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Mais cela ne devrait pas trop pénaliser la Suisse tout de même. A y voir de plus près, notre pays s’en sort plutôt bien dans une Europe qui s’enfonce dans la crise. L’endettement des collectivités publiques est en baisse. Le chômage aussi. A-t-on affaire à un nouveau miracle de Berne?
Je ne parlerais pas de miracle, même s’il est vrai que la situation économique est comparativement bonne en Suisse. Vous voulez un exemple?
Bien sûr…
En mars, nous effectuons toujours une analyse de l’indice des directeurs d’achat (permettant de prévoir l’évolution de la conjoncture, ndlr) dans l’industrie. A notre grande surprise, il a augmenté de 8,1 points sur un niveau de 65,5 points. Il s’agit de la hausse la plus élevée depuis que nous réalisons cette statistique (1995). Une très bonne nouvelle.
La fin de la crise?
Non, nous devons être encore un peu patients avant de crier victoire. Il y a plusieurs raisons à cette prudence. La principale est que la Suisse est très dépendante de ses exportations vers les pays de l’Union européenne (plus de 70% de nos exportations sont destinées à l’UE, ndlr). Si nos partenaires ne vont pas bien, il y aura forcément des conséquences sur notre économie. Nous n’arriverions jamais à compenser ces pertes d’exportations avec la Chine, l’Inde ou le Japon. Ensuite, la crise financière n’est pas encore terminée. L’endettement des Etats, notamment européens, est énorme. Autre souci: les banques centrales devront absorber les liquidités sur le marché, une mesure qui va être douloureuse. La politique des taux d’intérêts bas n’est pas soutenable à moyen terme en Suisse comme à l’étranger.
Pourquoi?
J’ai peur que cela crée de nouvelles bulles spéculatives. Faisons également attention aux tendances inflationnistes liées à une grande liquidité sur les marchés.
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