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Contre-temps: Retour à la case horlogerie

Mis en ligne le 05.01.2017 à 05:58

Valère Gogniat

Etre descendant d’une lignée d’horlogers de la vallée de Joux n’y a rien fait; Pierre Dubois n’avait pas prévu de travailler dans cette industrie. Il a donc laissé ses deux frères reprendre la fabrique familiale de mouvements mécaniques (Dubois Dépraz) et s’est tourné, lui, vers l’enseignement. «J’ai tenu une année comme prof de sport avant de comprendre que ce n’était pas pour moi», explique-t-il. Pierre Dubois remise alors le sport dans la catégorie «hobby» et reprend des études à HEC Lausanne. Sa deuxième vie démarre chez UBS, d’abord à Genève, puis à Zurich.

Mais l’horlogerie le rattrapera finalement en 1990, quand on vient proposer à cet enfant de la Vallée la direction des finances d’Audemars Piguet. Il y fera quatorze ans et manquera de peu le poste de numéro un. Il décide alors de se lancer en indépendant et fonde Pierre DeRoche. Pourquoi pas «Pierre Dubois», en fait? «Pour éviter d’être trop directement lié à l’entreprise familiale», répond-il.

Fondée en 2004, Pierre DeRoche produit aujourd’hui entre 200 et 250 pièces par année pour des prix courant de 10 000 à 24 000 francs. L’entreprise est installée dans l’ancienne maison des grands-parents du patron, au cœur de la vallée de Joux. Pierre Dubois et son épouse Carole – élue municipale de la commune du Chenit depuis février dernier – sont les deux seuls employés; la marque ne travaille qu’avec des partenaires extérieurs.

Pour ses mouvements, par exemple, elle s’appuie sans surprise sur Dubois Dépraz, toujours pilotée par les deux frères de Pierre Dubois. «Attention, en termes financiers, je paie mes mouvements comme n’importe quel autre client.» Un client comme les autres, à quelques détails près. «Le fait que le chef du bureau technique soit mon cousin germain est un avantage. Quand je lui envoie un mail, je sais que j’aurai une réponse rapide…»

La structure hyperlégère de Pierre DeRoche lui permet d’affronter l’actuel coup de froid plutôt sereinement. Mais les affaires sont rudes. Un exemple: «Historiquement, on réalisait en Russie près de la moitié de notre chiffre d’affaires. En 2015, on y a gagné 160 francs. Et en 2016, plus rien du tout.» Pierre Dubois se fait philosophe. «Le point positif, c’est qu’il n’y a plus que des bonnes nouvelles qui peuvent arriver de là-bas…» 
 


TNT Royal Retro GMT

Si le garde-temps que porte Pierre Dubois n’est pas le dernier modèle en date, cependant, «c’est un super ambassadeur de ce que l’on sait faire», assure le patron, notamment dans son affichage des secondes. C’est justement la particularité de la collection TNT: la présence de plusieurs petites aiguilles indiquant chacune des tranches de dix secondes autour du cadran.

Dans ce modèle plutôt imposant (la boîte possède un diamètre de 47,5 mm), il y a vingt secondes «mystérieuses» à 6h, ce qui permet l’affichage d’un second fuseau horaire. Ce dernier est réglable à la demi-heure près. «Vous pouvez donc vous rendre en Inde, en Iran ou au Venezuela», énumère Pierre Dubois dans un sourire. Le mouvement est conçu par Dubois Dépraz sur une base ETA 2892. A 23 220 francs, c’est l’une des montres en acier titane les plus chères de la collection de Pierre DeRoche. 


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