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Par Luc Debraine - Mis en ligne le 10.08.2011 à 14:44 |
Paradis des enfantsSouvenirs des dinosauresLe sentier "Sur les traces des géants" permet de se familiariser avec les sauropodes. A Courtedoux, près de Porrentruy, le sentier «Sur les traces des géants» se parcourt en une heure environ, aller et retour. L’agréable chemin dans la forêt est d’abord didactique: une vingtaine de panneaux détaillent en français et en allemand la paléontologie et la géologie des lieux, et les dinosaures herbivores qui arpentaient le Jura à l’ère secondaire. Dont les sauropodes de 30 mètres de longueur qui ont laissé leurs empreintes gigantesques il y a 152 millions d’années. Les traces, dont certaines dépassent le mètre de diamètre, sont protégées sous une tente au terme du sentier, au lieudit le Pommerat. Les enfants découvriront notamment l’origine du mot «jurassique», inventé en 1829 par le scientifique français Alexandre Brongniart à partir de l’observation des calcaires de la région. Courtedoux. Sur les traces des géants. L’itinéraire routier est bien fléché à partir de Courtedoux. www.paleojura.ch Paradis de la baladeVal Terbi"La Terre Sainte du Jura" propose de nombreuses promenades, en particulier culturelles. Comme l'actuelle expo de photos à Mervelier. Leval Terbi, appelé aussi la «Terre Sainte du Jura», propose une multiplicité de randonnées, dont la classique Vicques-chemin Tiergarten-Plain Fayen. Le parcours permet notamment de découvrir les romantiques gorges de Tiergarten et les fresques du XVe siècle de l’église de Vermes, protégées par l’Unesco. Les balades peuvent aussi conduire au fond du val Terbi, à Mervelier, investi cet été par un jeune artiste du village, Augustin Rebetez. Celui-ci a photographié les habitants de Mervelier et a placé leurs portraits dans l’ancien transformateur, ainsi qu’en plein air. Le finissage de l’exposition aura lieu le dimanche 14 août avec une petite fête et, dès 14 heures, la vente aux enchères des photographies prises par Augustin Rebetez, dont la réputation internationale ne cesse de s’affirmer. «Mervelier», Augustin Rebetez. www.augustinrebetez.com Itinéraires des balades dans le val Terbi: www.juratourisme.ch Paysage grandioseDu Doubs à la ligne bleue des VosgesLes rochers des Sommêtres, au-dessus du Noirmont, offrent point de vue spectaculaire sur la région franco-suisse, à des dizaines de kilomètres à la ronde. Il faut dans la mesure du possible s’y rendre en fin de journée, lorsque le soleil décroissant éclaire en plein la vallée du Doubs qui serpente en contrebas. La terrasse en bois du refuge des Sommêtres, à un peu plus de 1000 mètres d’altitude, offre une vue vertigineuse sur le paysage franco-suisse. Si on a le cœur bien accroché, tant le vide sous les pieds paraît insondable, la passerelle en fer qui mène aux toilettes du refuge propose le panorama le plus dégagé sur le plateau de Maîche, Goumois, le Ballon d’Alsace et la ligne bleue des Vosges, ainsi qu’au sud sur les Franches-Montagnes. Il est aussi possible de grimper sur le rocher planté d’une croix, au-dessus du refuge, pour admirer le paysage grandiose. Avec un peu de chance, le gardien du refuge, Jean Zahnd, sera là pour vous expliquer la richesse de cette chaîne rocheuse du Jura et ses environs boisés, enchâssés dans une réserve protégée. Avec ses 870 espèces végétales, le parc accueille un tiers de la flore suisse. La faune n’est pas en reste avec ses faucons pèlerins et ses lynx. De même, le gardien vous montrera à côté du refuge les ruines du château de Spiegelberg. Les rochers des Sommêtres ne sont accessibles qu’à pied, à quelques bonnes minutes de marche depuis un parking aménagé sur les hauteurs du Noirmont. La route est fléchée depuis Le Noirmont, mais les indications de direction depuis le parking brillent par leur absence, à l’exception d’une carte de la région. Heureusement, au nord du parking, une fois entré dans la forêt, le chemin est facile à trouver. Il comprend des escaliers qui ont été taillés dans le calcaire. Le refuge, destiné aux varappeurs comme aux randonneurs, est toujours ouvert. On peut y dormir (9 couchettes disponibles) pour la somme de 10 francs. Rochers des Sommêtres. Refuge: tél. 032 953 11 57. Rens. sur l’itinéraire: www.juratourisme.ch Paradis des lumièresLes vitrauxLe canton a une densité unique en Europe d'oeuvres translucides. Des guides et un site internet permettent de les découvrir. Pas moins de quarante églises et chapelles du Jura proposent des vitraux modernes, la plupart réalisés par des artistes réputés dans la seconde moitié du XXe siècle. C’est même la plus importante concentration de vitraux d’art moderne du continent européen. Le phénomène est né dans les années 50, lorsqu’un appel a été lancé à des artistes français de l’envergure de Fernand Léger (pour l’église de Courfaivre), Maurice Estève (Berlincourt) ou Roger Bissière (Develier et Cornol). Des créateurs suisses, surtout jurassiens, ont ensuite pris le relais, comme Jean-François Comment, André Bréchet, Coghuf, Yves Voirol... Plus que conscient de cette richesse culturelle, Jura Tourisme propose désormais des visites guidées des vitraux. Plusieurs parcours d’une journée (10 h-17 h) sont proposés aux départs de Delémont, Moutier et Porrentruy, avec la possibilité d’itinéraires personnalisés. Une brochure et un site internet spécifique ont également été réalisés pour mettre en valeur ce patrimoine sacré exceptionnel. Le site internet permet de préparer sa propre visite des églises et chapelles. Et d’en savoir davantage sur les sanctuaires concernés, ainsi que sur les artistes qui ont réalisé les verrières colorées, avec l’aide de spécialistes de toute la Suisse romande. C’est ainsi qu’en visitant la chapelle du Foyer à Saint-Ursanne, le visiteur lit sur les vitraux de Jean-François Comment, mis en place en 1983, qu’ils ont été façonnés à Villars-sur-Glâne, chez Michel Eltschinger. Cette petite chapelle adossée à un home pour personnes âgées est tout à fait quelconque, à l’exception justement des superbes vitraux de Comment qui la transfigurent de manière décisive, en dominantes de rouge (le choeur) et de bleu (l’espace principal de la chapelle). Les vitraux du Jura. www.juravitraux.ch Jura Tourisme: tél. 032 420 47 71 www.juratourisme.ch Paradis de la bièreLa Brasserie des Franches-MontagnesLa BFM est aussi un lieu de dégustation et, en novembre, de découverte d'un art culinaire. Les bières de la Brasserie des Franches-Montagnes (BFM), à Saignelégier, ont depuis une petite quinzaine d’années tracé leur chemin mousseux. Elles sont connues loin à la ronde, jusqu’aux Etats-Unis, où le New York Times a élu en 2009 l’une des spécialités de la brasserie «meilleure bière du monde». Il s’agit de l’Abbaye de Saint Bon-Chien, une forte cuvée (11% vol.) mûrie pendant des mois dans des fûts de chêne ayant déjà contenu des vins ou des eaux-de-vie. Cette Strong sour ale en dit long sur l’audace et le raffinement du brasseur Jérôme Rebetez, un oenologue qui s’est lancé dans l’aventure de la bière artisanale en 1997. Cet explorateur des houblon, malt, épeautre et épices innove sans cesse, comme sa tentative actuelle de lancer des bières millésimées. Reste que La Salamandre (blanche), La Mandragore (noire), La Meule (blonde) ou La Cuivrée (comme son nom l’indique) ont établi la réputation de la BFM. La brasserie située à la sortie de Saignelégier en direction de Bienne est aussi un lieu de visites (sur rendez-vous), de dégustations et de ventes. Le premier week-end de novembre est dédié à un brassin public, organisé pour le lancement d’une bière d’hiver. C’est aussi l’occasion de déguster des spécialités à la bière concoctées par la mère et les tantes de Jérôme Rebetez. Comme une épaule d’agneau braisée à La Salamandre ou un rôti de cou de porc cuisiné à La Mandragore. Jérôme Rebetez regrette que, contrairement à la Belgique ou aux Etats-Unis, la cuisine à la bière soit aussi peu estimée en Suisse. Alors même que cette gastronomie houblonnée peut s’avérer très fine. Le brassin public de novembre est donc aussi une promotion d’un art culinaire. Saignelégier. Brasserie des Franches-Montagnes. Ouvert les jours de la semaine et le samedi matin. Tél. 032 951 26 26. www.brasseriebfm.ch Le lieu de gourmandiseChez Marie, la cuisine à la Tête de MoineA force d'efforts, une agricultrice d'Epauvillers a mis au point des recettes à base du célèbre fromage jurassien. Elle les propose désormais dans son restaurant, en feuilletés ou brochettes. Attention: amateurs de haute gastronomie, passez votre chemin. L’auberge dont on va vous parler ici est toute simple, sans prétention particulière, à l’exception d’une solide fierté: elle est la seule à offrir de vraies spécialités à la Tête de Moine, la légendaire pâte mi-dure mise au point il y a huit siècles par les moines de l’abbaye de Bellelay. Au début de l’aventure, à Epauvillers, Marie-Christine Claude cherchait un moyen de promouvoir le fromage rond qui, d’habitude, se déguste en fines rosettes. Son mari, Francis, est l’un des agriculteurs du Clos du Doubs qui fournissent leur lait à la fromagerie de Saignelégier, le principal lieu de production de la spécialité jurassienne. A force d’essais et d’erreurs, Marie-Christine Claude a réussi à concocter un feuilleté à la Tête de Moine, mais aussi une délicate «brochette en soutane» avec le même fromage. «Cette recette a été très difficile à mettre au point, car la pâte gonflait trop ou au contraire pas assez, commente aujourd’hui Marie-Christine Claude. Mais j’ai réussi à trouver la bonne solution. C’est ma recette et j’en suis fière!» L’idée d’une brochette pourvue d’un petit bâtonnet était d’abord pratique. La cuisinière d’Epauvillers, village situé sur la route tortueuse entre Saint-Ursanne et Soubey, a d’abord vendu ses recettes sur des marchés ou des fêtes, comme la Saint-Martin à Porrentruy, ou les Médiévales à Saint-Ursanne. Un feuilleté ou une brochette, c’est facile à déguster tout en flânant. Puis Marie-Christine Claude a repris il y a quatre ans le restaurant de La Poste à Epauvillers, en complétant l’enseigne par un orgueilleux «Chez Marie». Et Chez Marie, on découvre effectivement la douceur noisettée du feuilleté et de la brochette à la Tête de Moine. Les spécialités sont servies avec un exquis jambon à l’os et une salade mêlée. Le menu affiche également une fondue moitié Tête de Moine, moitié Ajoie vert. Chez Marie propose aussi aux groupes, dès 30 personnes, un cochon laineux cuit à la broche. Les desserts tiennent aussi compte de la région, comme le sorbet à la prune rehaussé de damassine. Et si Francis Claude est dans les parages, il vous parlera en connaisseur de la Tête de Moine. Désormais président du conseil d’administration de la fromagerie de Saignelégier, l’agriculteur sait tout de ce produit protégé par une AOC: son histoire, sa production, ses marchés internationaux. Ou le lancement récent d’une version «Réserve», plus maturée, du célèbre fromage des districts des Franches-Montagnes, Moutier, Porrentruy et Courtelary. Epauvillers. Chez Marie. Tél. 032 461 35 08. www.lapostechezmarie.ch Petit coin viticoleLe Clos des cantonsLe vignoble ajoulot donne des blancs comme des rouges qui accompagnent bien les spécialités régionales. Oui, il y a de la vigne dans le canton du Jura, par exemple à Buix, en Ajoie, non loin de la frontière française. Le vignoble du Clos des cantons cultivé depuis 1988 par Didier Fleury couvre 5,5 hectares de coteau exposé plein sud. Les cépages sont aussi bien blancs (riesling, sylvaner, pinot gris) que rouges (garanoir, pinot noir, cabernet Jura). On découvre les vins du Clos des cantons à Alle, près de Porrentruy, chez la famille Fleury-Monnat. La ferme dispose d’un caveau et d’un petit espace de vente. L’assemblage Riesling-Sylvaner est un vin sec d’apéritif qui accompagne bien les spécialités du pays, comme la truite ou la Tête de Moine. Le Pinot Gris se marie avec le pâté des Princes-Evêques, ou une terrine de foie gras. Le Rosé de Garanoir peut être marié à la saucisse d’Ajoie (ci-dessous). Côté rouge, le Pinot Noir s’accommode lui aussi des célèbres saucisses de porc de la région. La famille Fleury-Monnat produit également de la damassine et du marc. Alle. Clos des cantons. Tél. 032 471 10 83. www.closdescantons.ch P'tit coin de gourmandiseLa saucisse d'Ajoie.Une adresse de brasserie (et de boucherie) à Porrentruy pour déguster la spécialité jurassienne, protégée par une IGP. On la déguste bien sûr partout en Ajoie. Mais une manière sympathique de la découvrir est de s’asseoir à la terrasse de la brasserie Aux Deux Clefs (rue des Malvoisins 7) à Porrentruy et d’en commander une entière, pour la modique somme de sept francs. Servie comme de juste sur une planchette de bois, la saucisse d’Ajoie fabriquée par la boucherie charcuterie voisine de Henri-Paul Grédy (Grand-Rue 32) délivre alors ses parfums caractéristiques, avec une prédominance de cumin. Protégée par une IGP (Indication géographique protégée), la délectable spécialité de porc à maturation interrompue existe sous forme crue et fumée, ou à cuire. Elle est à l’évidence partie tenante du pantagruélique repas de la Saint-Martin. P'tit coin de parapluieCentre nature Les CerlatezDédié à l'étude de la tourbière voisine, le centre propose cet été une exposition sur le thème du temps. Le centre des Cerlatez, à trois kilomètres de Saignelégier en direction de Tramelan, est posté à proximité de l’étang de la Gruère. Destiné à l’étude et à la protection de la grande tourbière, le centre propose des expositions temporaires pour tous les âges. L’actuelle présentation, Homo temporis, propose une plongée dans le fleuve du temps, celui qui passe sans retour possible, et se mesure. Du temps court de l’électronique au temps long des tourbières ou des glaciers, l’exposition balaie large. Le visiteur peut y découvrir la reconstitution d’un atelier d’horloger de la région comme les instruments de la mesure de la latitude en mer. Les cadrans solaires, les sabliers, les clepsydres (horloges archaïques à eau) sont au rendez-vous, comme les récents garde-temps made in Switzerland. Saignelégier. Centre Les Cerlatez. Tous les jours de 10 h à 17 h 30 (jusqu’au 28 août, l’horaire change ensuite). www.centre-cerlatez.ch Paradis du pique-niqueurLa GruèreLes charmes de l'étang tourbeux Non loin de Saignelégier, près du centre des Cerlatez (ci-dessus), l’étang de la Gruère est un éden fragile. Cette réserve naturelle, l’une des dernières tourbières de Suisse, nécessite quelques précautions, en particulier si l’on désire se baigner dans les eaux aussi brunes que douces. Il est possible de pique-niquer à l’entrée de la réserve, sur des tables en bois, avec le risque que les chevaux peu farouches des Franches-Montagnes viennent se servir directement dans l’assiette. Mais les bords de l’étang de huit hectares se prêtent idéalement au repas de l’avant ou de l’après-promenade. D’un saut, les carpes jettent un coup d’oeil sur le menu, les foulques aussi. En revanche, les plantes carnivores du coin montrent moins d’intérêt pour le cervelas et les chips. La balade romantiqueDes mousses vertes aux truites au beurre blancUne suggestion de petite promenade le long du Doubs, entre Le Theusseret et La Goule, avant de déguster les spécialités des lieux sur la terrasse du Vieux Moulin. C’est une belle balade d’été, fraîche, verte et apaisante, qui a entre autres vertus l’avantage de mettre en appétit. Il convient d’abord de prendre la route qui zigzague de Saignelégier à Goumois, au bord du Doubs. Avant d’arriver à Goumois, dans une courbe à droite, prendre à gauche le chemin non goudronné qui mène au Theusseret. Le suivre sur un bon kilomètre. Le lieu marque à la fois un coude du Doubs, un énorme rocher, une chute d’eau, ainsi qu’un ancien moulin-scierie reconverti en auberge, appelée comme de juste Le Vieux Moulin. Le Theusseret est aussi une réserve forestière de 89 hectares, parmi les plus grandes de Suisse. Les arbres y sont laissés à eux-mêmes, comme les mousses et les fougères qui dressent d’impressionnants camaïeux de verts le long de la rivière. Dès le parking du Theusseret, des panneaux didactiques éclaircissent les secrets de la réserve, autrefois habitée et même industrialisée. La promenade paisible remonte le cours du Doubs vers La Goule, à un peu plus d’une demi-heure de marche scandée de plages, cascades, ruines et éboulements rocheux. De retour au Vieux Moulin après cette heure de balade ombragée, il est conseillé de céder à la tentation de la truite sauce Theusseret (un beurre blanc relevé de vin blanc, persil et ciboulette). Si possible précédée d’une salade de doucette et suivie par un crumble, voire un tiramisu aux fruits de saison. Les résistants à l’idée de la truite – en filet ou entière – trouveront au menu des escargots et des petites grenouilles, mais aussi les inévitables steaks, sans parler du jambon à l’os. La terrasse qui infuse dans la rumeur adoucissante de la cascade est un lieu presque parfait. Ne serait-ce la présence de quelques moustiques et les parasols supermoches offerts par Lusso. Mais il y a des libellules, ainsi qu’un service et une note aimables. Ceci compense cela. Goumois. Restaurant Le Vieux Moulin, Le Theusseret. Tél. 032 951 14 51. Ouvert du jeudi au mardi midi et soir. Paradis du bien-êtreAjoieSpaUn hammam logé au coeur des remparts de la vieille ville de Porrentruxy. Mais oui. Un hammam à Porrentruy? Et pourquoi pas une distillerie de damassine à Marrakech, pendant qu’on y est? Or voilà: depuis la fin de 2010, un hammam traditionnel a ouvert ses portes dans les remparts de la vieille ville de Porrentruy. Et selon ses deux propriétaires, la journaliste Tanja Ursoleo et l’architecte Beat Brodbeck, il ne désemplit pas. AjoieSpa, c’est son nom, et presque un oxymore, propose donc un hammam oriental avec bassin d’eau douce et vestiaire. Le bain est agrémenté d’une cabine de traitement aromathérapeutique: massages, soins du visage et du corps. Une salle de repos et un lounge d’une vingtaine de places complètent l’offre de ce centre de bien-être, qui doit être délectable lorsqu’il pleut ou quand le froid saisit les pierres médiévales de Porrentruy. Il faisait toutefois 28 degrés en Ajoie lorsque nous avons visité les lieux. Deux chambres d’hôtes ont également été aménagées dans le bâtiment, une suite de 28 m2 avec une terrasse de 20 m2 et un duplex de 50 m2 avec une terrasse de 10 m2. L’architecture joue aussi la carte de l’originalité. La demeure de 450 m2 traverse les remparts de part en part, si l’on ose dire. Au centre, une cour intérieure couverte d’une verrière. Une meurtrière, des murs en pierres apparentes, des boiseries attestent des origines ancestrales de la maison. Le blanc domine, le mobilier ancien se mélange à des accents plus design, sans oublier les incontournables statuettes de Bouddha. Porrentruy. AjoieSpa, rue du Collège 9. Tél. 032 466 16 47. www.ajoiespa.ch Paradis des idéesBellelay, une résidence d'artisteL'abbatiale transformée en habitation par Florian Graf Chaque été, l’abbatiale (bernoise) de Bellelay accueille une exposition d’art contemporain. Le contraste entre la création d’aujourd’hui et l’église baroque est particulièrement affirmé cette année. L’artiste bâlois Florian Graf a transformé la nef, le chœur et le transept en habitation et atelier provisoires. Même s’il n’a pas obtenu l’autorisation de vivre dans l’église, ce qui était son intention, Florian Graf a résolument inscrit sa présence dans l’espace de lumière. A commencer par l’oeuvre monumentale, époustouflante, qui barre l’entrée de la nef, du sol aux voûtes. Cette structure géométrique, toute en lignes droites et angles nets, conteste les rondeurs typiques de l’époque baroque. Elle tient à la fois de l’échafaudage, du contrefort, de l’arc-boutant. Le lit posé dans le chœur, à l’aplomb de la grande fresque, offre lui aussi une scène surprenante. Si le reste de l’installation est un ton au-dessous, la visite de l’abbatiale ainsi réaménagée vaut le déplacement à la porte des Franches-Montagnes. Bellelay. Florian Graf, «Well, come», jusqu’au 18 septembre. Lu-ve 10 h-12 h et 14 h-18 h. Sa-di 10 h-17 h. www.abbatialebellelay.ch Paradis des tree-huggersLe géant des BossesL'arbre est réputé comme étant le plus grand et le plus vieux chêne d'Europe Un peu de tree-hugging, le cérémonial profane qui consiste à enlacer un arbre pour en puiser l’énergie vitale? Allons dans la vallée de Delémont, à Châtillon, à la rencontre de l’imposant chêne des Bosses. On aura du mal à entourer le tronc de ses bras, à moins de les avoir particulièrement longs: ce chêne pédonculé est réputé pour être le plus grand et le plus vieux d’Europe. Personne ne connaît toutefois son âge exact. Les légendes qui lui collent à l’écorce sont nombreuses. L’une d’entre elles dit que, lorsqu’un jeune homme épousait une fille du village, il devait planter un chêne la nuit de noces. Protégé comme monument historique, l’arbre multiséculaire doit sans doute sa longévité à sa constitution, ainsi qu’à son emplacement à l’abri des vents et son exposition idéale à la lumière. Un sentier didactique mène le visiteur au grand chêne depuis le centre du village de Châtillon. Paradis de la BDCloître de Saint-UrsanneHommage au monde païen de la BD "Thorgal" Il paraît qu’en plus d’être un havre de spiritualité et une merveille d’architecture néogothique, le cloître de Saint-Ursanne serait un lieu tellurique. Il est aussi un espace connu d’expositions temporaires, comme celle qui déploie actuellement les couvertures, planches et esquisses de la série BD «Thorgal», de Grzegorz Rosinski. Mais aussi les grands tableaux du même créateur d’origine polonaise, tous inscrits dans l’ère mérovingienne. C’est ainsi que le monde runique de Thorgal, situé dans le Grand Nord médiéval, dialogue cet été avec la fameuse collégiale au bord du Doubs. Dans le musée lapidaire aux sarcophages monolithiques, un film documentaire retrace le destin de la célèbre saga en bande dessinée, née en 1977 dans Le journal de Tintin. Scénarisée par Jean Van Hamme, puis par Yves Sente, la série a immédiatement connu le succès. Saint-Ursanne. «Thorgal», jusqu’au 25 septembre. Lu-ve 10 h-12 h et 14 h-18 h. Sa-di 10 h-18 h. www.rosinski2011.com |









