CONTRE-TEMPS
Horlogeries avec S
Dès dimanche, Genève pourra enfin prétendre au rang de capitale mondiale de l’horlogerie, dont ses autorités, un peu trop chauvines quelquefois, aiment à se revendiquer, oubliant souvent que Genève n’est pas le premier canton horloger du pays, même si plusieurs maisons iconiques y ont leur siège. Des halles de Palexpo aux suites des cinq-étoiles, des boutiques aux usines, quatre-vingts marques environ y tiendront donc salon, levant le voile sur leurs nouveautés 2012. Premier grand rendezvous de l’année (le deuxième s’ouvre le 8 mars à Bâle), ce marathon horloger durera sept jours et autant de nuits, à coups de soirées VIP, dîners de gala et peut-être, pour les plus courageux, de fins de nuit dans les clubs de la ville... Mais une chose est acquise, il démontrera que l’horlogerie suisse n’existe pas; employée au singulier s’entend. Plus que jamais en effet, le pluriel s’impose, tant la situation des marques est diverse et variée. Hors les montres qu’elles proposent, quel est en effet le point commun entre des petites maisons aptes (quand elles le peuvent) à en produire une petite dizaine par an et les grandes dont les volumes se chiffrent en milliers de pièces? Quels intérêts communs partagent celles qui ne font que se fournir auprès de soustraitants et celles qui produisent leurs composants à l’interne? Qu’ont en commun celles qui font partie de grands groupes internationaux et celles qui arborent le statut d’entreprise familiale? Quel rapport entre celles qui dépendent (désormais avec risques et dangers) de Swatch Group pour équiper leurs montres et celles qui possèdent leurs propres calibres? Plusieurs paragraphes ne suffiraient pas à lister toutes ces oppositions, qui démontrent pourtant qu’il vaut en effet mieux écrire les horlogeries suisses, et non plus l’horlogerie suisse.
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Tags: horlogerie, Jaeger-Lecoultre, Swatch Group, Palexpo,
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