Gorillaz dévoile son île aux trésors
POP 2.0. Aussi fort dans l’imagerie que dans la musique, le groupe créé par Damon Albarn et Jamie Hewlett revient pour de nouvelles aventures entre le net et le réel.
C’est l’histoire de Murdoch, vilain bassiste au teint verdâtre. Réfugié sur un tas d’ordures au milieu du Pacifique Sud, il rumine sa mauvaise fortune. Malheureux au jeu, plumé par Madoff, déçu par la vente d’armes, rien n’y a fait: il est ruiné. Mais il reste prêt à tout pour enregistrer un nouvel album. Quitte à endormir au chloroforme les musiciens qui n’accepteraient pas de le suivre dans l’aventure.
Depuis deux mois, ce pitch digne d’une Ile au trésor d’après la chute du capitalisme fait saliver le net, à grand renfort de «widgets» ludiques, du jeu vidéo à la web radio. Et comme Murdoch est le bassiste de Gorillaz, on en redemande.
De Lou Reed à Snoop Dog. La formule mise au point par le musicien Damon Albarn et le dessinateur Jamie Hewlett pour ce groupe cartoonesque est pourtant connue. Un casting digne du Rock’n’roll Hall of Fame, un univers entre punk et BD et une bonne dose d’humour grinçant. Surtout, l’identité des deux «marionnettistes» n’est plus un mystère depuis longtemps. Mais ce cartoon pour grands enfants fans de pop séduit toujours autant.
Et la sortie de Plastic Beach devrait accentuer cet effet. Entre rock, pop, electro, hip-hop et musiques orientales, Gorillaz offre un festin éclectique et captivant, renforcé encore par des invités de luxe, de Lou Reed à Snoop Dog en passant par Bobby Womack, Mos Def, Mark E. Smith et Mick Jones.
Aucun doute, même ruiné, Murdoch a réussi à transformer son tas d’ordures en île... aux trésors.
Plastic Beach. Parlophone/EMI.
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