Grèce: Régime sec pour sauver l’euro
Par Philippe Le Bé - Mis en ligne le 05.05.2010 à 17:03
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Crise. Les Européens, le FMI et Athènes ont trouvé un accord. Ce sera l’austérité pour défendre l’euro.
Dimanche 2 mai, les 16 pays de la zone euro, le Fonds monétaire international (FMI) et le Gouvernement grec ont ficelé un plan d’aide qui doit éviter la faillite à Athènes. Au total, le plan se monte à près de 110 milliards d’euros (160 milliards de francs), dont une trentaine vient des coffres du FMI. Très sévère à l’égard des autorités grecques, Berlin contribue au plan pour 22 milliards d’euros. Lundi soir à Paris, la quasi-majorité de l’Assemblée nationale a accepté d’allonger 16,8 milliards d’euros sur trois ans.
En contrepartie, le Gouvernement grec, dirigé par le socialiste George Papandréou, s’est engagé à respecter un plan d’austérité drastique et ce, malgré l’aggravation de la récession. Hausse de la TVA de deux points, suppression des 13e et 14e mois de salaire des fonctionnaires, réduction des investissements publics figurent au menu concocté par les dirigeants grecs sous les regards du FMI et des chancelleries européennes. Alors qu’elles ont doublé depuis 2000, les dépenses de l’Etat seront ainsi amputées d’un dixième, soit de 30 milliards sur trois ans. En outre, Athènes s’est engagée à ramener son déficit public à 3% du produit intérieur brut (PIB), soit au niveau requis par le Pacte de stabilité.
Fin de l’histoire? Non, tant les incertitudes sur la dette des Etats européens perdurent. Des incertitudes qui s’illustrent sur l’orientation à la baisse de l’euro et la chute des Bourses, en début de semaine. Après avoir vu sa note dégradée par l’agence Standard & Poor’s en même temps qu’Athènes à la fin d’avril, c’est au tour du Portugal de devoir trouver 4,5 milliards d’euros avant le 20 mai pour financer son Etat. Sans parler des rumeurs d’une contagion à l’Espagne qui ont fait trembler les marchés, mardi.
01 Athènes doit économiser 30 milliards d’euros sur trois ans. Est-ce plausible?
«Techniquement, oui», juge Sylvain Broyer, responsable du département économie chez Natixis. Du moins si Athènes applique son plan d’austérité à la lettre et persuade ses citoyens à déclarer leurs revenus. Sur ce dernier point, George Papandréou a promis des allégements d’impôts contre la réapparition d’argent non déclaré. L’enjeu de cette quasi-amnistie? Des milliards. Bien que difficile à estimer, l’économie informelle tiendrait pour près de 25% du PIB. Environ 85 milliards d’euros qui échappent au fisc grec.
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