Musique romande
Intermittence et nouveau lieu
Mis en ligne le 24.03.2010 à 15:09
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Le secteur du spectacle est en pleine expansion en Suisse. Mais doit se profiler pour l’avenir. Les deux principaux producteurs romands proposent leurs pistes.
MICHAEL DRIEBERG Fondateur et directeur de Live Music Production, le Genevois de 53 ans organise une centaine de concerts par année. Son entreprise basée à Nyon compte aujourd’hui 12 employés.
Si autrefois les producteurs de spectacles étaient un peu les saltimbanques du métier, ils se sont énormément professionnalisés ces dernières années. La manière dont je travaille aujourd’hui n’a plus rien à voir avec ce que j’ai connu à mes débuts. Mais dans le même temps, les milieux qui gèrent les subventions et la politique culturelle n’ont pas vraiment connu la même mutation.
On se retrouve ainsi face à une forme de saupoudrage au niveau des aides financières, qui aboutit à une multiplication des lieux et des événements subventionnés. De plus, les pouvoirs publics manquent encore trop de considération pour les acteurs des musiques actuelles. Mais dans le même temps, on observe peu de contestation. Alors qu’il faudrait s’unir pour tout remettre à plat.
Il convient ainsi de réfléchir aujourd’hui au bien-fondé d’un statut d’intermittent du spectacle en Suisse romande. Le système actuel empêche de se lancer véritablement dans les métiers du spectacle et pousse à fonctionner en dilettante. Une situation qui touche les artistes, mais également les nombreux métiers techniques liés aux musiques actuelles, des responsables son et lumière aux costumiers et autres décorateurs. Si je propose un mandat de quatre mois à un éclairagiste compétent qui travaille à l’année dans une entreprise d’électricité, il n’acceptera pas de quitter son poste et de se lancer, car le risque professionnel est trop grand. C’est pourquoi les producteurs de spectacles font fréquemment appel à des spécialistes qui viennent de l’étranger.
Avec un statut d’intermittence, on pourrait créer un vivier de gens compétents et disponibles, répondant aux besoins de l’industrie du live.
Entre les principaux producteurs romands et les différentes salles, cela peut représenter plusieurs centaines d’emplois. De plus, cela permettrait de donner une impulsion nouvelle à la créativité. Si un pays comme la France s’est imposé ces quinze dernières années avec des comédies musicales originales – de Notre-Dame de Paris à Mozart l’opéra rock – c’est aussi parce qu’il dispose d’un réservoir de créateurs. Des auteurs, des metteurs en scène, des costumiers ou encore des chorégraphes qui n’ont pas peur de quitter leur emploi, car ils savent que lorsque leur mandat prend fin, ils auront droit à des indemnités, définies par leur statut.
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