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Droit à l’enfant: mais quelle mouche a piqué la Commission d’éthique?

Mis en ligne le 20.02.2014 à 05:58

Anna Lietti

Dans un rapport, le cénacle des sages pousse loin la logique de la liberté individuelle. Jusqu’à accepter le principe des mères porteuses. Et leur réalité? Une autre affaire.

Oui au don d’ovules, comme le demande une initiative en phase de traitement. Mais aussi: oui «de principe» à la procréation médicalement assistée (PMA) pour les personnes seules, les couples homosexuels, les femmes ménopausées. Et aux mères porteuses.

Dans un rapport décoiffant publié à la veille de la Saint-Valentin, la Commission nationale d’éthique pour la médecine humaine (CNE) prend position pour une libéralisation drastique de l’accès aux nouvelles techniques de procréation. La Suisse se distinguait jusqu’ici par une loi stricte. La ligne dessinée est celle du droit à l’enfant pour tous. «Nous avons tiré les conclusions logiques de ce qui est aujourd’hui admis en matière de liberté des personnes», résume Jean Martin, ex-médecin cantonal vaudois et membre de la commission jusqu’à fin 2013.

Les acteurs de la PMA en Suisse n’en demandaient pas tant. Ce qu’ils attendent surtout depuis longtemps, c’est un assouplissement de la loi en matière de congélation des embryons, pour permettre aux femmes traitées d’augmenter leurs chances d’accoucher en évitant les grossesses multiples. Sur ce sujet, comme sur celui du diagnostic préimplantatoire, Dorothea Wunder, qui dirige l’Unité de médecine de la reproduction du CHUV à Lausanne, applaudit la prise de position positive de la CNE.

Mais elle est aussi «très étonnée» de voir les experts de l’éthique aller loin sur des questions «nettement plus délicates» qui ne sont pas à l’ordre du jour dans la révision en cours de la Loi sur la procréation médicalement assistée (LPMA). Permettre à des femmes au-delà de 50 ans d’accéder à la PMA lui paraît particulièrement problématique: «Il y a beaucoup plus de complications maternelles et néonatales à un âge maternel élevé et, en plus, il y a en général des problèmes éthiques et sociaux, des cas récents l’ont confirmé. Nous avons une responsabilité vis-à-vis des enfants futurs.»

Le choc des éthiques. Que s’est-il passé? Et d’abord qu’est-ce que la CNE? Cette instance «consultative, indépendante et extraparlementaire» a été instaurée par le Conseil fédéral en 2001 pour guider les esprits face aux enjeux éthiques et sociaux posés par le progrès médical. Elle est présidée par Otfried Höffe, un professeur de philosophie allemand de l’université de Tübingen. «Il est spécialiste de Kant et d’Aristote, ironise en confidence une source proche du dossier, mais assez éloigné des réalités du terrain.»

Sur le terrain, l’explosion de la demande en procréation médicalement assistée a généré un vaste marché où le corps de femmes démunies sert à assouvir le désir d’enfants des plus riches. C’est un enjeu éthique majeur, constataient tout récemment les participants à un symposium genevois sur la marchandisation du corps humain (lire page suivante). Est-il défendable d’alimenter ce marché en augmentant ses clients potentiels?

«Notre intention n’est pas d’alimenter ce marché, se défend Otfried Höffe. Ce que nous avons voulu faire, c’est poser la question de principe. Le sujet de la procréation est très intime et très personnel. Est-il légitime, en démocratie, que l’Etat mette son veto absolu à telle ou telle pratique?»

La logique de liberté et la posture de principe ont donc prévalu sur la question du devenir des personnes impliquées. «Le principe de non-discrimination a opéré comme critère principal, admet Bertrand Kiefer, rédacteur en chef de la Revue médicale suisse. La réflexion est faible, parfois inexistante sur d’autres critères, comme celui du bien de l’enfant.»

L’enjeu politique. Bertrand Kiefer n’est pas le seul membre de la CNE mal à l’aise avec certaines de ses conclusions. Depuis la rédaction du rapport, huit membres de la commission sur seize, arrivés en fin de mandat, ont été remplacés. L’avenir dira si une même majorité ultralibérale se dégage du nouveau cénacle.

La suite? En principe, la révision de la loi sur la LPMA devrait suivre son chemin sans entrer en matière sur les mères porteuses ou autres sujets sensibles. Mais si le malaise s’installe, que la droite s’en empare, et fasse capoter l’ensemble de la révision? «Ce serait un gâchis», soupire Dorothea Wunder.

Voir, sur ce sujet, le dernier article du blog de Jacques Neirynck sur notre site www.hebdo.ch


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marianne hormis le ridicule de cette procréation assistée qui le plus souvent verra des enfants demander l'assistance sociale on voit bien qu'on a un gouvernement incapable de prendre position
D'un coté on entend faut tout faire pour rendre les enfants heureux et d'un autre on accepte n'importe quoi en leur nom ce qui démontre bien l'ambiguité régnante au sein d'une population comme celle des femmes ménopausée ou des homos femmes ou hommes
Car le plus souvent l'enfant n'aura que le rôle de béquille .On voit bien ce qu'il advient de la part de parents âgés qui jouent avec eux comme s'ils jouaient à la poupée .C'est sans doute des adolescents attardés ou alors des gens à qui vieillir fait très peur et oubliant par là même le bon vieux principe que la vieillesse elle ,frappe tout le monde et personne ne peut l'éviter puisque génétiquement elle commence dès 40 ans
la pré-mémopause elle ,commençant vers l'âge de trente six ans pour les femmes ayant été pubères dès leur huitième année d'âge
02.03.2014 - 09:28
marianne avec le recul on peut aussi imaginer qu'en ne faisant pas obstruction à cette invention digne de mister Hyde et docteur Jekill notre gouvernement préfère ou que les choses se tassent d'elles-mêmes ou alors préfère lâcher du lest en pensant quand les problèmes surgiront vraiment ce sera aux suivants d'assumer comme ce fut sans doute le cas pour les humains considérés comme non conformes à une certaine époque
Ou alors comme tout parent intelligent pense-t'il que ces gens qui ne sont pas encore sortis du pays des Peter Pan auront eux des problèmes qu'ils seront seuls à assumer et ce sans aucune aide sociale
Avoir un enfant c'est vouloir ne pas dormir des nuits entières ,changer les couches et accepter toutes les remises en questions nécessaires lesquelles sont pour tout enfant une vraie partie de plaisir quand il voit combien il est facile de manipuler le monde des adultes.C'est lors de ces périodes que tout parent ou lâche prise comme le gouvernement ou alors sera vu comme un empécheur de tourner en rond mais devenu parent à son tour, lui au moins saura éduquer ses enfants
02.03.2014 - 16:23

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