Jessye «Jazzy» Norman
Au festival de Montreux dimanche soir, l’extraordinaire soprano américaine a fait se lever la salle.
TRIOMPHE. On n’en attendait pas grand-chose. Les incursions des seigneurs du classique dans le jazz sentent souvent l’effet de style ou la condescendance. La pathétique prestation de Barbara Hendricks il y a quelques années, raide comme un pilier de Scala, n’était pas là pour rassurer. Mais Jessye Norman est d’une toute autre carrure. Précédée de la bonne rumeur de Roots, My Life, My Song, CD sorti il y a quelques mois, la diva d’Augusta, Géorgie (la ville de James Brown, tout de même), a sidéré le Montreux Jazz Festival. Ellington, livré susurré et swing, My baby just care for me, le tube de Nina Simone en version à la fois âpre et élégante, Stormy Weather extraordinaire. Accompagné d’un quintette compétent, planant comme une incomparable sorcière bluesy, ne surjouant jamais sur sa phénoménale puissance vocale, démontrant un sens de la mise en place ahurissant, elle s’en est allée sur un Amazing Grace à faire monter les larmes. Public debout et constat: Jessye Norman est une immense chanteuse de jazz.
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