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Massive Attack. En demi-teinte.
De retour aux affaires après sept ans de silence, le groupe anglais ne fait pas la révolution. Et livre un album trop prudent pour convaincre.
L’attente fut longue, mais discrète. Sans drame ni excès, Massive Attack a mis sept ans pour sortir de son silence et offrir un successeur à 100th Window. Patiemment, le groupe de Bristol a assemblé les pièces nécessaires à son cinquième album, se rappelant périodiquement aux souvenirs de son public grâce à des concerts toujours fascinants, cherchant les voix – et les voies – pour donner un second souffle à sa formule trip-hop établie.
Las, le pari n’est qu’à moitié réussi. Malgré sa longue gestation et des invités parmi les plus en vue de l’époque, Heligoland ne convainc que rarement, incapable de reproduire l’effet dévastateur des sommets Blue Lines (1991) et Mezzanine (1998), coupable de bégaiements indignes d’un groupe jusqu’ici toujours tourné vers le futur. Ainsi, les titres chantés par le fidèle Horace Andy – présent sur tous les albums de Massive Attack – et la sensuelle Martina Topley-Bird – ex-égérie de Tricky – renvoient à la préhistoire du trip-hop, jouant de sonorités soul et dub à la mélancolie froide. Réconciliés après dix ans de séparation, 3D et Daddy G, les têtes pensantes du groupe, donnent l’impression de réapprendre leur alphabet, en quête d’une alchimie perdue.
Heureusement pour eux, ils sont aidés dans cette recherche par quelques nouveaux arrivants. Fidèle à ses marottes, Damon Albarn (Blur, Gorillaz) les emmène ainsi vers des atmosphères pop en suspension, pour trois titres aux bonheurs variés. Plus remuant, Tunde Adebimpe (TV on the Radio) leur ouvre quant à lui les portes d’un tribalisme au ralenti, hypnotique et entêtant à la fois, sur Pray for Rain, titre d’ouverture et plus belle réussite de l’album. Pour peu, on se prend à rêver de ce qu’aurait pu être un disque entier signé Adebimpe, Albarn et Massive Attack. Et on explore avec un peu plus de regrets encore ce Heligoland trop prudent pour convaincre, loin du récent retour en grâce de Portishead, autre grand groupe des années triphop.
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