Interview d’Alexandre Zeller, CEO de HSBC Private Bank (Suisse)
| « Nous avons informé nos clients dès que nous avons eu connaissance de faits » L’affaire Falciani, du nom de l’informaticien ayant dérobé des données de clients au sein d’HSBC Private Bank (Suisse) à Genève, ne semble pas avoir pénalisé l’activité de cet établissement. Cette banque de droit suisse, qui réalise une grande part de la gestion de fortune du groupe HSBC, vient de publier un bénéfice net en hausse de 3% à 703 millions de francs, avec une progression des actifs sous gestion de 24% à 189 milliards de francs, dont 25 milliards apportés par l’intégration de la banque HSBC Guyerzeller. Elle a saisi l’occasion de sa conférence de presse annuelle pour annoncer que 24 000 de ses clients - dont 9000 ayant clôturé leur compte ces dernières années - sont susceptibles de figurer sur les fichiers informatiques aux mains du gouvernement français. Interview du CEO, Alexandre Zeller. HSBC Private Bank (Suisse) annonce des résultats en progression en 2009, malgré le vol de données. Comment l’expliquez-vous ? Par notre modèle d’affaires qui reste très solide. Il s’appuie sur une vaste diversification géographique, sans concentration particulière sur certains marchés. Ce modèle vise à tirer profit de la présence du groupe HSBC dans le monde: nous travaillons avec beaucoup d’entrepreneurs globaux qui tiennent à placer une partie de leurs fonds sous gestion en Suisse. Notre banque reste le plus fort centre de compétences du groupe HSBC en matière de services et produits pour le Private Banking. En 2009, l’apport d’argent frais venant de clients résidant en Asie et en Amérique latine a compensé les retraits de fonds de clients européens… Les apports de «net new money» en provenance des pays émergents ont été plus importants que les retraits effectués par des clients européens: l’Asie a apporté plus de 4 milliards de francs, l’Amérique latine un milliard et le Moyen Orient également un milliard. Reste que les retraits globaux de 3,5 milliards de francs des fonds de hedge funds et de 3,7 milliards des dépôts liquides ont conduit à des retraits nets de 4,1 milliards de francs. Vous avez annoncé que le fichier qui vous a été remis par le Procureur général de la Confédération le 3 mars vous a permis d’identifier 24 000 de vos clients, dont 9000 anciennes relations n’ayant plus de compte dans votre banque. Détenez-vous la totalité du fichier remis par la France à la Suisse? Le Ministère public de la Confédération nous a précisé qu’une très large part des données nous avait été remise. C’est ce qui nous a permis de prendre la décision d’informer les clients concernés. Nous n’attendons pas une grosse mauvaise nouvelle supplémentaire. Les données dont vous disposez permettent-elles d’identifier tous vos clients potentiellement touchés par la copie d’informations? Elles permettent de cerner le périmètre des clients concernés. Nous les avons informés. Dans la lettre adressée à ces clients vous indiquez que toutes les personnes ayant ouvert un compte en Suisse à HSBC Private Bank avant octobre 2006 sont probablement concernées par ce vol de données ; à l’exception des clients de la banque Guyerzeller, y compris ceux de longue date? Oui, il est hautement probable que des noms et des coordonnées de ces clients figurent parmi les informations volées. Ces personnes représentent environ quinze pourcent des 100 000 clients en Private Banking de l’ensemble du groupe HSBC. Et quelle proportion des clients actuels de HSBC Private Bank (Suisse) ? Nous ne communiquons pas cette information. Le procureur de Nice, Eric de Montgolfier, parlait de 130 000 noms… J’ignore comment il peut arriver à un tel chiffre. Le groupe HSBC compte 100 000 clients en Private Banking et ils ne sont pas tous clients de HSBC Private Bank (Suisse). Ce même procureur avait également affirmé détenir vingt noms de personnes potentiellement concernées par des activités de blanchiment. A ma connaissance, aucune demande d’enquête sur ce point n’a été déposée auprès de la Confédération, ni auprès de notre banque. La Suisse est un des pays dont les procédures d’identification en matière de blanchiment sont parmi les plus sévères: nous sommes prêts à coopérer à toute enquête qui serait diligentée; mais je m’étonne qu’après une année rien ne se soit passé…S’il y a un pays au monde où quelqu’un qui voudrait blanchir de l’argent ne devrait pas venir, c’est bien la Suisse. Ceci dit, s’il devait y avoir des soupçons, il conviendrait que nous en soyons informés pour pouvoir collaborer. Outre les clients présents chez HSBC Private Bank (Suisse) avant octobre 2006, d’autres personnes pourraient-elles être concernées par un dévoilement de leur identité ? Ce pourrait être le cas de certaines personnes ayant des liens avec ces comptes: tels que les ayants droits économiques, les titulaires d’une procuration, les administrateurs de sociétés ou les « trustees » d’un trust. Ces fichiers permettent-ils également d’identifier les relations bancaires des clients concernés; donc d’éventuels clients d’autres banques suisses? On ne peut pas identifier à quel titre le nom d’une personne est mentionné. Il pourrait y avoir dans cette liste des destinataires de courriers, des mandataires, des administrateurs de sociétés qui sont considérés comme titulaires d’un compte chez nous alors que ce n’est pas le cas. Mais il ne s’agit que de personnes ayant un lien avec le titulaire d’un compte; nous n’avons trouvé aucune information concernant des personnes étant en relation bancaire avec nos clients. La France a remis le 21 janvier à la Suisse une copie des fichiers saisis dans l’ordinateur d’Hervé Falciani. Vous-même n’en avez eu connaissance que le 3 mars. Comment expliquer un tel délai ? Le Ministère public de la Confédération a besoin de temps pour son enquête. Nous avions, bien sûr, demandé à avoir communication de ces données le plus rapidement possible. Plus d’un mois: c’était le temps nécessaire pour que les personnes responsables de l’enquête décryptent les fichiers ? Il convient de souligner que les données en question ne se présentent pas sous la forme d’une liste de clients à laquelle monsieur Falciani aurait eu accès et qu’il aurait dérobée. Il a volé un nombre important de fichiers informatiques; à partir desquels il doit essayer de décrypter, de recomposer, de reconstruire des listes. Cet employé a donc dû développer une forte énergie criminelle: d’abord pour charger ces fichiers sur son ordinateur personnel, ensuite pour reconstituer des programmes et essayer de mettre des informations bout à bout. Les fichiers que j’ai consultés sont du chinois pour quiconque n’est pas informaticien. Il faut vraiment être un expert en informatique pour essayer de les reconstruire. Donc des experts en informatique - les vôtres et ceux de la Confédération - travaillent depuis janvier sur ces fichiers; mais la France a eu une année complète, entre décembre 2008 et fin 2009, pour tenter de les décrypter avec l’aide d’Hervé Falciani … Il n’est donc pas exclu qu’elle ait plus de données actuellement que la Suisse ? La France a toujours affirmé qu’elle avait restitué la totalité des données présentes sur l’ordinateur d’Hervé Falciani, mais nous ne savons pas à quel stade de décryptage des fichiers informatiques saisis. Vous avez affirmé en décembre que le vol de données concernait sept de vos clients. Pourquoi ne pas avoir simplement dit que vous ne saviez pas combien de personnes étaient potentiellement touchées ? Nous avions vu une liste de sept clients qui nous avait été montrée par le Ministère public de la Confédération. Ces sept là ont été immédiatement prévenus. La banque a la responsabilité d’informer ses clients de ce qu’elle sait. C’est vrai qu’aujourd’hui certains clients nous disent qu’il y avait des rumeurs déjà à ce moment-là. Nous avons toujours demandé que la France nous restitue le plus rapidement possible les éléments en sa possession; mais nous ne pouvions pas communiquer sans savoir s’il y avait eu un vol et quelle était son ampleur. Or, nous ne disposons de ces informations que depuis le 3 mars. Comme l’Association suisse des banquiers, qui a pris position sur cette affaire, nous regrettons fortement que la France ait mis tant de temps à restituer les données à la Suisse. Nous n’avions aucun élément concret auparavant sur lequel se baser pour savoir quels clients informer. Vous ne saviez pas quels clients informer, mais vous avez globalement rassuré votre clientèle en décembre; alors que dès 2008 la Confédération vous avez informé des tentatives de ventes de fichiers à des banques et pays étrangers par un de vos employés…. Notre communiqué de presse à ce moment-là précisait bien «à la connaissance de la banque», avant de mentionner le nombre de sept clients. Pendant tout le mois de décembre nous avons demandé que la France montre ce qu’elle avait. En 2008, nous avions été informés qu’une personne était soupçonnée chez nous de tenter de vendre des données à l’étranger. Nous ne connaissions pas son nom dans un premier temps. Hervé Falciani n’a été entendu par une procureure de la Confédération qu’en décembre 2008. Vous estimez que la copie des données a été effectuée fin 2006 et début 2007. En 2008 et 2009, votre banque n’avait-elle pas les moyens de repérer par elle-même à l’interne si des données avaient été dérobées et lesquelles ? Si nous avions eu des traces à l’interne de ce qui avait été volé, nous aurions bien sûr informé nos clients plus tôt. Jusqu’à décembre 2008 nous ne savions pas que l’employé soupçonné chez nous était Hervé Falciani. Or, notre banque emploie environ trois cents informaticiens. Dès le moment où nous l’avons su, nous avons pu resserrer les recherches sur le contenu de son travail. Ce spécialiste de la gestion de bases de données travaillait à une migration de données de clients qui avait pour objectif de garantir une meilleure sécurité informatique. Cet informaticien était employé depuis huit ans par HSBC et nous avions confiance en lui. Aujourd’hui, nous savons qu’il a copié des fichiers informatiques. Combien d’informaticiens avaient accès à ces données sensibles ? Une toute petite proportion. Hervé Falciani affirme que lorsqu’il était employé chez vous on pouvait avoir accès aux données de clients ayant des comptes en Suisse depuis l’Inde, la Chine et l’Irlande. Pouvez-vous le confirmer ? Comme toutes les grandes banques, nous utilisons des informaticiens qui développent des programmes à l’étranger; mais aujourd’hui aucune de ces personnes ne peut avoir accès à des données de clients en Suisse. Ce qui s’est passé il y a trois ans et demi fera l’objet d’investigations. HSBC a des opérations en Chine et en Inde, mais pas en Irlande. Vous êtes CEO d’HSBC Private Bank (Suisse) depuis octobre 2008. Avez-vous été informé du vol de données avant votre prise de fonction ? Bien entendu que non. La seule information dont disposait la banque à ce moment-là était que la Confédération soupçonnait un employé d’avoir cherché à vendre des données à l’étranger. La personne qui nous a été indiquée à l’époque, et que la banque a surveillée, n’était pas la bonne… Début février, le Tribunal de Grande Instance de Vaduz a estimé que la LGT Bank, à laquelle un fichier de clients avait été volé en 2006, devait indemniser un client allemand du montant de l’amende fiscale dont il avait écopé dans son pays; au motif qu’il n’avait pas été averti assez tôt du vol de données pour s’annoncer spontanément auprès des autorités fiscales allemandes. Une telle plainte serait-elle recevable en droit suisse ? Je ne peux pas me prononcer sur ce que déciderait la justice ici. Notre première priorité a été d’informer les clients dès que nous avons eu connaissance de faits. Et c’est ce que nous avons fait, huit jours après avoir reçu les données transmises par le Procureur général de la Confédération. Fin décembre, nombre de vos clients se sont inquiétés. Que leur avez-vous dit ? Nous avons reçu une centaine d’appels: ce qui est relativement peu sur quelques dizaines de milliers de clients. Nous avons indiqué à ces personnes que nous avions en notre possession une liste de sept noms de clients qui avait été volée - d’ailleurs incomplète et inexacte -, que nous avions averti les clients concernés et que nous demandions à la France de nous restituer le plus rapidement possible l’ensemble des données dérobées. Nous avons déposé une plainte contre Monsieur Falciani, elle a été instruite et est toujours valable. Si Hervé Falciani sort de France, nous partons du principe qu’il sera arrêté et extradé pour être jugé en Suisse. Il serait important qu’il puisse être jugé parce que nous avons affaire à un crime présumé grave qui met en danger les informations et la sphère privée de nombreux clients. En France, il est protégé ? C’est ce qui a été affirmé. La France a indiqué qu’elle n’excluait pas de transmettre les données en sa possession à d’autres pays qui en feraient le demande ; mais qu’elle en informerait alors la Suisse. Et la Confédération a précisé qu’elle n’accorderait pas l’entraide administrative sur la base de données volées. Reste donc à savoir si les fichiers dérobés permettent d’avoir le nom d’un client, son numéro de compte et les montants déposés avant octobre 2006 ; ce qui rendrait inutile l’entraide administrative… On ne peut pas préciser quelle information est disponible pour chaque client potentiellement concerné, car les fichiers sont tellement complexes que j’imagine qu’on peut en tirer certaines informations. Ce qui est extrêmement gênant pour un client, c’est d’avoir son nom sur une liste sans savoir à quel titre, et d’être éventuellement soumis à des questions des autorités fiscales de son pays auxquelles il va falloir répondre. Que conseillez-vous à vos clients ayant ouvert un compte chez vous avant octobre 2006 ? Chaque personne a toujours été responsable de sa situation patrimoniale et fiscale et tout client qui voit l’évolution en cours va sans doute consulter des conseillers externes. Ceci étant dit, ce sera à ces conseillers externes d’apprécier la validité des documents qui seraient présentés par des autorités fiscales. Quel est l’objet de l’enquête de la FINMA sur votre banque ? A notre connaissance, elle va porter sur les circonstances dans lesquelles ce vol a pu avoir lieu et les mesures qui ont été prises entretemps pour qu’une telle chose ne se reproduise pas. Avec le renforcement de votre sécurité informatique, un tel vol serait-il aujourd’hui impossible ? Nous avons toujours dit que la banque privée reste un domaine où le dernier maillon sécuritaire est l’être humain. Chaque employé d’une banque privée a accès à des noms de clients: cela peut être des dizaines ou des centaines, selon sa position. C’est pour cette raison que la transmission de données à l’extérieur est un délit pénal punissable et il est important que cela reste ainsi. Quelle que soit la sophistication des systèmes informatiques, il y a donc un certain nombre de gens auxquels il faut faire confiance ? Un gestionnaire a accès au nom de chacun de ses clients. Un chef de team a accès à toute la base clients de ses gestionnaires. Ce modèle a toujours fonctionné: l’immense majorité des gens sont honnêtes et ne veulent pas commettre un délit d’une telle gravité. Ceci n’empêche pas que la banque doit prendre des mesures informatiques fortes pour séparer les données et mettre les informations sensibles derrière des pare-feux. La Suisse a accepté il y a un an l’article 26 de la convention cadre de l’OCDE et va donc, dans le cadre des conventions de double imposition récemment renégociées, accorder l’entraide administrative en cas d’évasion fiscale de la part de clients étrangers. Quelle serait à vos yeux la meilleure solution de long terme pour la place financière suisse? Je ne vais pas m’exprimer en général pour la place financière suisse. Ce qui est essentiel pour nos clients, c’est de pouvoir compter sur un cadre juridique stable. La force de la Suisse par rapport à d’autres pays est que quand les clients venaient chez nous ils pouvaient compter sur un cadre juridique pérenne. Quelle que soit la solution que la Suisse doit trouver, qui l’engage et à laquelle elle va adhérer, il faut que le cadre soit stable. En tant que banque, nous nous y adapterons. Dans le cadre de l’affaire Falciani, il semble que l’on postule que tous les clients des banques suisses sont des évadés fiscaux. Chez nous, ce postulat est extrêmement loin d’être juste. Nous avons un modèle diversifié, mondial. Un de nos marchés principaux est le Moyen orient où il n’y a pas de problèmes fiscaux. En Amérique latine et en Asie, nos clients sont essentiellement des entrepreneurs en règle avec le fisc de leur pays, mais ces personnes restent attachées à la protection de leur sphère privée. C’est vrai qu’il reste un historique avec certains pays limitrophes : leurs ressortissants parmi nos clients doivent réfléchir en fonction de leur situation personnelle. Mais pour le modèle d’affaires de HSBC Private Bank en Suisse, l’atteinte à la sphère privée nous touche plus que la problématique fiscale. Si à terme, d’une manière ou d’une autre, tout l’argent déposé par des clients européens en Suisse devait être déclaré. Combien estimez-vous que vous perdriez de fonds sous gestion ? C’est impossible à évaluer. Chaque client est responsable de sa situation fiscale. Nous avons constaté, dans le cadre de la récente amnistie fiscale italienne, que sur la moitié des clients ayant choisi de profiter de cette amnistie, la moitié des fonds avait été retirée, mais l’autre est restée en gestion dans notre banque après avoir été déclarée aux autorités fiscales italiennes. Ces prochaines années, nous prévoyons une croissance plus forte dans les marchés émergents que dans les marchés européens; encore que nos activités en Europe centrale se développent bien. Je répète que ce qui est fondamental, c’est de disposer d’un cadre juridique stable. J’ai confiance dans la capacité de la gestion de fortune suisse à s’adapter. Y compris à l’échange automatique d’informations ? Ce serait contraire à toute notre tradition de protection de la sphère privée. Dans une société où tout devient surveillé, transparent, digital ; nous avons une vraie place à défendre dans la protection de la sphère privée, sans être pour autant réceptifs à l’évasion fiscale. Vous aviez évoqué la possibilité - pour des clients européens souhaitant régulariser leur situation fiscale - de s’installer en Suisse. Certains de vos clients ont-ils fait ce choix ? Oui, un nombre significatif d’entre eux s’est domicilié en Suisse ; mais pas uniquement pour des raisons fiscales. D’autres éléments, telles que la cessation de l’activité professionnelle d’un entrepreneur ou la planification d’une succession, ont aussi pu entrer en ligne de compte dans ce choix effectué par des personnes aisées. Le client qui souhaite se mettre en règle sur le plan fiscal a trois options : assumer, régulariser ou se délocaliser. Chaque client doit se déterminer selon sa propre situation. HSBC est très présent en Asie. Le CEO du groupe s’est même installé dans la région. A terme, l’Asie va-t-elle concurrencer la Suisse pour le Private Banking ? Le groupe souhaite clairement se développer plus fortement dans les marchés émergents pour tous ces domaines d’activités. L’Asie se développe bien, mais aussi l’Amérique latine. Nos deux pôles de compétences dans le Private Banking sont la Suisse et l’Asie et, pour l’heure, nombre de clients asiatiques sont clients de HSBC Private Bank (Suisse) qui a des succursales à Singapour et à Hong Kong. Notre spécificité est d’ailleurs de combiner le savoir faire de la banque suisse avec la présence globale du groupe. A terme, des complémentarités vont se développer dans le Private Banking: un important client asiatique voudra sans doute avoir une partie de sa fortune gérée sur place en Asie et une autre partie en Suisse pour des raisons de diversification du risque politique. Avez-vous été surpris le 3 mars en découvrant le nombre de vos clients concernés par le vol de données ? J’ai été déçu qu’un employé puisse déployer une telle énergie pour voler des fichiers à la banque qui l’employait depuis plusieurs années et avait toujours été correcte avec lui. Nous avons 2000 employés ici, très engagés. Nous l’avons encore constaté dans cet exercice de crise : 500 collaborateurs ont été informés un jour avant la presse et rien n’a filtré.
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