LES FAITS
A peine Polanski était-il arrêté que le ministre français de la Culture a volé à son secours. «On ne traite pas ainsi un cinéaste de réputation internationale!» a-t-il imprudemment lancé. C’est la curée! Marine Le Pen attaque très violemment Mitterrand à propos de son livre La mauvaise vie (2005), qu’elle considère comme une «apologie de la pédophilie». Les «quadras du PS» (Hamon, Valls, Montebourg) lui emboîtent le pas. «Les chiens sont lâchés», laisse entendre le gouvernement, embêté, pour lequel critiquer le ministre, c’est faire le jeu du Front national. Entre socialistes, sarkozystes, défenseurs des droits de l’enfance, UMP libertaires, ennemis irréductibles du mitterrandisme, homophobes invétérés, fins lettrés qui font encore une différence entre faits et fiction, un débat extrêmement complexe fait rage.
LES COMMENTAIRES
Sous le titre «Affaire Mitterrand: et si on inculpait Léon Blum?» Bernard-Henri Lévy, dans Libération, fustige «l’alliance folle, profondément contre nature, suicidaire, des héritiers de Jaurès» et du FN. Dans les colonnes du même quotidien, Daniel Schneidermann stigmatise: «L’impudeur, l’indécence, l’obsession exclusive de la sincérité, qualités littéraires, deviennent insupportables quand elles s’imposent en politique. Et pas seulement chez Mitterrand, digne créature du sarkozysme, ce système d’importation de l’exhibitionnisme dans le champ politique». La presse étrangère se déchaîne: «Le ministre est pédophile, Sarkozy embarrassé.» (Il Giornale), «Le ministre payait pour du sexe avec les jeunes.» (Bild), «Fredo, comme on l’appelle, est victime d’un méchant retour de bâton.» (The Times).
À SUIVRE
Selon un sondage, 67% des Français sont contre la démission de Frédéric Mitterrand. Le soutien des gens de droite s’avère supérieur à celui des gens de gauche.
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