Grands-parents bulgares bien payés
Par Marie Maurisse - Mis en ligne le 05.02.2009 à 06:00
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Famille. Pour faire face au manque de crèches, la Bulgarie rémunère les aînés qui s'occupent de leurs petits-enfants.
Etre rétribué pour garder ses propres petits-enfants? C’est la formule innovante mise en place par l’Etat bulgare depuis le début de l’année 2009. Les grands-parents qui en font la demande touchent désormais un salaire minimal de 240 leva – soit près de 183 francs suisses – en contrepartie de la surveillance des petits. Ils peuvent bénéficier de ce montant en complément de leur retraite, et ce jusqu’au troisième anniversaire de l’enfant.
Crise démographique. Sofia espère ainsi remédier à la pénurie de crèches qui handicape les familles: il manquerait actuellement 63000 places. En rémunérant les grands-parents, la Bulgarie veut inciter ses habitants à avoir plus de bébés. Car le pays fait face à un taux de natalité extrêmement bas qui risque de paralyser son développement: en 2007, sa croissance démographique était de -5 ‰, selon une étude d’Eurostat, et son taux de fécondité est de moins de 1,4 enfant par femme, soit parmi les plus bas d’Europe avec l’Italie et la Slovaquie. Pour tenter d’endiguer le vieillissement de la population, l’Etat a donc voté une «loi d’encouragement de l’emploi». Outre la rémunération des grands-parents, elle incite les pères à opter pour le congé parental. S’ils restent à la maison pendant quinze jours après la naissance, ils toucheront 90% de leur salaire. Ils pourront à nouveau profiter d’un congé payé s’ils décident de s’occuper de leur progéniture entre son sixième et son douxième mois. Les mesures prises par Sofia vont-elles donner des idées aux autres pays d’Europe? Rien n’est moins sûr – le niveau de vie des personnes âgées en France ou en Suisse étant largement supérieur à celui de la Bulgarie.
100 millions d’heures. Norah Lambelet Krafft, présidente de l’Ecole des grands-parents en Suisse romande, semble pourtant séduite par cette idée. «C’est un vrai travail de s’occuper de ses petits-enfants. Pourquoi ne pas le rémunérer?» Vittoria Cesari Lusso, psychologue spécialisée dans les difficultés intergénérationnelles, est tout de même prudente. «La famille n’est pas une entreprise commerciale, explique-t-elle. C’est le don qui doit primer.» Selon le dernier Rapport des générations en Suisse, les grands-parents gardent leurs petits-enfants 100 millions d’heures par an. Une prestation équivalant à 2 milliards de francs au total.
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