Une villa neuve de 5,5 pièces à Courtételle pour un peu plus de 500 000 francs. Ou un duplex mansardé de 6,5 pièces de 153 m2 à Develier pour 435 000 francs. Qui dit mieux? Dans le Jura, les prix de l’immobilier sont les plus intéressants du pays. De plus, malgré une fiscalité peu avantageuse, la vie n’y est pas chère. De quoi attirer de nouveaux habitants. La population est d’ailleurs en croissance. Et il y a encore de la place.
Le Jura dispose d’un peu plus de 370 hectares de terrains à bâtir pour l’habitat. Des réserves jugées suffisantes mais inégalement réparties sur l’ensemble du canton par Dominique Nusbaumer, chef du Service jurassien de l’aménagement du territoire. «L’offre ne correspond pas à la demande.
Il y a surabondance dans les villages ruraux, tout particulièrement dans l’Ajoie, alors que l’offre est juste suffisante dans les Franches-Montagnes et dans la vallée de Delémont, hormis dans l’agglomération de la capitale où elle devient insuffisante.» Afin de vaincre ces disparités, des mesures ont été prises: densification des secteurs proches des transports publics, réhabilitation de l’habitat dans les centres anciens et relocalisation des zones à bâtir.
Les villas ont moins la cote. De manière générale, on construit beaucoup plus dans le Jura ces dernières années, mais de moins en moins de maisons individuelles. En 2010, le canton s’est enrichi de 427 nouveaux logements, contre seulement 200 dix ans plus tôt. La proportion de villas est passée de 70% à moins de 40% aujourd’hui.
Le district de Delémont est le plus dynamique. «Le développement se concentre sur la capitale et ses environs, une ceinture de 6 km autour de la ville», confirme Martial Rufi, délégué commercial chez IMJU SA. L’agglomération de Delémont génère à elle seule 40% du marché immobilier du canton.
Grâce au réseau RER, de plus en plus de pendulaires qui travaillent à Bienne et Bâle s’installent à Delémont. Plusieurs dizaines de logements sont en construction dans la capitale, près de la gare notamment, alors qu’un écoquartier de 220 logements est projeté sur un terrain de 4 hectares au Gros-Seuc, au cœur de la ville.
Dans le Jura, la construction est l’affaire de particuliers, de petites entreprises ou parfois d’investisseurs institutionnels. Mais pas l’ombre de grands promoteurs immobiliers. Cette situation est bien sûr profitable au futur propriétaire, qui échappera à une plus-value destinée à l’intermédiaire.
Revers de la médaille: peu de grands projets voient le jour en dehors de Delémont et de son agglomération. Bassecourt pourrait voir fleurir un écoquartier, Les Jardins des Tuileries, sur la friche de l’ancienne usine Stella. Quant au Noirmont, il espère gagner 200 habitants ces prochaines années grâce à la construction de 54 appartements.
Risque de surchauffe à Delémont. Au coin des bonnes affaires, il y a bien sûr les terrains à bâtir. De 150 francs le m2 dans la périphérie de Delémont contre 500 à 600 francs à Laufon (BL), les prix peuvent descendre jusqu’à 80 francs le m2 dans les vallées parallèles, voire même jusqu’à 20 francs dans les Franches-Montagnes. Ces parcelles sont le plus souvent situées dans des secteurs éloignés des centres et mal desservis par les transports publics.
Si bien que même à des prix bas, elles peinent à trouver preneur. A Delémont, la récente pénurie de terrains à bâtir fait monter les prix. «Nous n’avons plus que 50 parcelles alors qu’en moyenne 25 sont construites chaque année», note le maire de Delémont, Pierre Kohler. «Il va falloir proposer plus de terrains si on veut éviter une flambée des prix.»
Si le Jura profite déjà de sa proximité avec la métropole bâloise, il se prépare activement à l’arrivée du TGV et à la fin des travaux de l’A16. L’année prochaine, le Jura sera la région de Suisse la plus proche de Paris! De Delémont, à peine trois heures suffiront pour relier la capitale française.
De nombreuses communes devraient également profiter de l’achèvement de la Transjurane d’ici à 2017. Même si les trajets vers les centres suisses doivent rester longs, ces ouvertures devraient doper la démographie et intensifier les opérations immobilières.
Objet hors du commun
Maisons modulaires: Le bois dans tous ses états

Comme des petits pains. A Delémont, les treize villas familiales situées à la route des Fauvettes ont été vendues en un temps record. Il n’a fallu qu’une année et demie au promoteur de ce concept clés en main pour «faire le plein» sur son lotissement. La formule miracle? Une ossature bois préfabriquée et des programmes personnalisables à souhait à partir de cinq modules de base.
Les bâtisses à l’architecture contemporaine – qui étaient affichées au prix de 590 000 francs – sont implantées sur de petites parcelles (600 m2), ce qui confère à l’ensemble des allures de Légoland. D’un point de vue commercial, la forte présence du bois se révèle être «un atout écologique déterminant».
Adaptées aux normes Minergie, les maisons sont montées en deux jours. Trois mois plus tard, elles sont déjà prêtes à accueillir leurs habitants. Le promoteur est à la recherche d’un terrain pour construire un nouveau lotissement.
Sélection de quelques grands projets immobiliers
Le district de Delémont est le plus dynamique des trois régions qui composent le Jura, profitant ainsi de sa proximité avec l’agglomération bâloise. Porrentruy et les Franches-Montagnes tirent également leur épingle du jeu. Mais de manière générale, l’Ajoie et le Clos du Doubs demeurent peu attractifs.

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