Genève lorgne sur Masdar et Abou Dhabi
TECHNOLOGIE. Le canton met en valeur son expertise dans les «clean tech» en mobilisant entreprises et université.
«La volonté du Gouvernement genevois est de faire de la région un pôle d’excellence dans les technologies propres.» Rolf Gobet, jeune directeur de l’Office de promotion des industries et des technologies (OPI) bouillonne d’enthousiasme. Pierre-François Unger, son patron en charge du Département de la santé et de l’économie, lui a confié ce mandat au début de 2009. Depuis, il fonce. Et l’ordre de mission vert l’a mené à plusieurs reprises déjà dans les Emirats arabes unis (EAU), plus particulièrement à Abou Dhabi. «Afficher une ambition dans ce domaine mène immanquablement à Masdar.» Cette ville, la première du monde sans CO2, laboratoire grandeur nature des technologies énergétiques les plus efficaces que l’émirat le plus riche des EAU fait sortir des sables (lire L’Hebdo du 19 février 2009). «Il ne faut pas se le cacher: il y a là de l’argent et une vision pour avancer. Et le train ne passe qu’une fois.» Un train que la Suisse industrielle n’entend pas manquer. D’autant qu’un Helvète, Nick Beglinger et sa société de conseil en immobilier Maxmakers, est impliqué depuis l’origine dans ce projet à 22 milliards de francs. Et que son ambassadeur à Abou Dhabi, Wolfgang Amadeus Bruelhart, s’est démené pour que la Confédération, par l’intermédiaire de l’OSEC (promotion de l’économie suisse), s’engage dans l’aventure en soutenant la création d’un Swiss Village en plein cœur de la future ville. Un travail de fourmi qui a trouvé son aboutissement le 30 juillet avec la signature d’une convention entre la Swiss Village Association et Masdar. Reste à déterminer quelles entreprises trouveront place dans cette vitrine unique. La concurrence s’annonce féroce. Mais Rolf Gobet n’en a cure: la Suisse a tout à gagner et son office est devenu de facto le point de ralliement romand du mouvement. C’est lui qui organisera la version française de la séance d’information à l’attention des entrepreneurs, le 19 août prochain à Genève. Et c’est dans le sillage de Pierre-François Unger que l’OPI prépare, pour la mi-octobre, un voyage à Masdar. «L’intérêt est énorme. La délégation affiche déjà presque complet.» Car les enjeux dépassent la seule «ville propre». Et comme Genève est souvent considérée comme le 8e émirat des EAU, autant faire fructifier cette position privilégiée. «La vision 2030 du gouvernement est de diffuser dans l’ensemble d’Abou Dhabi les solutions développées à Masdar. C’est ce développement qui nous intéresse,» projette Rolf Gobet.
Uni impliquée. Dans cette idée, et à l’exemple du Massachusetts Institute of Technology (MIT) présent au cœur de Masdar, ou de l’EPFL qui construit son campus offshore à Ras al-Khaima (RAK), la Cité de Calvin voit d’un très bon œil les liens qui se tissent aujourd’hui entre son université et celle, privée, d’Abou Dhabi, 4000 étudiants après moins de sept ans d’existence. «Cette dernière souhaite créer un centre de l’innovation et dispose du soutien d’un important fonds souverain.» Ainsi, six projets industriels dans les clean tech et les technologies de l’information sont sur les rails. Auxquels s’ajoutent trois «ponts» plus académiques dans les domaines des langues, de la médecine et du droit islamique.
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Tags: Technologie, Masdar, Genève,
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