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Les soirées des 1%

Mis en ligne le 04.12.2014 à 05:55

Clément Bürge

Portrait. Lee Abbamonte organise des fêtes pour les plus riches de la planète. Il emmène des stars et des banquiers de Wall Street faire des courses de tanks en Ukraine ou festoyer dans les manoirs de Pablo Escobar en Colombie.

Enterrer sa vie de garçon à Las Vegas relève du cliché. Mais, quand l’événement est organisé par Lee Abbamonte, l’ordinaire et le commun ne sont pas au rendez-vous. Embarqués à bord d’un jet privé, ses clients se retrouvent ainsi quelques heures plus tard dans la Sky Villa Suite du Palms Hotel, une chambre de 600 mètres carrés dotée de son propre fitness et d’une piscine avec vue plongeante sur Sin City. Un majordome reste à disposition des fêtards vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Coût d’un week-end dans cet espace particulier: 20 000 dollars. Et ce n’est pas fini.

Cet Américain de 35 ans, qui s’est spécialisé dans les fêtes déjantées pour stars ou banquiers de Wall Street, envoie ensuite les fêtards conduire des Ferrari non bridées qui peuvent atteindre les 300 km/h, tirer avec des mitraillettes dans le désert et faire du base jump à 300 mètres de hauteur depuis le toit d’un hôtel adjacent. Cerise sur le gâteau, les traders et autres starlettes montent ensuite à bord d’un avion de chasse F-16 pour un vol autour de la ville. Coût total de ce séjour électrique: au minimum 10 000 dollars par personne. Bienvenue dans le monde des 1%.

Lee Abbamonte ressemble à un bro, à l’un de ces jeunes Américains qui aiment le sport, la bière et la fête. Il porte ainsi un T-shirt noir de la marque Under Armour, des baskets Nike et une casquette des New York Yankees. «Je reviens d’une réunion avec un client», glisse-t-il en souriant. Ce grand brun à la mâchoire angulaire tient à la main un gigantesque gobelet de café Starbucks, qu’il ne semble jamais vouloir vraiment abandonner.

Originaire du Connecticut, il a commencé sa carrière dans la finance, à Wall Street, raconte-t-il assis sur un banc dans un parc de Manhattan. «Je travaillais dans une firme de consulting où je gagnais bien ma vie.» Puis, du jour au lendemain, son métier ne lui convient plus. «Comme les bureaux de ma firme étaient situés au sommet du World Trade Center, j’ai perdu beaucoup d’amis lors des attentats du 11 septembre. C’était dur. Je devais prendre l’air, de la distance.» Il décide alors de voyager durant plusieurs mois, revient un moment à Wall Street puis repart. L’homme fait peu à peu du voyage un métier. Il crée un blog, participe à des émissions télévisées. Et sa quête d’adrénaline s’intensifie au fil du temps. Il pratique le golf en Afghanistan, se joint à des courses de chameaux sur les plages kényanes, visite la Libye en pleine guerre civile. Périple après périple, il finit par faire le tour de la planète et devient le plus jeune Américain à avoir visité les 193 pays du globe.

Lance-flammes en Ukraine

Son job d’organisateur de soirées ne commence qu’en 2012, quand l’un de ses meilleurs amis lui demande d’orchestrer son enterrement de vie de garçon. Lee Abbamonte l’emmène à Kiev, en Ukraine. Des femmes aguichantes y font office de guide, «pas d’escorts», assure l’Américain, pour les jeunes hommes. «L’Ukraine, et les pays de l’Est en général, ont cela d’exceptionnel que l’on y trouve des merveilles issues de l’époque soviétique. On peut alors monter des courses de tanks, tirer avec des AK-47, s’amuser avec des lance-flammes.» Lee Abbamonte vante aussi le prix des bouteilles de vodka en boîte de nuit, «20 dollars, contre 500 à Las Vegas».

A son retour, il évoque ce séjour sur son blog et son récit fait instantanément le tour du web. Une foule de gens le contactent pour qu’il leur organise une soirée. Il a depuis créé de nouveaux itinéraires. Il emmène désormais ses clients à Prague jouer au paintball, à Cracovie assister à des combats de catch féminin où les participantes sont enduites d’huile, ou encore à Medellín, en Colombie, «pour faire la fête dans des manoirs de Pablo Escobar».

Sa prochaine idée: exploiter son expérience de voyageur pour organiser des lunes de miel exceptionnelles. «Vous êtes déjà allé à Bora Bora ou aux îles Cook? C’est à l’autre bout de la planète et c’est assez fantastique.»


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