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Israël, il faut une grande coalition.

Mis en ligne le 19.02.2009 à 06:00

Alors que l’issue des élections législatives en Israël demeurait incertaine, l’éditorialiste estimait, dimanche, que seule une large alliance permettra de sortir de l’impasse.

Ce week-end, on a vu le télescopage de trois gros titres intéressants, note l’éditorialiste Amir Oren: les élections à la Knesset sont dans l’impasse; le monde du renseignement américain prévoit une épreuve de force nucléaire entre Israël et l’Iran; Ehud Olmert a été entendu pour la 14e fois par la justice comme premier ministre.

En résumé, écrit l’auteur, «la production croissante de glandes égotiques» provoque l’érection d’une double entrave à la formation d’un gouvernement stable; la formation «d’un gouvernement qui offre une vision du monde pragmatique, qui soit une chance pour les intérêts israéliens dans cette période dangereuse».

Pour rappel, les résultats définitifs des élections en Israël, publiés jeudi passé après dépouillement du vote des mili-taires et des prisonniers, n’a pas modifié le rapport de force: Kadima, emmené par Tzipi Livni recueille 28 sièges et le Likoud de Benyamin Nétanyahou, 27 sièges. Les autres sièges de la Knesset se répartissent entre dix formations dont celle d’Ehud Barak, avec 13 sièges, le plus mauvais score du Parti travailliste.

Face à ce scrutin très serré, les deux premiers, Livni et Nétanyahou, se chamaillent pour obtenir du président Shimon Peres le poste de premier ministre. Mais celui-ci ne l’attribuera qu’après avoir consulté les dirigeants des partis d’ici au 18 février. Puis, Peres aura sept jours pour désigner la personnalité la mieux à même, selon lui, de former un gouvernement dans un délai de six semaines.

«Il serait dans l’intérêt de Tzipi Livni qu’Olmert prenne des vacances loin de son bureau de premier ministre», estime Amir Oren, selon qui l’actuel premier ministre aurait dû faire cela depuis des mois pour préparer sa démission. Car «le succès de Livni dans ce scrutin montre que, si on lui avait donné la chance de devenir premier ministre l’automne dernier, elle aurait pu former une coalition qui nous eût épargné les sottises auxquelles nous assistons.»

Selon l’éditorialiste, «si Tzipi Livni avait mené cette campagne en tant que premier ministre, son triomphe eût été fort et clair». Seulement voilà, Olmert a décidé de rester à son poste jusqu’au bout. «Ce n’est pas illégal, mais ce n’est pas approprié», estime l’auteur. Car «Olmert, qui ne sera même pas membre de la 18e Knesset, restera en fonctions pendant des semaines et des mois jusqu’à ce qu’un nouveau gouvernement soit formé. Il aura l’autorité pour prendre des décisions, mais il n’en supportera pas les conséquences.»

Olmert, qui reste accusé de multiples affaires de corruption, va enfin trouver le temps pour se faire entendre par le procureur général, Menachem Mazuz, ironise Amir Oren.

Mais Livni doit faire face à un autre obstacle, selon l’éditorialiste: Benyamin Nétanyahou, dont le camp (le Likoud) «prétendument national», ne suffira pas à faire un gouvernement. Car ce camp serait surtout celui du nationalisme et du rejet, selon Oren qui devine les écueils que représenterait sa nomination comme premier ministre.

Un exemple. «George Mitchell (l’envoyé spécial d’Obama en Israël-Palestine, ndlr) demande que cesse la construction des colonies sans se soucier de la croissance de la population. Mais Ya’akov Katz, le président de l’Union nationale (alliance de droite alliée au Likoud), continuera, lui, à encourager l’expansion démographique.» L’éditorialiste évoque aussi les problèmes que Nétanyahou rencontrerait en cas d’alliance avec Avigdor Lieberman, leader du parti d’extrême droite Israël Beitenou (qui en remportant 16 sièges devant le Parti travailliste, se place en faiseur de roi, ndlr). L’éditorialiste rappelle ce mot de Lieberman: «Avec Bibi, je sais sur quel bouton appuyer.»

«Sans Kadima, Nétanyahou n’aura pas de gouvernement modéré, ce qui veut dire qu’il n’aura pas de gouvernement du tout», estime Oren qui juge sa présomption d’être patriote, homme d’Etat et historien à l’aune de sa capacité de se coordonner avec Washington en vue d’un processus de paix.

«Après tout, Nétanyahou croit que le nucléaire iranien menace Israël, qu’Ahmadinejad est Adolf Hitler et que nous sommes en 1938, l’heure où Winston Churchill a rejoint jadis le cabinet de guerre», ironise l’auteur qui le ramène à la réalité israélienne: «Nétanyahou doit choisir entre deux lignes de pensée: celle de David Ben Gourion et celle de l’extrémiste de droite Itamar Ben Gvir.»

Et Amir Oren d’esquisser un scénario de sortie de crise. «Si Nétanyahou était aussi bon en actes qu’en paroles, il devrait briguer le poste de la Défense dans un gouvernement de coalition Likoud-Kadima-Parti travailliste dirigé par Livni. Personne n’attend de lui une décision sur Natanz.» (Ville d’Iran où l’on soupçonne l’existence d’une installation d’enrichissement d’uranium, ndlr.)

Haaretz.com. 15 février 2009. Traduction et adaptation MB.




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