Isabel Rochat, brillamment élue en novembre dernier au Conseil d’Etat genevois, a forgé son expérience politique à l’exécutif de la commune de Thônex (14 000 habitants), où elle a siégé depuis 2003. Reconnue pour ses qualités de négociatrice, notamment sur le dossier des Communaux d’Ambilly, femme de médecin et fille d’une bonne famille genevoise, elle se qualifie de libérale humaniste. «Je ne suis ni idéologue, ni dogmatique, mais pragmatique. J’écoute d’abord ce que les gens du terrain ont à dire, puis je prends une décision. Je privilégie le dialogue et considère le conflit comme le moyen le moins efficace pour faire avancer les choses. C’est la stratégie que je compte appliquer à la Police.» Elle nie avoir accepté la direction de la Sécurité sous contrainte. «C’était mon deuxième choix, mais je suis honorée de me voir confier la plus importante mission de l’Etat.» Tolérance zéro pour la petite délinquance et augmentation de l’effectif policier sont ses priorités. «Le défi est grand, mais je n’ai pas peur. Je crois que nous nous trouvons à un tournant et que les élus, tout comme les citoyens, souhaitent se donner les moyens d’avoir une police visible et efficace.»
SES APPUIS
SA FAMILLE Le mari d’Isabel Rochat, Charles-Henry Rochat, est un chirurgien urologue qui partage son activité entre la médecine de pointe et la médecine humanitaire. Ensemble ils ont eu deux filles et un garçon qui ont respectivement 15, 20 et 21 ans. «J’ai de la chance d’avoir une famille soudée, qui me soutient énormément. Je ne me serais jamais engagée en politique sans leur accord.»
LA MONTAGNE Isabel Rochat adore le Valais et aime s’y ressourcer. «Je pratique la peau de phoque depuis longtemps. L’effort d’endurance et l’environnement montagnard me permettent de prendre du recul sur les choses.»
SES AMIS DE JEUNESSE
STEVE BERNARD Le directeur de Genève Place financière et Isabel Rochat se sont connus à la fin des années 70, lors de leurs études à l’Institut des hautes études internationales. «Une longue amitié nous lie, confie Steve Bernard. Isabel possède des qualités de cœur et une grande intelligence.»
BRIGITTE GUINAND Complices de toujours, Isabel Rochat et Brigitte Guinand, archéologue genevoise, se connaissent depuis l’école primaire. «Nos enfants ont le même âge et je suis marraine de la benjamine d’Isabel, raconte Brigitte Guinand. Malgré ses occupations politiques très prenantes, elle reste une amie attentionnée.»
SES ALLIÉS
BLAISE MATTHEY «Le directeur de la Fédération des entreprises romandes représente les milieux économiques et c’est un relais de terrain très important pour moi», considère Isabel Rochat. De son côté, Blaise Matthey compte évidemment sur la conseillère d’Etat pour promouvoir ses idées.
JAQUES VERNET L’ancien conseiller d’Etat genevois a soutenu Isabel Rochat dans sa campagne. «Isabel Rochat est proche des gens et très compétente. Je trouvais logique de l’aider dans sa campagne et de partager mon expérience avec elle.» Pour Isabel Rochat, Jaques Vernet représente aussi un mentor: «Il incarne cet engagement de terrain qui m’a donné envie de faire de la politique.»
RAYMOND LORETAN L’ex-ambassadeur et actuel député à l’Assemblée constituante genevoise a sensibilisé Isabel Rochat aux questions de sécurité: «Il habite aux Pâquis et m’a permis de mieux appréhender les problèmes de ce quartier.» Ce à quoi Raymond Loretan répond: «Isabel Rochat est non seulement venue me voir aux Pâquis, mais elle a pris le temps de rencontrer la population et les commerçants. J’apprécie son approche.»
SES MODÈLES
JACQUES-SIMON EGGLY Le chroniqueur du Temps et ancien conseiller national a toujours fait partie de l’environnement d’Isabel Rochat. «Je l’admire pour ses valeurs libérales et ses idées humanistes», explique celle qui est aussi la nièce de la première femme du père de Jacques-Simon Eggly.
MONIQUE BAUER-LAGIER Cette ancienne parlementaire fédérale, décédée en 2006, représente un modèle pour Isabel Rochat. Pas pour son combat féministe car «je ne suis pas dogmatique et pour moi l’égalité va de soi», mais parce qu’elle a été «la première à faire prendre conscience aux libéraux de l’importance des enjeux environnementaux».
LE CERCLE LIBÉRAL-RADICAL
MICHEL HALPÉRIN Le président du Parti libéral genevois a beaucoup apprécié que sa collègue accepte le mandat de la Sécurité: «J’aime son attitude combative dans le style: “S’il faut que quelqu’un y aille, j’y vais, même si ce n’est pas facile”. Isabel est discrète, mais efficace et tenace. Elle sait s’imposer avec élégance et je pense qu’elle va pouvoir bien mener son département.»
JACQUELINE DE QUATTRO Les deux conseillères d’Etat se retrouvent à la tête du même département dans des cantons voisins. «Je salue le courage et la détermination de ma collègue et me réjouis qu’elle ait accepté de reprendre le département de la sécurité, confie Jacqueline de Quattro. J’ai la volonté de collaborer étroitement avec elle sur les nombreux dossiers qui préoccupent nos deux cantons.»
DAMIEN COTTIER Isabel Rochat apprécie particulièrement le jeune conseiller personnel de Didier Burkhalter. «Il est talentueux et sérieux. Il incarne la relève du Parti libéral-radical. Il m’a beaucoup soutenue dans ma campagne et il est mon relais à Berne.»
SES ÉPINES
OLIVIER JORNOT Le député libéral se montre bien entendu heureux de la victoire de l’Entente en novembre dernier. Mais il n’oublie pas que le parti a exclu sa candidature au profit de celle d’Isabel Rochat dans la course au Conseil d’Etat. «J’ai surtout été vexé par le fait qu’on m’a présenté comme l’homme des dossiers et Isabel comme la femme de terrain. C’est très réducteur.» Philosophe, il ajoute: «Cela fait partie des couleuvres qu’il faut savoir avaler en politique… Je suis le spécialiste des dossiers sécurité, alors avec Isabel nous collaborons maintenant de façon fructueuse.»
ANNE MAHRER En décembre dernier, la présidente des Verts genevois a exprimé haut et fort son mécontentement suite au découpage et à l’attribution des départements aux conseillers d’Etat. «Les candidats sortants de l’Entente se sont dégonflés, ils ont attribué la Sécurité à une candidate sans expérience», fulmine-t-elle. L’autre pilule amère a été l’attribution de l’Environnement à Isabel Rochat, alors qu’il faisait auparavant partie du Département de l’intérieur, récupéré par l’écologiste Michèle Künzler. «Comme si Isabel Rochat n’avait pas assez à faire avec la Sécurité! Et les enjeux de l’Environnement pour cette législature sont évidemment immenses.»
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