Les paresseux dans mon genre sont ravis de constater que le commentaire politique est un exercice qui gagne chaque jour en simplicité. L’affaire du fils Kadhafi? Mauvais pour l’image de la Suisse. L’arrestation de Roman Polanski? Un désastre pour l’image de la Suisse. L’initiative sur les minarets? Une catastrophe pour l’image de la Suisse… Je n’ai même plus besoin d’allumer ma télé pour savoir ce qui s’est dit au 19:30. Des hommes ou des femmes, de gauche ou de droite, jeunes ou vieux, prennent une mine déconfite et délivrent les paroles rituelles: «Je crains que tout cela ne soit pas très bon pour…»
Quoi qu’on pense de ces différents sujets, il est étonnant que le souci de notre discrédit international nous obsède à ce point. Comme si ce critère devait abolir tous les autres: le vrai et le faux, le juste et l’injuste, le tolérable et l’intolérable… C’est à croire qu’un publicitaire a pris ses quartiers dans la tête de nos politiques. Ils semblent ne plus concevoir la Suisse que comme une marque, ramenant ainsi tout débat au niveau des stratégies de marketing.
On aurait donc tort de se fatiguer: il ne sert à rien de discuter le fond des sujets si, au bout du compte, seule importe l’image que la Suisse projette à la surface du monde. Il suffit de savoir ce qui est bon pour cette image et ce qui ne l’est pas.
C’EST À CROIRE QU’UN PUBLICITAIRE A PRIS SES QUARTIERS DANS LA TÊTE DE NOS POLITIQUES.
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