ASAMOAH GYAN L’attaquant ghanéen (au centre), inconsolable après la défaite. Ivan Sekretarev / AP
Le stade éthique
Indéniable succès
Par Denis Müller - Mis en ligne le 07.07.2010 à 13:46
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Les responsables sud-africains ont tenu les délais et assuré la sécurité et les transports. Mais que va-t-il se passer ensuite?
UNE THÉRAPIE NATIONALE
Sur un petit terrain de rugby, dans les hauteurs de Hermanus, des enfants, noirs pour la plupart, terminent leurs exercices de football, encadrés par des moniteurs en majorité blancs. Un jeune couple m’a invité à cette «Soccer Clinic» organisée par une paroisse baptiste de Hout Bay. Tout le monde se réunit ensuite devant un théâtre de marionnettes pour un joyeux moment de chant, de méditation et de danses locales sur fond de paroles chrétiennes. Thérapie par le sport, ou guérison du virus footballistique?
Quelques jours plus tôt, passant devant un temple de l’Eglise re-réformée après avoir assisté à Brésil-Portugal sur la Fan Fest du Cap, nous recevons de deux dames des prospectus reformulant dans le langage du football le but de la vie, ainsi qu’une petite boîte décorée d’un Jabulani contenant des hosties ornées de citations bibliques; une carte nous donne le numéro d’appel d’une Helpline contre le trafic des êtres humains. Discrète évangélisation, certes, mais pas forcément en prise avec l’événement.
LA MAIN DU DIABLE
Ici aussi, la couverture médiatique du Mondial est intense et souvent d’excellente qualité. Rien n’y manque: analyses de l’impact financier et commercial de l’événement, portraits de stars (notamment Shaun Bartlett, naguère avant-centre des Bafana Bafana et du FC Zurich, aujourd’hui consultant TV), commentaires sportifs, Fan Fest et Fan Walk, enquêtes sur le marché noir et la corruption. La main de Luis Suarez, fatale aux Ghanéens, est même devenue la main du Diable!
Le Mail & Guardian du 2 juillet consacre ses deux éditoriaux à la seule Coupe du monde. Le premier félicite les responsables du pays de l’indéniable succès en cours. Poussés par la FIFA quand il le fallait, ils ont tenu les délais, construit des stades magnifiques, assuré la sécurité et les transports. Mais la question politique est bien là: pourquoi ce qui a été possible pour le Mondial ne le serait-il pas pour résoudre à plus long terme les graves problèmes du pays: le chômage, le sida, la pauvreté dans les townships, la criminalité? L’autre éditorial traite des rivalités au sein de la Fédération sud-africaine de football. En France ou au Nigeria, la politique s’est mêlée indûment du sport. L’hebdomadaire prend bien soin de distinguer les deux domaines, et d’appeler les cadres du football à leurs responsabilités précises.
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