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Dix essais pour aller voir derrière les apparences et comprendre le monde contemporain

Mis en ligne le 30.06.2016 à 05:58

Julien Burri

Interroger la norme et les poncifs. Ces mots pourraient être placés en exergue de notre sélection de dix essais marquants, parus ces derniers mois en langue française.

Nous y avons retenu La dictature de la transparence, de Mazarine Pingeot, qui décortique l’idéologie qui sous-tend l’injonction contemporaine à la transparence: tout voir, tout montrer, tout dévoiler. Oubliant que, à force de vouloir rendre l’information transparente, on pourrait bien aussi opacifier le savoir… Les neuf autres essais retenus sont autant de pas de côté et de remises en cause des clichés. Dominique Lestel se demande A quoi sert l’homme? (Ed. Fayard).

En dialogue avec un penseur chinois, il décloisonne notre héritage philosophique en invoquant l’animisme. La même pensée chinoise inspire le sinologue suisse Jean François Billeter dans Esquisses (Allia). Pour une vie civilisée dans un monde dominé par un capitalisme mortifère, il faut soigner le langage, car nous sommes «des êtres de langages».

Le psychiatre Serge Tisseron nous invite à préparer un monde plus humain, même s’il faudra compter avec les robots (Le jour où mon robot m’aimera, Albin Michel). Comment vivre si nous sommes en permanence surveillés par les machines, se demande-t-il. Et que devient l’homme responsable dans un monde qui anticipe ses désirs? D’autres défis se posent à l’humanité. En premier lieu, l’écologie. Les conditions de vie sur terre vont régresser, selon les dérèglements climatiques. Il est urgent de les penser, sans céder au business de la catastrophe, écrit le professeur genevois Romain Felli dans La grande adaptation (Seuil).

Il fallait aussi un livre pour nous aider à penser la question du terrorisme, auquel nos sociétés se trouvent brutalement confrontées. Nous avons été convaincus par la façon dont Jenny Raflik remet en contexte historique Terrorisme et mondialisation (Gallimard).

Dans un autre genre, trop rare aujourd’hui, celui de l’enquête journalistique de terrain, Camilla Panhard a partagé le quotidien des migrantes centraméricaines qui ont fui le Honduras, le Salvador ou le Guatemala pour gagner les Etats-Unis. Des femmes utilisées comme marchandise par les passeurs ou les cartels. No women’s land (Arènes) est un document exceptionnel. Le livre de la Genevoise Aline Helg semble lui répondre. L’historienne y revient sur l’émancipation dans Plus jamais esclaves! (Ed. La Découverte) et retrace les rébellions d’esclaves sur l’ensemble des Amériques, de 1492 à 1838.

Enfin, les librairies regorgent de guides de mieux-vivre. Nous ne voulions ignorer la tendance, mais avons sélectionné deux ouvrages qui ne cèdent rien à la facilité. Prendre soin de soi de Françoise Bonardel interroge cette mode contemporaine. Dérive narcissique ou réel processus de maturation? Elle aborde la question en philosophe aux Editions Almora. Et la théologienne Marion Muller-Colard dans Le complexe d’Elie (Labor et Fides) réussit à rapprocher engagement politique et spiritualité. Sous sa plume, l’amour devient un engagement social. 


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