ARCHITECTURE
Geninasca Delefortrie: l’architecture en questions
Parallèlement à une exposition à Zurich, le livre «Singulier pluriel» aborde de façon originale la démarche du bureau neuchâtelois et ses principales réalisations.
Comment se répartissent les tâches dans un bureau d’architectes? Qu’est-ce qui détermine la forme d’un bâtiment et le choix de ses matériaux? Comment se passent les relations avec le maître d’ouvrage? Ces questions, on se les pose souvent… sans oser les poser. Publié à l’occasion de l’exposition de l’atelier neuchâtelois Geninasca Delefortrie à l’ETH de Zurich, un fort bel ouvrage y répond aujourd’hui. Rompant avec la structure et le propos des classiques monographies hagiographiques et jargonnantes, original jusque dans la présentation du sommaire, Singulier pluriel s’articule autour d’une longue interview menée par l’architecte Alberto Alessi.
Confrontant membres du bureau, clients, entrepreneurs et autorités politiques autour de différentes réalisations, cette publication se veut, plus qu’un livre, «un objet singulier qui, comme une oeuvre d’architecture, comprend une pluralité de lieux et de facettes offrant ainsi un espace pour la lecture, l’observation et la confrontation.» De Geninasca Delefortrie Architectes, créé en 1995 à Neuchâtel, on retrouve ici vingt projets regroupés en différents chapitres thématiques.
Il s’agit de montrer comment l’action du bureau «ne consiste pas seulement à apporter des solutions aux problèmes, mais à proposer, avant tout, des stratégies de modification adaptées au territoire». On passe donc de l’élégante passerelle piétonne sur l’Areuse au stade de la Maladière ou au centre d’enseignement de Marcelin, on visite une crèche, un home médicalisé, et l’on s’invite dans la solitude de la montagne aussi bien que dans les brumes romantiques des bords du lac.
La problématique de l’habitat est l’occasion d’évoquer la logique du marché, le poids des usages et des habitudes, mais également la possibilité de s’affranchir des contraintes, notamment dans le traitement des espaces extérieurs conçus comme de véritables espaces de vie. «Nous n’avons pas la prétention de révolutionner l’appartement (…), précise toutefois Laurent Geninasca. Nous procédons surtout par petits glissements.» Et l’on en vient même à parler de beauté. Un terme dont beaucoup se méfient mais que les architectes neuchâtelois acceptent s’il signifie simplicité, calme et surtout cohérence du projet.
- «Geninasca Delefortrie Architectes. Singulier pluriel». Sous la direction d’Alberto Alessi. Textes de Caspar Schärer, Luca Merlini, Ignacio Rubino, Vincent Mangeat, Walter Angonese. Infolio Editions, 336 p.
- Exposition à Zurich, ETH, Hönggerberg, HIL, Architekturfoyer, jusqu’au 31 janvier 2012.
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