EDITO
BON POUR LA TÊTE

ACTUALITÉ

ÉCONOMIE & FINANCE

SOCIÉTÉ

POLITIQUE

ÉCOLOGIE

RÉACTIONS

CULTURE

DOSSIERS

PERSONNALITÉS

ENTREPRISES

MIX & REMIX

GUIDES

FORMATION

INTERVIEWS

BLOGS

TV

IPAD

HOME > EDITO >  Réduire la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer l'article

Edito
Guerre économique

Par Alain Jeannet - Mis en ligne le 24.03.2010 à 09:38

A force de voir le secret bancaire vidé de sa substance, au fil des attaques brutales, on pourrait en tirer la conclusion que l’évasion fiscale est en passe d’être vaincue, anéantie, réduite à zéro. Erreur: la bataille pour les fortunes soustraites au percepteur se poursuit de plus belle, les concurrents de la Suisse veulent gagner des parts de marché, de Singapour au Delaware en passant par Jersey, une guerre économique sans pitié bat son plein (lire le reportage de Matthieu Ruf en page 16).

Certes, la place financière helvétique abrite encore un tiers des fonds privés dits offshore. Mais ces sommes ne représentent qu’une fraction des montants non déclarés, cachés dans les paradis fiscaux sous contrôle américain et britannique. Un montant estimé à près de 11 500 milliards de dollars. Comme le démontre la journaliste Myret Zaki dans un livre récent, les ultrariches, contrairement aux fortunes plus modestes, conservent le privilège de contourner l’impôt, grâce à des dispositifs juridiques comme les trusts, infiniment plus complexes et plus opaques encore que le traditionnel secret bancaire. Plus onéreux aussi pour ceux qui les utilisent (les clients) comme pour ceux qui cherchent à les contrôler (les Etats).

Encore prospère, mais isolée, la Suisse reste LE bouc émissaire rêvé. Les grandes puissances, les Etats-Unis, l’Angleterre et la Chine, en tête, s’en servent pour esquiver toute discussion sur les places financières douteuses qui leur servent d’arrière-cours.

Alors, deux poids, deux mesures? «Nous visons aussi l’industrie financière anglo-saxonne et ses trusts», insiste le Monsieur Paradis fiscaux de l’OCDE, Pascal Saint-Amans (lire l’article d’Yves Steiner en page 19). Voilà pour les paroles. Mais jusqu’ici, dans la pratique, on n’a pas vu grandchose. Et il y a fort à parier que le G20, dont la Suisse est absente, ne fera pas de cette croisade contre ces juridictions une priorité.

Que faire? Il faut enfin rendre plus lisible la géopolitique des paradis fiscaux, exiger la transparence pour connaître enfin le montant des fortunes qui s’y cachent. La Suisse a fait ces derniers temps son lot de concessions. A Bâle, dans le cadre de la Banque des règlements internationaux (BRI), qui réunit les banques centrales, elle pourrait prendre l’initiative de créer un organe rassemblant quelques sages, indépendants des gouvernements, pour faire ce travail de mise à plat, un peu sur le modèle de la Commission Volcker suite à l’affaire des fonds en déshérence. Aux autres de bouger, maintenant. Le jeu de dupes a assez duré.

La géopolitique des paradis fiscaux mérite d’être rendue plus lisible.





Tags: edito, Alain Jeannet, paradis fiscaux, secret bancaire,

Partager: Partager sur Facebook Partager sur Delicious Ajouter aux favoris Google Ajouter aux favoris Yahoo! Partager sur Twitter Partager sur Yahoo Buzz Partager sur Myspace   Aller en haut de page Haut de page




Inscrivez-vous à notre newsletter afin de recevoir en primeur le sommaire de la semaine ainsi que nos offres spéciales.