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ImmoStreet piloté depuis l’Australie

Par Tiphaine Bühler - Mis en ligne le 09.04.2009 à 06:00

Défi. Gérard Paratte, le patron du premier site immobilier de Suisse romande, gère désormais son groupe depuis Sydney.

IMMOSTREET AUJOURD''HUI
En 1996, avec deux associés, Gérard Paratte crée Sésame.ch. C’est le premier portail immobilier en Suisse. Mais le marché n’est pas prêt. En 2002, après plusieurs péripéties, le Lausannois rachète les parts d’ImmoStreet Suisse avec d’autres actionnaires. Aujourd’hui, l’entreprise emploie 40 personnes entre Lausanne, Zurich et la Russie (développement informatique). ImmoStreet travaille avec 1200 agences dans toute la Suisse et comptabilise 1 million de visites par mois. Il est leader en Suisse romande en termes de notoriété et de clientèle et N° 2 au plan suisse. Ses concurrents sont Immoscout24 et Homegate. Enfin, ImmoStreet, c’est aussi un journal spécialisé, un logiciel de gestion et plus de 200 sites créés pour des agences immobilières clientes.
«Cronulla Beach»: c’est la nouvelle adresse de Gérard Paratte, l’homme qui a créé ImmoStreet voici dix ans. Une plage au sud de Sydney, réputée pour son passé sulfureux. De son salon, le Lausannois de 37 ans admire la discrète baie de Dolans. Un nid où lui, son épouse Belinda et leurs deux petites ont posé leurs valises en octobre dernier.

«C’est un projet que je voulais réaliser avant mes 40 ans. Cela s’est accéléré en juin. Je faisais des semaines de 80 heures. J’avais énormément de pression et ma fille Juliette souffrait d’allergies alimentaires. Ce n’était bon ni pour mon couple, ni pour mon boulot. Il fallait qu’on change de vie», observe le diplômé d’HEC qui dirige aujourd’hui 40 personnes entre Lausanne, Zurich et la Russie, où est basé le développement technique de la société.

Dans les bureaux vaudois, en décembre encore, la plupart des collaborateurs pensaient que le directeur était en vacances en Australie. Mais en janvier, lors de son retour à Lausanne pour trois semaines de travail intensif, Gérard Paratte a informé son équipe qu’il allait rester à Sydney. Du côté du personnel, la situation a été délicate. «Certains employés m’ont demandé si la boîte allait être rachetée. Ce n’est pas d’actualité. L’image “Australie” a également posé problème, sourit le chef d’entreprise. Que voulez-vous faire pour lutter contre les clichés. Je n’ai jamais travaillé à la plage, si c’est ce que les gens veulent savoir.»

Dans sa nouvelle vie, Gérard Paratte est tranquille. Il fait goûter une cerise à sa fille aînée, qui parle désormais plus anglais que français. Il s’évertue à rivaliser avec les Australiens en termes de barbecue. Avec Belinda, ils ont le sourire des gens qui ont osé l’aventure. Ils ont fait fi des réticences de la famille et des amis. «Je ne sais pas combien de temps nous resterons à Sydney. Mais même si nous rentrons dans trois mois, ce ne sera pas un échec. J’ai avancé dans beaucoup de projets et mes enfants sont heureux ici. J’ai préparé mon départ, engagé un directeur organisationnel qui s’occupe de faire la glue entre tous les pôles de compétences et je reviens en Suisse tous les trois mois pour assumer ce que je ne peux pas faire quotidiennement par téléconférence. S’il y a un problème grave, l’aéroport est à 30 minutes. Cela a toujours été le deal», précise le directeur. Gérard Paratte vibre pour son bébé lancé sur l’internet en 1996 sous le nom de «Sesame.ch». Il vit aujourd’hui le rêve australien, mais n’a aucune envie de devoir choisir entre l’un ou l’autre.
 
Projets à l’étranger. A 17000 km de la Suisse, le boss du portail immobilier ne se sent-il pas à l’écart? «Je travaille le matin et le soir avec la Suisse. C’est sûr que l’activité sociale du bureau n’est plus là, mais je m’organise. Je me suis, par exemple, inscrit dans une association d’entrepreneurs de Sydney», s’amuse le jeune patron. De quoi tâter le terrain pour une version australienne d’ImmoStreet? «J’ai des idées, mais ce ne serait pas la même chose qu’en Suisse. Il y a d’autres niches à prendre et un développement international en Australie ou ailleurs pourrait voir le jour. Nous ferons un bilan en fin d’année.»

La crise ne semble donc pas marquer le groupe. «2008 a été une mauvaise année, car nous avons raté la mise en service de notre nouvelle plateforme internet. C’est désormais de l’histoire ancienne. En revanche, la crise, tant qu’elle n’est pas catastrophique et que les agences immobilières ne partent pas en faillite, a même tendance à nous être favorable. Il y a davantage d’objets sur le marché et pour plus longtemps. De plus, l’internet est un support très bon marché par rapport au papier». Belles perspectives.

 

 




Tags: Immostreet, Australie, Immobilier,

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