Chères lectrices, chers lecteurs,

Nous vous informons que le dernier numéro de L'Hebdo paraîtra exceptionnellement le vendredi 3 février 2017.

En vous remerciant de votre compréhension.

Texte plus petit Texte plus grand Imprimer cette page
Hebdo »

Les électrosensibles

Mis en ligne le 21.08.2014 à 05:52

MISE A TERRE Les personnes électrosensibles se munissent  de fils reliés à des piquets en acier pour tenter de décharger  les ondes électromagnétiques qu’elles captent.

MISE A TERRE Les personnes électrosensibles se munissent de fils reliés à des piquets en acier pour tenter de décharger les ondes électromagnétiques qu’elles captent.

BERNADETTE TOULOUMOND Les médecins ne s’expliquaient pas pourquoi l’ex-hôtesse de l’air voyait sa santé se dégrader, entre douleurs à la jambe, problèmes digestifs et intense fatigue. Un soir, le doute n’est plus permis: après s’être forcée à travailler plusieurs heures sur l’internet, elle est victime d’une crise de douleurs aiguës accompagnées d’acouphènes.

BERNADETTE TOULOUMOND Les médecins ne s’expliquaient pas pourquoi l’ex-hôtesse de l’air voyait sa santé se dégrader, entre douleurs à la jambe, problèmes digestifs et intense fatigue. Un soir, le doute n’est plus permis: après s’être forcée à travailler plusieurs heures sur l’internet, elle est victime d’une crise de douleurs aiguës accompagnées d’acouphènes.

SOUVESTRIERE Le hameau situé sur la commune de Boulc, dans la Drôme, pourrait devenir une terre d’accueil pour les électrohypersensibles. «Il suffirait de tourner légèrement les faisceaux d’une antenne pour que la zone devienne propre», selon l’association Une terre pour les EHS.

SOUVESTRIERE Le hameau situé sur la commune de Boulc, dans la Drôme, pourrait devenir une terre d’accueil pour les électrohypersensibles. «Il suffirait de tourner légèrement les faisceaux d’une antenne pour que la zone devienne propre», selon l’association Une terre pour les EHS.

CONTACT Emma s’est fait installer  une ligne téléphonique loin de son lieu  de vie pour ne pas se couper totalement  du monde ou pour contacter les secours.

CONTACT Emma s’est fait installer une ligne téléphonique loin de son lieu de vie pour ne pas se couper totalement du monde ou pour contacter les secours.

REFUGE En cherchant à fuir les ondes  et les champs électromagnétiques,  Emma a d’abord passé ses nuits dans des écuries pour échapper au wifi des voisins  qui ne voulaient pas l’éteindre. Elle  est ensuite partie sur le plateau de Retord sous une tente de camping, puis dans  une caravane, avant de rejoindre Boulc.

REFUGE En cherchant à fuir les ondes et les champs électromagnétiques, Emma a d’abord passé ses nuits dans des écuries pour échapper au wifi des voisins qui ne voulaient pas l’éteindre. Elle est ensuite partie sur le plateau de Retord sous une tente de camping, puis dans une caravane, avant de rejoindre Boulc.

ANNE CAUTAIN Elle est devenue l’une des plus célèbres personnes électrosensibles de France, après avoir occupé la grotte de Baumugnes. Elle cohabite avec Bernadette Touloumond et Anne-Marie Reiff.

ANNE CAUTAIN Elle est devenue l’une des plus célèbres personnes électrosensibles de France, après avoir occupé la grotte de Baumugnes. Elle cohabite avec Bernadette Touloumond et Anne-Marie Reiff.

STOP «Je suis électrosensible.  Pour notre santé,  pas de téléphone mobile, même éteint.»

STOP «Je suis électrosensible. Pour notre santé, pas de téléphone mobile, même éteint.»

EMMA HAGARD La jeune femme vit un calvaire depuis 2011. Elle a été déclarée électrohypersensible par l’équipe du professeur Belpomme. Depuis, elle fuit les ondes et les champs électromagnétiques causés par l’électricité. Elle a trouvé un peu de répit à Boulc, dans la Drôme…

EMMA HAGARD La jeune femme vit un calvaire depuis 2011. Elle a été déclarée électrohypersensible par l’équipe du professeur Belpomme. Depuis, elle fuit les ondes et les champs électromagnétiques causés par l’électricité. Elle a trouvé un peu de répit à Boulc, dans la Drôme…

… Comme un tiers des électrosensibles, Emma est en plus chimicosensible.  Ce qui l’oblige parfois à porter un masque pour se protéger.

… Comme un tiers des électrosensibles, Emma est en plus chimicosensible. Ce qui l’oblige parfois à porter un masque pour se protéger.

ANNE-MARIE, REIFF Cette ancienne enseignante de Tahiti a rejoint Bernadette Touloumond et Anne Cautain dans la grotte de Baumugnes il y a quatre ans. Aujourd’hui, les trois femmes vivent dans une ferme semi-enterrée, dont le lieu est tenu secret. Malheureusement, elles doivent quitter ce refuge durant l’été en raison de la réinstallation d’une ligne électrique pendant cette saison.

ANNE-MARIE, REIFF Cette ancienne enseignante de Tahiti a rejoint Bernadette Touloumond et Anne Cautain dans la grotte de Baumugnes il y a quatre ans. Aujourd’hui, les trois femmes vivent dans une ferme semi-enterrée, dont le lieu est tenu secret. Malheureusement, elles doivent quitter ce refuge durant l’été en raison de la réinstallation d’une ligne électrique pendant cette saison.

  1. Les électrosensibles

    MISE A TERRE Les personnes électrosensibles se munissent de fils reliés à des piquets en acier pour tenter de décharger les ondes électromagnétiques qu’elles captent. © Jean Revillard
  2. Les électrosensibles

    BERNADETTE TOULOUMOND Les médecins ne s’expliquaient pas pourquoi l’ex-hôtesse de l’air voyait sa santé se dégrader, entre douleurs à la jambe, problèmes digestifs et intense fatigue. Un soir, le doute n’est plus permis: après s’être forcée à travailler plusieurs heures sur l’internet, elle est victime d’une crise de douleurs aiguës accompagnées d’acouphènes. © Jean Revillard
  3. Les électrosensibles

    SOUVESTRIERE Le hameau situé sur la commune de Boulc, dans la Drôme, pourrait devenir une terre d’accueil pour les électrohypersensibles. «Il suffirait de tourner légèrement les faisceaux d’une antenne pour que la zone devienne propre», selon l’association Une terre pour les EHS. © Jean Revillard
  4. Les électrosensibles

    CONTACT Emma s’est fait installer une ligne téléphonique loin de son lieu de vie pour ne pas se couper totalement du monde ou pour contacter les secours. © Jean Revillard
  5. Les électrosensibles

    REFUGE En cherchant à fuir les ondes et les champs électromagnétiques, Emma a d’abord passé ses nuits dans des écuries pour échapper au wifi des voisins qui ne voulaient pas l’éteindre. Elle est ensuite partie sur le plateau de Retord sous une tente de camping, puis dans une caravane, avant de rejoindre Boulc. © Jean Revillard
  6. Les électrosensibles

    ANNE CAUTAIN Elle est devenue l’une des plus célèbres personnes électrosensibles de France, après avoir occupé la grotte de Baumugnes. Elle cohabite avec Bernadette Touloumond et Anne-Marie Reiff. © Jean Revillard
  7. Les électrosensibles

    STOP «Je suis électrosensible. Pour notre santé, pas de téléphone mobile, même éteint.» © Jean Revillard
  8. Les électrosensibles

    EMMA HAGARD La jeune femme vit un calvaire depuis 2011. Elle a été déclarée électrohypersensible par l’équipe du professeur Belpomme. Depuis, elle fuit les ondes et les champs électromagnétiques causés par l’électricité. Elle a trouvé un peu de répit à Boulc, dans la Drôme… © Jean Revillard
  9. Les électrosensibles

    … Comme un tiers des électrosensibles, Emma est en plus chimicosensible. Ce qui l’oblige parfois à porter un masque pour se protéger. © Jean Revillard
  10. Les électrosensibles

    ANNE-MARIE, REIFF Cette ancienne enseignante de Tahiti a rejoint Bernadette Touloumond et Anne Cautain dans la grotte de Baumugnes il y a quatre ans. Aujourd’hui, les trois femmes vivent dans une ferme semi-enterrée, dont le lieu est tenu secret. Malheureusement, elles doivent quitter ce refuge durant l’été en raison de la réinstallation d’une ligne électrique pendant cette saison. © Jean Revillard

Reportage. Le photographe de l’agence Rezo Jean Revillard a accompagné les malades des ondes électromagnétiques dans leurs «zones blanches», territoires sauvages de la Drôme et des Hautes-Alpes encore vierges...

Reportage. Le photographe de l’agence Rezo Jean Revillard a accompagné les malades des ondes électromagnétiques dans leurs «zones blanches», territoires sauvages de la Drôme et des Hautes-Alpes encore vierges d’antennes-relais, transformateurs ou wifi.

Le photographe genevois Jean Revillard doit, pour une fois, renoncer à l’appareillage électronique qui l’entoure habituellement lorsqu’il prend des portraits. Dans ces coins sauvages de la Drôme et des Hautes-Alpes françaises, ses sujets ne supportent pas les ondes électro­magnétiques, radiofréquences ou champs électriques. Ils sont «électrosensibles», terme vague qui désigne une grande intolérance aux réseaux de téléphonie mobile, antennes-relais, wifi, transformateurs, voire aux simples installations électriques. Pour ne pas développer les pathologies liées à leur hypersensibilité, comme maux de tête, fatigues extrêmes ou réactions cutanées, ces êtres-antennes se replient dans des «zones blanches». Des forêts, vallées ou montagnes vierges de champs électromagnétiques. Des sanctuaires de moins en moins nombreux en raison de la marche triomphante des technologies modernes de la communication.

Jean Revillard s’intéresse aux natures inhabitées qui recueillent les damnés de la terre. On se souvient de sa série sur les cabanes précaires des migrants dans les bois de Calais, reportage qui lui valut un prix World Press. Ou de ses portraits de prostituées africaines qui travaillent dans la forêt crasseuse de la région turinoise. Comme si la société repoussait là, sur ces territoires hostiles, les malheureux qui ne rentrent pas dans son cadre.

En observateur

Le cas douloureux des électrosensibles est un peu différent. Ils sont organisés et tentent de se défendre plutôt que de subir. Dans les Hautes-Alpes, comme chaque été, l’association Une terre pour les électro­hypersensibles organise à la fin d’août un rassemblement international dans les gorges du Riou-Froid. Zurich a ouvert, fin 2013, le premier immeuble antiallergène d’Europe, qui accueille notamment des électrosensibles. En Suisse comme ailleurs, les études scientifiques se multiplient pour en savoir davantage sur un phénomène qui manque encore de preuve expérimentale et reproductible. L’effet est là, touchant en moyenne 5% de la population. Quelle est la cause exactement? Les radio­fréquences sont-elles les seules à incriminer?

Jean Revillard se garde de prendre position. Il se contente d’observer ces intolérances, et surtout souffrances, qui rendent la vie normale presque impossible. Ces femmes et ces hommes blessés, qui se replient dans des huttes transformées en cages de Faraday, calfeutrent leurs caravanes avec des revêtements protecteurs, portent des masques. Ou des fils reliés à des piquets en acier pour tenter de décharger les ondes électromagnétiques.

Un jour, dans la zone blanche en dessous de Grenoble, Jean Revillard a oublié d’éteindre son téléphone portable. La personne électrosensible qui était en sa compagnie n’a pas réagi tout de suite. Au bout d’une à deux heures toutefois, l’agitation de la malade a commencé à croître. Au point que la situation est devenue ingérable. A l’évidence, le photographe avait en face de lui un radar ultrasensible qui ne supportait pas ce qu’il captait.

Rassemblement des EHS. Gorges du Riou-Froid.
Inscription: http://uneterrepourlesehs.blogspot.fr

L'Hebdo

Cette semaine
dans l'hebdo

ePAPER


Idées & débats

Réactions



Projecteurs

Le Forum des 100



Les rendez-vous du Forum



Nos Hors-séries

Voyages


Prix des lecteurs