LES POUR
UN TROU DANS LES CAISSES DE PENSION
600 mio Les caisses de pension verseraient chaque année 600 millions de francs de rentes de vieillesse, non financés par l’épargne accumulée. On est arrivé à ce chiffre tout rond en postulant qu’il manquerait 20 000 francs pour payer quelques mois de la rente de vieillesse de chaque nouveau retraité. Et qu’il y aurait 300 000 nouveaux rentiers par an. A la fin de 2009, l’ensemble des institutions de prévoyance de Suisse ne comptait pourtant au total que 528 866 bénéficiaires de rentes de vieillesse. Et la rente de vieillesse maximale dans la LPP, prenant en compte les prestations de veuvage, n’est en 2010 que de 18 759 francs pour une femme et 18 082 francs pour un homme.
UNE LONGUE RETRAITE
22 ans L’espérance de vie après 65 ans est un élément clé du calcul des rentes. Or, il n’existe pas de table de mortalité valable pour toutes les institutions de prévoyance du pays, qui serait construite sur la base de leurs propres données transmises à l’OFAS. Les assureurs utilisent leur table maison, GRM/GRF, qui projette 27,1 années de retraite pour une femme et 20,5 pour un homme. Le Conseil fédéral a retenu les chiffres de la table de mortalité de la Ville de Zurich, représentative de la longévité des fonctionnaires: elle attribue 23,10 années de retraite à une femme et 20,37 à un homme, soit une moyenne de quelque 22 ans.
RENDEMENT RACHITIQUE
‹ 2% Evoquer les placements sans risques pour apprécier la performance possible de la fortune des caisses de pension, c’est faire implicitement référence au rendement des obligations de la Confédération à 7 ans garnissant les portefeuilles des compagnies d’assurances, qui ne détiennent que 2 à 5% d’actions. Un rendement très faible: de moins de 2%.
BAISSE DE RENTE MINIME
- 0,4% Si le taux de conversion passe de 6,8% à 6,4%, la baisse des rentes qui en résultera sera de 0,4%. Minime, estiment les partisans de la baisse: 400 francs de perte par an pour un capital-vieillesse de 100 000 francs. Et quelque 1000 francs annuels en moins pour un assuré ayant cotisé durant toute sa vie professionnelle pour le salaire maximum LPP (82 080 francs en 2010) qui ne dispose que d’un avoir de vieillesse de 255 000 francs à 65 ans.
LES CONTRE
UN TROU DANS LA POCHE DES ASSURÉS
507 mio La gauche estime à 507 millions de francs la somme prélevée dans la poche des assurés au 2e pilier par les compagnies d’assurances en 2007. Les fondations collectives des assurances couvrent la moitié des assujettis à la LPP. Or, une partie du rendement de la fortune est retenue par les compagnies, au lieu de revenir aux assurés comme dans les caisses autonomes. La Legal Quote limite ce prélèvement à 10% maximum du rendement brut, composé des revenus des placements, primes de risque et frais administratifs. La gauche a choisi 2007 de préférence à l’année suivante pour faire son calcul; car, en 2008, les assureurs vie en Suisse ont affiché des pertes.
UNE COURTE RETRAITE
19 ans L’Office fédéral de la statistique retient, dans son scénario «haute espérance de vie», une durée de vie à la retraite de 17,82 ans pour les hommes et 21,82 ans pour les femmes; soit une moyenne mixte d’un peu plus de 19 ans. Mais toute la population est prise en compte, y compris les personnes ayant cessé leur activité professionnelle avant 65 ans. La table de mortalité VZ, construite avec des données de caisses de pension, retient une durée moyenne mixte de vie après 65 ans d’à peine plus de 21 ans. Dans les deux cas, un taux de conversion de 6,8% permettrait de servir les rentes de vieillesse.
RENDEMENT HISTORIQUE
5,63% Lancé en 1985 lors de la naissance de la LPP, l’indice LPP 93 de Pictet est représentatif d’une gestion prudente; avec 75% d’obligations, essentiellement suisses. Au début de février, sa performance annualisée depuis son lancement est de 5,63%. Reste que la crise financière en cours pourrait pénaliser durablement le rendement des actions.
SÉVÈRE BAISSE DE RENTE
- 15% Une réduction du taux de conversion de 6,8 à 6,4% rognerait des rentes déjà entamées par sa précédente baisse de 7,2 à 6,8%. D’autant que certaines institutions de prévoyance pratiquent un taux de conversion inférieur au minimum légal sur la partie surobligatoire du 2e pilier. Pour un même capital de vieillesse, comprenant du surobligatoire, certaines rentes afficheraient une perte de 15% par rapport à ce qui aurait été servi lors de l’entrée en vigueur de la LPP.
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