L’or semble être devenu le refuge d’investisseurs inquiets des dettes publiques et incertains de la solidité de la reprise économique. Soucieux de constituer une réserve de valeur susceptible de résister à une tempête financière, ils se tournent vers la vieille relique barbare.
«IL N’Y A AUCUN SIGNE DE TARISSEMENT DE L’APPÉTIT DES INVESTISSEURS POUR L’OR.», Alan Plaugmann, Deputy Head of CFDs and Listed Products auprès de Saxo Bank
Alan Plaugmann, Deputy Head of CFDs and Listed Products auprès de Saxo Bank affirme – dans l’édition du 27 août du Commentaire hebdomadaire sur les matières premières – qu’il ne décèle, «à court terme, aucun signe de retournement de l’appétit des investisseurs». Ce qui «pourrait pousser le prix de l’or vers de nouveaux sommets».
De fait, la demande mondiale pour le métal doré semble solide, si l’on en croit le bulletin publié le 25 août par le World Gold Council. Cet organisme, qui fait référence pour le suivi du marché de l’or, affirme que «la demande restera robuste tout au long de l’année 2010».
Ce, «en raison d’une accélération de la croissance des achats en provenance d’Inde et de Chine». Dans ce dernier pays, la soif d’or semble très loin d’être étanchée et devrait se manifester pendant encore plusieurs années, y compris dans la joaillerie. Le World Gold Council note aussi une hausse de la demande des investisseurs (voir pages 70 et 71).
C’est peu dire que les épargnants constituent désormais l’un des principaux aliments de la flambée du prix de l’once, si ce n’est le premier... Alors que la demande mondiale d’or a augmenté de 31% en volume au 2e trimestre de cette année, par rapport à la même période de 2009, pour atteindre 1050 tonnes, la demande d’or à des fins d’investissement a fait un bond de 118% au cours de ce même 2e trimestre, pour atteindre 534,4 tonnes.
Soit plus de la moitié du total! Au sein de cet or investissement, les ETF sur l’or se sont montrés boulimiques avec des achats – en augmentation de 414% – de 291,3 tonnes.
Un retournement des prix serait brutal. «Jusqu’où l’or peut-il grimper?», se demandait déjà le banquier privé Pictet dans son Fund Mirror de juillet. En relevant qu’acheter de l’or est une décision sensée pour diversifier un portefeuille, conserver de la valeur et se protéger d’événements macroéconomiques imprévisibles.
Reste qu’acheter des lingots pour se protéger de l’inflation est peutêtre prématuré alors que les pays développés continuent de se battre contre la déflation. En outre, la demande d’or investissement ayant fortement augmenté ces dernières années et «la taille du marché de l’or étant relativement petite», les investisseurss’exposent «à un important risque de retournement de prix» si l’humeur des investisseurs changeait.
Acheter de l’or il y a trois ans, en début de crise, était une très bonne idée. Aujourd’hui, c’est moins évident. Ralf Wiedenmann, responsable de la recherche économique de la Banque Vontobel, écrit dans le Derinews d’août : «Nous sommes convaincus que le prix de l’or ne présente plus qu’un léger potentiel de hausse et qu’il ne poursuivra donc pas son envol.» GB
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