardiol, responsable administratif de ce lieu festif pas comme les autres.
Le samedi soir, place au dancefloor avec des concerts et des DJ. qui se produisent dans la partie salon. La foule danse jusqu’au petit matin sur de l’electro-pop ou des musiques à thème. Divin.
Quai Gustave-Addor. www.bateaugeneve.ch
Paradis des enfants
Ferme de la Gavotte
Une arche de Noé au Grand-Lancy
Un comité d’ânes, cochons, chèvres, paons, oies, zébus, lamas, shetlands, poneys, canards et bien d’autres accueille les visiteurs dès leur arrivée à la ferme de la Gavotte, entourée de champs et de forêts. L’ambiance est nature, ici pas de chichi – ça remue, ça caquète, ça couine dans la bonne humeur la plus totale.
Au programme: initiation à la vie sauvage via ces élevages domestiques pas comme les autres. Dans un coin, des enfants prennent un cours d’équitation.
Tout au long de l’année scolaire, l’association la Gavotte cherche à cultiver le rapport entre l’animal et l’enfant aux petits citadins, organisant plusieurs fois par semaine des balades en poney et des camps dès 4 ans. Des camps qui font rêver, initiant à l’attelage, à la voltige, au saut et au soin des animaux de la ferme. Nuit à la belle étoile et préparation d’un spectacle comprises.
Chemin des Verjus 138, Grand-Lancy. Tél. 079 216 90 70 ou www.gavotte.ch
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