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Heureux oiseau sans frontières

Mis en ligne le 20.11.1997 à 00:00

L'Hebdo; 1997-11-20

la parole aux lecteurs Heureux oiseau sans frontières Editorial et «Le chasseur se cache» - L'Hebdo No 46

J'aime beaucoup votre journal car je le trouve intellectuel et très intéressant. Toutefois, votre éditorial mérite une réflexion plus approfondie tant il est vrai qu'on ne peut comparer l'incomparable. Si les négociations m'empêchent de dormir et hantent mes nuits, je peux supposer que notre Conseil fédéral est compétent pour trouver une solution qui s'impose! A présent si Bruxelles veut faire la fine bouche, c'est une autre paire de manches. (...) Les négociations sont loin d'être finies pour la Suisse. L'Europe devient un vrai cauchemar.

Mais comment tirer des parallèles avec le gypaète barbu? (...) On peut simplement regretter que l'Europe s'entende mieux sur les problèmes liés à la nature que sur la politique elle-même. (...) Le gypaète, lui, ne connaît pas de frontières en Europe. Heureux oiseau...

Claude Magnin, Payerne Un village blessé

En tant qu'habitant de la commune d'Ayent, je me sens vraiment outré par le tissu de saloperies que vous déversez dans votre article. Vous avez le toupet de déclarer que le geste de M.B. a nui à la réputation de notre village, mais mon opinion est que ce serait plutôt le scandale fait par la presse qui nous nuit.

D'accord le geste à été inconsidéré, tout autant que le battage médiatique fait autour d'un stupide oiseau. Si il y avait eu mort d'homme je comprendrais, mais là...(...)

Sébastien Morard, Ayent

La laïcité... même en Valais «Mgr Brunner, faut-il parler du bouddhisme aux élèves?» - L'Hebdo No 45

Il est assez consternant d'entendre dire, par la bouche d'un évêque, que l'histoire des religions se limite à celle du christianisme et que les musulmans du Valais n'ont qu'à se faire au contexte chrétien dans lequel ils vivent en suivant dès l'école primaire un endoctrinement catholique. Sans parler de la vieille scie selon laquelle on ne saurait comprendre Picasso si l'on n'a pas fait son catéchisme...

Il faudra bien finir par admettre que l'école ne peut plus se cantonner - c'est bien le terme - à une seule culture et ne s'ouvrir que dans l'optique étroite d'un oecuménisme d'ailleurs bien malade. Si elle s'ouvre, l'école doit le faire à l'échelle de la planète.

C'est d'autant plus vrai qu'aujourd'hui, dans les sociétés démocratiques, chacun est libre de ses choix. N'en déplaise à Mgr Brunner, nous vivons dans une société multiculturelle, sécularisée, en pleine déchristianisation. Le Valais n'échappe évidemment pas au phénomène.

Mais en matière de religion, on continue à ne voir l'heure qu'à son clocher. Dans ce domaine, et les propos de Mgr Brunner en sont un symptôme, l'enseignement bute constamment contre des crispations, des dogmes archaïques et des conflits inexpiables qui ensanglantent encore le monde, et ne demandent qu'à prendre l'école comme nouveau terrain d'exercice.

Seule solution: évacuer la question religieuse de l'école, qui pourra ainsi consacrer quelques heures de plus à des enseignements plus utiles et moins conflictuels. Laisser à chaque communauté le choix de s'organiser à sa guise. A la condition que la liberté de chacun respecte la liberté de tous. Y compris celle des non-croyants qui ont l'insolence d'exister, bien qu'on parle si peu d'eux... Cette solution porte un nom: la laïcité.

Yves Scheller, Choulex-GE L'air de Paris est étouffant

Le sommet de la francophonie à Hanoï a de quoi surprendre quand on sait que le français n'est pratiquement plus ni enseigné ni parlé au Vietnam depuis des décennies. Ce sommet est à l'image des illusions que la France entretient depuis plus de cinquante ans, engluée dans son passé. Elle n'en finit pas de célébrer, de commémorer, de se souvenir et même de refaire l'histoire mais elle oublie de s'adapter, de se moderniser, de se réformer, en bref de vivre. Pour faire vivre la francophonie, il vaudrait mieux que la France regarde un peu moins son nombril.(...)

Dans le monde francophone, n'y aurait-il que des bonnes volontés sans inspiration, des novices malhabiles, des provinciaux mal dégrossis? Le talent ne se trouverait-il qu'à Paris? Ceux qui en France sont chargés de la diffusion de la culture font tout pour s'en convaincre en fermant la porte et la fenêtre à tout ce qui pourrait venir d'ailleurs, que cela soit de l'autre côté du Jura ou de l'autre côté de l'Atlantique; c'est peut-être pourquoi, ces temps derniers, Paris manque d'air et on finit par y étouffer!

Depuis vingt ans combien de films québécois, romands ou d'ailleurs ont eu l'honneur des écrans ou de la télévision française? Quels sont les prix littéraires décernés à des talents venus des autres contrées de la francophonie? (...)

La francophonie se meurt du parisianisme, et ce n'est pas en allant, en mal d'exotisme, se réunir sur les bord du fleuve Rouge qu'elle parviendra à survivre. Tout les centralismes sont toujours despotiques et décadents, mais ils sont tous appelés à s'effondrer. La francophonie a besoin de fédéralisme, mais c'est un mot qui fait peur à ceux qui craignent de perdre leur pouvoir. C'est donc à nous qu'il appartient, Français de province, Romands, Wallons, Québécois ou Africains de faire entendre notre différence et de faire circuler assez d'énergie entre nous pour être plus jeunes, plus joyeux, plus créatifs, et en fin de compte plus vivants.

Yves Ponroy, Montreux Génération avortée Le dossier: «Universités: génération sacrifiée» - L'Hebdo No 43

Fidèle lecteur, je tenais à féliciter vos collaborateurs Alain Rebetez et Marie Abbet pour le dossier. Par contre, c'est les lecteurs qui me déçoivent. J'attendais avec intérêt des réactions, commentaires de professeurs ou de chercheurs, voire même de responsables du FNRS. Mais rien. (...) Il est un fait que la «recher- che» en milieu académique devient tellement spécifique, que les spécialistes ne correspondent pas au besoin du marché. Pire encore, leur savoir-faire n'est pas reconnu, ne correspondant pas aux filières classiques de ce même marché. Par manque d'effort, d'écoute et de dialogue, des gens performants sont laissés au rancard. Faisant partie, non pas de la génération sacrifiée car plus jeune, j'ai souhaité quitter ce navire aux apparences de galère avant que ma barque ne coule. Par conséquent, pour moi: génération avortée! Diplômé en Biologie avec un doctorat interdisciplinaire en physique bio- médicale, formé sur des techniques inventées en Suisse et primées au Nobel (H. Rohrer, découverte du microscope à effet tunnel 1982/IBM, ZH), ma situation n'est pas plus enviable que celle des personnes décrites dans votre dossier.

Eric Droz, Genève




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