Chères lectrices, chers lecteurs,

Nous vous informons que le dernier numéro de L'Hebdo paraîtra exceptionnellement le vendredi 3 février 2017.

En vous remerciant de votre compréhension.

Texte plus petit Texte plus grand Imprimer cette page

Réfugiés: une parade au dépeuplement

Mis en ligne le 07.04.2016 à 05:57
ANTÓNIO COSTA Le premier ministre socialiste portugais a annoncé, lors d’un récent Conseil européen, que son pays était prêt à accueillir quelque 10 000 réfugiés. Soit plus de deux fois son quota.

ANTÓNIO COSTA Le premier ministre socialiste portugais a annoncé, lors d’un récent Conseil européen, que son pays était prêt à accueillir quelque 10 000 réfugiés. Soit plus de deux fois son quota.

© Thierry Charlier / AFP



Étienne Dubuis

L’afflux de centaines de milliers de réfugiés sur le sol européen ne doit pas être considéré seulement comme un problème pour les pays de destination. Dans un certain nombre de cas, il peut aussi représenter une solution. La chancelière Angela Merkel y a trouvé l’an dernier un remède possible au vieillissement de la population allemande… pour autant que le mouvement demeure sous contrôle. Le premier ministre portugais António Costa y voit aujourd’hui une bonne occasion de compenser quelque peu l’exode rural qui affecte certaines régions de son pays. Dans ce but, Lisbonne a offert d’accueillir 11 200 réfugiés, soit plus de deux fois le quota que lui a attribué Bruxelles.

Un modèle pour d’autres Etats d’Europe? De telles initiatives sont aussi vieilles que la «civilisation». Nombre de régions du monde ont été peuplées de manière volontariste, à coup d’avantages concédés par les autorités, distribution de terres, offre de logements bon marché ou garantie d’emplois. Les exemples abondent dans l’histoire du continent américain, pour ne citer que lui, de ces immigrés suisses envoyés par les autorités chiliennes sur les rives glacées du détroit de Magellan à la fin du XIXe siècle à ces réfugiés laotiens d’origine hmong installés en Guyane dans les années 70 par le gouvernement français. Alors, pourquoi pas des Syriens au centre du Portugal?

Un tel modèle n’est pas réplicable à souhait. «Les réfugiés qui débarquent actuellement en Europe rêvent pour la plupart de s’établir en ville, pas de s’installer dans un village retiré», souligne Etienne Piguet, professeur de géographie à l’Université de Neuchâtel. Un lieu de résidence à la campagne peut leur être imposé à leur arrivée mais pas pendant longtemps. Dans nos sociétés de libre circulation, les occasions ne leur manqueront pas de partir en ville, voire de changer de pays.

La politique d’António Costa n’est pas utopique pour autant. «Les requérants d’asile présentent divers profils, continue Etienne Piguet. Si beaucoup sont des citadins, d’autres sont des ruraux. Or, un paysan syrien sera moins dépaysé dans une campagne portugaise que dans une métropole allemande et pourra donc se montrer intéressé.» La proposition ne concerne qu’une minorité de réfugiés. Mais devant le défi migratoire actuel, toute solution, même de niche, mérite l’attention. 


Hebdo » Projecteurs


Ajouter un commentaire

Pour commenter les articles de L'Hebdo et des blogs, vous devez être connecté. Créez un compte ou identifiez-vous.
L'Hebdo

Cette semaine
dans l'hebdo

ePAPER


Idées & débats

Réactions



Projecteurs

Le Forum des 100



Les rendez-vous du Forum



Nos Hors-séries

Voyages


Prix des lecteurs