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Veuf et retraité, Emile va à la pêche et vit heureux. Quand il apprend que son vieux pote Edmond court encore la gueuse, quelque chose se rallume en lui. Le petit père fréquente Lucie et le tango ranime les feux de la passion. Par timidité, il s’enfuit juste avant de se déclarer et entame un road movie à 30 km/h à bord de sa petite auto orange. Il retrouve la maison de son enfance, squattée par de jeunes contestataires qui renvoient aux Babas cool de Leterrier... Emile s’y initie aux drogues douces et à l’amour libre. Dans sa tête, il a de nouveau 20 ans quand il quitte la communauté. A un carrefour départemental, la destinée lui a préparé une petite farce…
Pascal Rabaté adapte sa propre bande dessinée à l’écran. «La vie avait inspiré le livre, le film me faisait retourner à la vie», explique-t-il. Les petits ruisseaux s’avère extrêmement graphique. Dans le détail (un pot en forme de tête de léopard couronné par la chevelure verte du feuillage), dans les cadrages (l’auto orange semble glisser le long de l’échine d’un bœuf noir au premier plan). La dimension visuelle ne se fait jamais au détriment des personnages, toujours justes et attachants. Qu’ils peignent des femmes nues ou soustraient une rose à la tombe de l’épouse pour la déposer sur celle du copain défunt, le réalisateur leur témoigne une tendresse indéfectible.
Rabaté apprécie le doux-amer de la comédie italienne – Scola, Risi, Comencini... Son film évoque aussi, sans toutefois en atteindre la folie subversive et la rigueur plastique, le phénoménal Mammuth. La revanche de la France d’en bas, celle du vin en brique et des brèves de comptoir... ANTOINE DUPLAN
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