A 48 ans, Jesús Martin-Garcia n’a pas perdu de temps. Né à Madrid, il fait des études en HEC et en droit à Genève, avant de devenir, à l’âge de 20 ans, membre du Comité de direction de la Fondation du WEF sous l’impulsion de son directeur de mémoire Klaus Schwab. Il partira ensuite pour Harvard avant de rejoindre les rangs du cabinet McKinsey.
Il participe par la suite à la fondation de Leshop.ch, puis au développement de diverses start-up en Suisse et aux USA, et enfin à celui d’Eclosion, un incubateur de start-up actives dans les biotechs et les medtechs: «Notre fonction consiste à réunir autour de la même table les compétences nécessaires à faire avancer un projet: le canton de Genève, des chercheurs, des industriels et des investisseurs.»
Une orchestration qui a permis de voir éclore à ce jour 10 entreprises sur des centaines de projets traités.
En parallèle, le serial-entrepreneur s’intéresse de près à la politique, notamment dans les rangs du PDC, où il a participé à la concoction du projet JEDI, qui permettra aux start-up genevoises de bénéficier d’exonérations fiscales dès l’an prochain.
Un projet qui, actuellement relayé à Berne, pourrait faire des émules sur le plan fédéral. LARGEUR.COM
Les proches
DOREEN BOGDAN-MARTIN

Il rencontre sa femme, haut fonctionnaire international d’origine américaine, alors qu’elle effectue une mission d’une année à l’UIT à Genève en 1994: «Doreen allie à merveille une vie de famille pleine (le couple a eu 4 enfants, ndlr) et une vie de travail intense en responsabilités.» Elle souligne que «Jesús est un père et un époux formidables, il me soutient dans tous mes défis, qu’ils soient personnels ou professionnels.»
ALAIN NICOD

S’étant rencontrés à la fin des années 80 chez McKinsey, les deux complices ont créé plusieurs entreprises dont VMG, une société active dans les télécoms. Ils lanceront par la suite LeShop, devenu aujourd’hui le leader suisse de la distribution sur internet. Après plus de 20 ans, leur entente est restée intacte: «Alain est la définition même du gentleman des temps modernes.» Ce dernier souligne pour sa part «l’intelligence et l’intégrité absolue» de son vieux complice.
CHRISTIAN WANNER

Autre fidèle ami, il rejoint le duo pour préparer la création de LeShop dès 1996. «Christian cumule avec brio la créativité latine et la précision helvétique.» Toujours actif chez LeShop, il en est aujourd’hui le CEO.
Ses partenaires actuels
BENOÎT DUBUIS

Ancien doyen de la Faculté des sciences de la vie de l’EPFL, il participe dès 2003 au lancement d’Eclosion, apportant sa connaissance dans les biotechs et son large réseau académique et industriel. Pour lui, Jesús Martin-Garcia est «une intelligence toute dédiée à la création de valeur. Un vrai entrepreneur au service des entrepreneurs.»
CHRISTOPHE GUICHARD

Ancien CFO d’une société cotée à Paris et au NASDAQ, il apporte une expertise financière indispensable au développement des start-up. «Ensemble nous constituons un trio d’une grande complémentarité qui permet de construire des entreprises viables avec des chercheurs qui n’ont pas ou peu d’expérience entrepreneuriale», résume Jesús Martin-Garcia.
La constellation Harvard et Mckinsey
WOLFGANG KLIETMANN

Président des HBS Health Alumni, ce «grand Monsieur» anime l’énorme réseau des anciens de Harvard travaillant dans le domaine de la santé. «En tant que membre du conseil d’administration, Jesús représente avec force la voix européenne», souligne Wolfgang Klietmann.
HENRI VANNI
Directeur de McKinsey et ancien patron du bureau de Genève, il donne à Jesús Martin-Garcia ses premières responsabilités au sein du cabinet. «Nous sommes restés en contact et son conseil m’est toujours précieux.» Henri Vanni souligne qu’au cours de ses 25 ans chez McKinsey, il a vu partir «des centaines de collègues talentueux, Jesús figurant parmi les trois ou quatre jeunes consultants» qu’il a le plus regrettés.
Ses relais politiques
PIERRE-FRANÇOIS UNGER

Alors que le projet était encore au stade de concept, l’ancien chef des urgences des HUG donne, aux côtés de Carlo Lamprecht, sa chance à Eclosion. Les deux membres du Conseil d’Etat convainquent en 2002 leurs collègues, puis le Grand Conseil, de démarrer le partenariat public-privé, en donnant un an pour que le privé, qui attendait la décision de l’Etat, puisse formaliser sa participation. «Dans un partenariat, il faut que quelqu’un commence, et ici l’initiative était au départ du côté public», se rappelle Jesús Martin-Garcia.
GUILLAUME BARAZZONE
C’est avec ce jeune avocat, membre lui aussi du PDC genevois, qu’il a concrétisé le projet JEDI à Genève. «Nous avons une très grande complémentarité avec Guillaume pour transformer des bonnes idées en lois qui tiennent la route.»
CHRISTOPHE DARBELLAY

«Capable de passer rapidement de l’écoute à l’action», le conseiller national PDC porte maintenant le projet JEDI au niveau fédéral. Ce dernier considère que son collègue de parti possède «une intelligence rare et de l’enthousiasme à revendre. A cheval entre la science et l’économie, il est un précieux maillon pour les entreprises et les jeunes chercheurs. Il prépare les emplois de demain.»
Ses inspirateurs
KLAUS SCHWAB

Le grand patron du WEF lui propose de devenir membre du comité de direction de la fondation alors qu’il est directeur de son mémoire à HEC Genève: «Une expérience énormément formatrice et une découverte du monde économique par la grande porte.»
ANDRÉ BENDER
Professeur de finance à HEC Genève, l’homme a formé des générations entières de financiers genevois. «Devenu un ami, il m’a fait confiance en soutenant Eclosion dès le départ.»
MARKUS SCHRIBER

Ancien CEO de DuPont de Nemours International, il a été le premier à croire en Eclosion dès 2001, et se «battre» pour sa création. Il convainc notamment Jesús Martin-Garcia du potentiel de Genève en matière de biotechs, alors que ce dernier s’intéressait davantage aux IT à l’époque. Aujourd’hui encore président du conseil d’administration d’Eclosion, il considère son collègue comme l’un des meilleurs jeunes entrepreneurs de Genève: «C’est le genre de personne dont on a besoin en politique», dit-il.
Ses bêtes noires
L’AFFAIRISME
Il déteste l’affairisme, la spéculation, l’individualisme, la mentalité de gain à court terme si répandue aujourd’hui. «La seule valeur économique à long terme se bâtit par la création et la vente de biens et de services. La spéculation est utile, uniquement si elle reste un phénomène marginal qui apporte de la liquidité au marché. Quand son volume domine le marché, cela amène les désastres que nous venons de connaître et que nous connaîtrons encore.» La solution? «Exiger que toute transaction financière conclue à terme se solde par la livraison du produit sous-jacent!»
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