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Gstaad, succès au sommet

Par Isabelle Falconnier - Mis en ligne le 20.01.2010 à 16:41

Les Sommets musicaux de Gstaad appliquent depuis dix ans une recette imparable: des découvertes de jeunes talents, quelques stars et des soupers pour réseauter.

C’est une formule devenue magique: un lieu enchanteur comme l’église de Saanen, des découvertes musicales, quelques stars et, chaque soir, un repas qui réunit artistes, public et sponsors au Palace de Gstaad ou au Café du Cerf de Rougemont. En dix ans d’une philosophie de base inchangée, les Sommets musicaux de Gstaad ont trouvé leur place dans la panoplie des rendez-vous dédiés à la musique classique en Suisse et à imposer leur style propre, quelque part entre le Verbier Festival & Academy et l’estival Festival Menuhin de la station bernoise.

Sans doute parce que son histoire ne doit rien au hasard: il y a dix ans et quelques, Thierry Scherz, frère de l’actuel directeur du Palace de Gstaad, propriété de la famille depuis trois générations, se rend compte, lors d’une «superbe journée de ski à Gstaad avec quelques amis mélomanes», qu’il manque à la station un «rendez-vous de musique classique» pour terminer la journée en beauté. «J’adore Gstaad et j’avais toujours été interpellé par le fait que l’offre hivernale était quasi inexistante. Et la musique classique m’a toujours fait planer. Si le Festival Menuhin n’avait pas existé, je l’aurais découverte beaucoup plus tard! Les artistes sont ma passion. Travailler avec eux était un rêve.»

Amis et partenaires. Ni une ni deux, ce seront les Sommets musicaux de Gstaad, dont Thierry Scherz, après un parcours dans la gestion de fortune et le management culturel, est aujourd’hui directeur artistique. Une première étape est franchie lorsque la banque privée genevoise Edmond de Rothschild accepte le principe d’un partenariat à long terme. «Je ne connaissais pas personnellement la baronne ou d’autres propriétaires de la banque, je savais juste qu’elle avait été cliente au Palace. Les liens personnels se sont créés après.» «Ce projet correspondait et correspond toujours aux valeurs de la banque et à la philosophie de la famille Rothschild, explique Claude Messulam, son directeur général. Ce festival, très qualitatif, privilégie les jeunes talents et contribue à les faire connaître à un large public de mélomanes, tout en accueillant des artistes confirmés.» Au fil des ans, des partenaires comme le bijoutier genevois Franklin Adler ou l’éditrice Vera Michalski-Hoffmann se rapprochent de la manifestation. Des personnalités culturelles comme les écrivains Etienne Barilier ou Dominique Fernandez deviennent des habitués.

Dès le départ, les trois axes sont clairs: année après année, les jeunes virtuoses se succèdent, les stars telles que le violoncelliste Mischa Maisky, le violoniste Maxime Vengerov ou le pianiste Jean-Yves Thibaudet défilent et chaque soir la salle Baccarat du Palace de Gstaad voit deviser artistes, mélomanes, mécènes et amis du festival. Le coup de pouce aux jeunes artistes n’est pas qu’un vernis de circonstance: il va de pair avec l’enregistrement d’un disque pour un heureux élu annuel, comme l’élégante violoniste Alexandra Soumm en 2007 ou le violoncelliste Nicolas Altstaedt en 2008, via un partenariat avec Claves Records à Pully. Un prix Marguerite Dütschler, du nom de la fondatrice de la maison de disques, décédée en 2006, est d’ailleurs décerné chaque année.

Soutien local aussi. La Banque Rothschild assure près de la moitié du budget de un million de francs. Depuis trois ans, la commune de Gstaad soutient financièrement les Sommets. «J’en suis fier, explique Thierry Scherz. Cela signifie que la commune nous fait confiance et nous considère comme important pour la vie de la station.» Les concerts de l’après-midi à la chapelle de Gstaad sont parrainés, avec un succès croissant, par des commerçants locaux. «C’est important et nous fait très plaisir, se réjouit Ombretta Ravessoud, cofondatrice et directrice du festival. Nous tenons à ce que nos spectateurs soient autant des habitants du village, des visiteurs hivernaux ou des mélomanes genevois ou lausannois.» Pour sa dixième édition, les Sommets ont choisi de «faire l’inverse de ce que les gens attendaient», soit de préférer aux stars les jeunes interprètes qui ont fait l’histoire du festival, du harpiste Emmanuel Ceysson aux pianistes Bertrand Chamayou et Kirill Gerstein. Tout un symbole.

Sommets musicaux de Gstaad. Du 29 janvier au 6 février. Gstaad, Saanen et Rougemont. Ticketcorner ou www.sommets-musicaux.com




Tags: Gstaad, Sommets musicaux de Gstaad,

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