LES FAITS
Le week-end passé à Bâle, au siège de la Banque des règlements internationaux, les surveillants de la finance mondiale se sont expliqués avec les dirigeants des grandes banques internationales. Au menu, les inquiétudes polies des premiers à l’égard des pratiques risquées des seconds sur les marchés. Ainsi, a déclaré l’Italien Mario Draghi, président du Conseil de stabilité financière (CSF), si la situation s’est «améliorée» sur les marchés en un an, elle reste «fragile». Retour des bulles, renforcement des exigences de fonds propres et encadrement des bonus, voilà encore d’autres sujets qui ont été évoqués lors de ces discrètes rencontres rhénanes.
LES COMMENTAIRES
«Les banques d’affaires se sont notamment remises à emprunter massivement à très court terme pour profiter des taux (...) bas tout en plaçant à plus long terme les fonds ainsi levés, afin de profiter du relèvement des rendements», écrit Le Temps. Sans vraiment y croire, Libération ironise sur ces surveillants de la finance mondiale «qui appellent les banque à la réserve». Trop tard? Le Financial Times ne le croit pas dans son éditorial qui précède la réunion de Bâle et encourage vivement les dirigeants des banques à «faire preuve de courage». Le même jour, vendredi 8 janvier, son confrère The Economist y croyait un peu moins. Et la prochaine bulle ne se trouve peut-être pas où le CSF regarde. Car des actifs ont déjà repris l’ascenseur, comme sur les marchés immobiliers, en Angleterre (+30%) ou en Espagne (+50%).
À SUIVRE
Ex-économiste en chef du Fonds monétaire international, Simon Johnson rendait il y a peu cet avis tranché. Avec le sauvetage de la finance par les Etats voici un an, plus rien ne va retenir les banques de finir à nouveau dans le mur.
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