Si 2009 fut chiche en lancement de marques, 2010 a renoué avec l’explosion de nouvelles venues.
Créer une marque, certes, encore faut-il la baptiser. Quoi de mieux, semble-t-il, que de se plonger dans l’histoire horlogère, comme si le passé légitimait la démarche et permettait de «trôner» aux côtés des Breguet, Audemars Piguet, Jaeger-LeCoultre, Girard-Perregaux ou Jaquet-Droz, pour n’en citer que quelques unes.
Après les Badollet, Louis Moinet ou Huguenot (référence aux horlogers protestants réfugiés à Genève), c’est donc au tour de L. Leroy, Berthoud & Pouzait ou Manufacture Royale de tenter l’aventure.
Et toutes, en en appelant à ces saints patrons, de donner dans la haute horlogerie. Ainsi L. Leroy se réfèret-elle aux dynasties homonymes des XVIIe et XVIIe, celle de Julien et Pierre Le Roy, celle ensuite de Basile, Basile-Charles et Charles-Louis Le Roy et, enfin, celle de Louis Leroy (1860-1935), quintuple vainqueur de la Coupe chronométrique de Besançon, qui créa en 1900 ce qui fut jusqu’en 1989 la montre la plus compliquée du monde avec ses vingt-six complications.
Quant à Berthoud (Ferdinand) et Pouzait (Jean-Moïse le premier, 1727-1807), l’un des pionniers de la chronométrie de marine, il fut l’un des inventeurs de l’échappement à ressortdétente.
Le second (1743-1793) directeur de la première école d’horlogerie de Genève, inventa la montre à secondes mortes indépendantes et fait partie des pères de l’échappement à ancre suisse.
Lancée en marge de Baselworld 2010, la marque, depuis, pointe aux abonnés absents. Site internet bloqué, téléphone, adresses et courriels invalides.
La preuve, s’il en fallait, que si se placer sous ces patronages historiques est intéressant, au niveau du marketing encore faut-il tenir et offrir des «produits» à la hauteur de ces glorieux ancêtres.
Tags: Contre-temps, Didier Pradervand, histoire horlogère,
|