Jean-Luc Moner-Banet
Sa raison de vivre le jeu
Depuis 1er janvier 2008, Jean-Luc Moner-Banet est seul aux commandes de la Loterie Romande (LoRo). Il a pris la succession de Philippe Maillard, l’homme qui l’avait engagé il y a dix ans. «Nous nous connaissions depuis longtemps. La Loro faisait partie de mes clients quand je travaillais pour le compte de l’industrie des loteries.» De nationalité française et naturalisé Suisse – «ma famille se partage entre Pontarlier où j’ai grandi et le Sud» – de parents catalans, le nouveau directeur se sent totalement «Suisse romand». La moindre des choses pour celui dont l’entreprise fait «le bonheur» du monde politique romand et de près de 5000 associations et institutions sportives, culturelles ou sociales. «L’utilité publique pour les bénéfices des jeux d’argent est essentielle», martèle-t-il. Un credo pour lequel il est prêt à «sacrifier toute son énergie» et à se lancer dans une bagarre nationale, comme le prouve l’initiative lancée le 22 avril dernier à Berne. Ce besoin de protéger le marché suisse de la concurrence étrangère ne l’empêche toutefois pas de regarder par-dessus les frontières: en mars, le patron de la LoRo est entré au comité exécutif de la World Lottery Association. «Pragmatique», «rapide dans ses décisions», Jean-Luc Moner-Banet ne l’est pas seulement au bureau. Au privé, la moto de vitesse, sa passion, ne lui permet pas non plus l’hésitation. C’est peut-être pour contrebalancer ce goût du risque que l’homme se plonge dans la spiritualité, au point d’être fasciné par les moines de La Valsainte. Normal. Car n’est-ce pas avec l’aide de Dieu et une bonne dose de risques que l’on force le destin… de la loterie?
Les racines
Mes enfants et mon amie Son cocon familial se limite à ses trois enfants, Thomas (14 ans), Hugo (12) et Thibault (4), nés de deux précédents mariages. «Ils représentent la vraie vie, le pendant calme à mon activité professionnelle agitée. Un week-end sur deux, c’est une respiration qui me fait beaucoup de bien.» Puis: «Il y a aussi mon amie.» Une intimité que Jean-Luc Moner-Banet ne tient pas à dévoiler davantage.
Le bénévolat
Moines de la Valsainte Il y a six ans, Jean-Luc Moner-Banet a visité la Chartreuse de La Valsainte, dont une partie du mur d’enceinte venait de s’écrouler. Comment réparer? «Les moines m’ont dit de faire confiance à Dieu. J’ai décidé de m’engager à titre privé. Pour le patrimoine et par conviction religieuse.» Avec les Fribourgeois Bernard Müller, ingénieur civil, et Edgar Fasel, ancien conseiller personnel de Kurt Furgler. «Nous avons créé une association, nous nous sommes battus pour trouver les fonds. Ces moines sont importants, car dans notre société, ils sont significatifs parce qu’inutiles. Ils représentent la spiritualité.» Isabelle Chassot C’est l’aventure de La Valsainte qui les a rapprochés. «Isabelle Chassot s’est beaucoup investie. Nous avons pu obtenir des aides cantonales et sa présence a favorisé le traitement du dossier au niveau fédéral.» Une amitié à laquelle la conseillère d’Etat fribourgeoise en charge de l’Instruction publique, de la Culture et du Sport tient beaucoup: «Nous essayons de nous voir pour parler de tout ce qui ne touche pas nos métiers respectifs. Il voit loin, est fidèle et loyal.» Et surtout le patron de la LoRo lui a ouvert les portes de La Valsainte: «Un privilège!»
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